11 Feb 2018

Saxon - Decade Of The Eagle & Thunderbolt

Saxon - Decade Of The Eagle & Thunderbolt

Début d’année 2018 très Saxon puisque le groupe britannique sort une compilation de ses débuts et un tout nouvel album…

Si vous connaissez mal ce groupe essentiel de la New Wave Of British Heavy Metal, cette compil’ est faite pour vous. On y retrouve tous les titres qui ont forgé la réputation de la bande de Barnsley, South Yorkshire. Il est clair que la période qui va de 1979 à 1988 est la plus riche dans la carrière de Biff et ses acolytes même si on peut discuter certains choix artistiques comme on le verra et si par la suite le groupe a également sorti des titres qui n’ont rien à envier à leurs illustres prédécesseurs ! Ce double album reprend dans l’ordre chronologique des extraits soigneusement choisis des 9 premiers albums sortis sur la décennie. La plupart sont des enregistrements studio mais pour 3 d’entre eux la version Live a été privilégiée. Le livret est superbe et très fourni. C’est le bien connu Malcolm Dome de Classic Rock Magazine qui le signe et qui aborde cette 1ère décennie de Saxon sous différents aspects tous aussi passionnants : les festivals, les producteurs, les tournées, les pochettes, les anecdotes, etc. Rien que pour ce livret l’acquisition de cette nouvelle compilation est un Must !

On commence par l’album éponyme qui marque l’arrivée du groupe chez Carrère, Label français bien connu de l’époque, juste après avoir changé de nom pour adopter celui de Saxon en lieu et place de Son Of A Bitch qui sonnait un peu trop provocateur sans doute ! Ce premier album n’aura pas marqué l’histoire du Hard Rock et les 4 titres ici présents sont purement anecdotiques musicalement parlant mais néanmoins intéressants pour comprendre l’évolution spectaculaire entre ce premier effort et le second album qui marquera le début du succès de Saxon en Angleterre. Le son est assez brouillon et on reprochera à John Verity, le producteur, et au Label de n’avoir pas su capter l’énergie du groupe…

Personnellement c’est avec « Wheels Of Steel » que j’ai découvert Saxon chez mon disquaire préféré d’Oxford où j’habitais en 1980, en pleine explosion de la N.W.O.B.H.M. ! J’avais entendu « 747 (Strangers In The Night )» dans l’émission de Tommy Vance du vendredi soir et je ne pouvais pas passer à côté de ce talentueux quintet. Ce titre est bien évidemment présent ici ainsi que le titre éponyme qui reste le plus grand morceau de Saxon et un hymne pour tous les fans de Metal. Saxon ne peut pas finir un concert sans jouer « Wheels Of Steel » en faisant s’époumoner les aficionados ! « Suzie Hold On » est selon moi plus anecdotique et le maillon faible de l’album mais « Motorcycle Man », ici en version Live, est un Must pour les nombreux Bikers qui alimentent les hordes de fans de Saxon

Cette même année 1980 sort le troisième album « Strong Arm Of The Law » et je m’empresse d’aller découvrir Live les Britanniques au New Theater d’Oxford en décembre pour un Show dont je ne me suis jamais remis et qui restera dans ma mémoire tout comme les 23 concerts suivants du groupe auxquels j’ai eu le privilège d’assister. J’ai donc pu voir le célèbre aigle d’acier qui descendait au- dessus de la tête des musiciens et projetait mille feux sur l’assemblée, très impressionnant à l’époque tout comme le bombardier de Motörhead ! Les 4 titres présents ici sont LES incontournables de l’album à savoir le titre éponyme qui assure toujours un gros succès en Live, « 20.000 Feet » (en version Live), l’hymne de Saxon « Heavy Metal Thunder » et mon morceau préféré de Saxon « Dallas 1PM » qui appartient selon moi au panthéon du Hard & Heavy !

Le batteur Pete Gill que j’ai vu à l’œuvre avec Saxon à Oxford participe à l’enregistrement de « Denim And Leather » en 1981. Il se blessera peu de temps après, finira par rejoindre la bande à Lemmy en 1984 et sera remplacé par l’excellent Nigel Glockler qui est considéré aujourd’hui comme le batteur historique du groupe… Ce quatrième album dédié aux fans, d’où son titre, sera selon moi un peu plus faible que les 2 précédents même si on y retrouve un autre grand moment des concerts qu’est le titre éponyme et aussi « And The Bands Played On » qui rend hommage aux groupes présents à l’affiche du Monsters Of Rock 80 aux côtés de Saxon ou encore les très Speed « Never Surrender » et « Fire In The Sky » que le groupe ne reprend que trop rarement sur scène. Quant à « Princess Of The Night » dédié à une locomotive, je n’ai jamais trop accroché à ce titre même s’il fut en son temps un succès en Angleterre et reste semble-t-il un incontournable des Britanniques mais bon !

Le 5ème album « Power And The Glory » de 1983 marque l’arrivée de Nigel derrière les futs donc et un virage vers le succès international du groupe notamment aux Etats-Unis. Je suis passé un peu à côté de celui-ci car j’habitais à l’époque en Afrique et Internet n’était pas encore une réalité pour se tenir informé des News de ses artistes préférés. Le titre éponyme, que j’ai de ce fait découvert plus tard, est encore aujourd’hui un grand moment de la Setlist de Saxon. Idem pour « The Eagle Has Landed » avec sa longue intro qui permettait à l’aigle de lumière de descendre lentement sur le groupe pour le plus grand plaisir des fans. « This Town Rocks » manque un peu d’originalité. Quant à « Midas Touch » présent ici, je lui aurais nettement préféré « Redline » !

On arrive tranquillement au 6ème album « Crusader » de 1984, gros succès en France, en Allemagne et aux U.S.A. Bien mieux produit que le précédent, l’album contient le morceau de bravoure qu’est le titre éponyme et que le groupe joue encore aujourd’hui à chaque concert. C’est loin d’être mon préféré et je trouve cet album qui visait clairement le marché américain peu inspiré et bien loin de la qualité de « Wheels Of Steel » ou « Strong Arm Of The Law ». Il faut se rappeler qu’à l’époque Judas Priest et Def Leppard avaient montré le chemin avec les excellents « Point Of Entry » et « Screaming For Vengeance » pour l’un et « Pyromania » pour l’autre, très gros succès auprès du public US, et que beaucoup d’autres groupes anglais rêvaient d’avoir la même opportunité à commencer par Saxon.

Personnellement « Crusader » n’est pas un album que je réécoute aujourd’hui et ce n’est pas un hasard si seuls 2 titres de celui-ci sont présentés sur la compil’… Je suis néanmoins allé voir Saxon en mars 1984 au Zénith de Paris nouvellement créé pour la tournée baptisée « The World Crusade » mais je n’en garde aucun souvenir particulier si ce n’est le décor scénique très médiéval de circonstance et la présence de mon aigle lumineux préféré…

 Ça ne s’arrangera guère avec le suivant « Innocence Is No Excuse », le 7ème donc, en 1985. Le virage américain est alors nettement assumé. La pochette de l’album est volontairement provocatrice pour créer le buzz même si ce n’était pas encore la mode à l’époque…  Cet opus marque le départ de chez Carrère, Label jugé trop limité et l’arrivée sur une major : EMI. J’ai un peu de mal à comprendre que 4 titres de cet opus soient présents ici ! « Back On The Streets » et « Rockin’ Again » sont d’une banalité affligeante. « Broken Heroes » est calibré pour les FM américaines mais ressemble beaucoup trop à tout ce qui sortait à l’époque là-bas. Seul « Rock’n’Roll Gypsy » mérite éventuellement le détour ; c’est d’ailleurs intéressant de constater que autant Saxon (celui de Biff) a banni ce titre de son répertoire actuel, autant ODS (Oliver Dawson Saxon) ne s’est pas privé de l’incorporer à chacun de ses concerts ces dernières années. Il faut savoir que Innocence marquera le départ du bassiste historique Steve Dawson, Graham Oliver en fera de même une douzaine d’années plus tard et ces deux-là créeront par la suite leur propre incarnation de Saxon avec procès interminables à la clef avec Biff, Paul et Nigel. On se retrouve aujourd’hui avec 2 Saxon sur le marché comme pour Wishbone Ash et quelques autres mais bon c’est le Show Business ! En tout cas bien que ce 7ème album soit une grande déception pour moi, je me suis une nouvelle fois rendu au Zénith en octobre 85 pour voir mes héros métalliques et je me souviens bien plus de la 1ère partie assurée par les fantastiques Pretty Maids venus tout droit du Danemark avec leur brûlot « Red, Hot & Heavy » sous le bras et qui a délivré un Show époustouflant !

Le 8ème album « Rock The Nations » souffrira indéniablement du départ de Dawson et de ses talents de compositeur. C’est Biff qui assurera les parties de basse avant que le groupe n’enrôle Paul Johnson comme bassiste de tournée… Tournée qui passera là encore au Zénith et c’est une nouvelle fois la 1ère partie qui marquera les esprits puisqu’il s’agit des Nippons de Loudness qui venaient nous présenter leur album « Lightning Strikes », excellent souvenir. Le choix de mettre une nouvelle fois 4 titres de « Rock The Nations » pourra encore surprendre car le titre éponyme ne marque guère les esprits. Quant à « Waiting For The Night » et « Battle Cry », pas de quoi fouetter un chat ! « Northern Lady » présente juste l’intérêt de voir Elton John au piano mais ça n’en fait pas pour autant un titre impérissable …

On termine le tour d’horizon de la décennie avec 2 titres du 9ème album « Destiny » de 1988. Nigel Glockler a jeté l’éponge pour celui-là et est remplacé par Nigel Durham. Paul Johnson est maintenant le bassiste à part entière mais plus pour très longtemps. La curiosité de cet album, présente sur la compil’, est la reprise de « Ride Like The Wind » de Christopher Cross, choix étonnant pour un groupe de Hard/Heavy mais finalement tout est encore bon pour séduire nos amis d’outre Atlantique ! Quant à l’autre titre présent ici « Red Alert », il renoue quelque peu avec l’esprit des premiers albums avec son côté très rentre-dedans mais bon on sent bien que Saxon est au bout du rouleau et que du renouveau s’impose. Le groupe se fait d’ailleurs virer par EMI faute de succès suffisant, c’est la raison pour laquelle cette compilation BMG s’arrête en 1988 car le suivant sortira chez l’indépendant Roadrunner mais c’est une autre histoire ! Signe des temps, ce n’est pas au Zénith que Saxon viendra nous présenter « Destiny » mais à l’Elysée Montmartre car les fans se font plus rares. J’y serai néanmoins et cela permettra de voir le groupe de plus près, pas si mal finalement !

Faisons maintenant un bond dans le temps de 30 ans pour revenir en 2018 avec le nouvel album de Saxon « Thunderbolt »… On retrouve pour cet album les 3 membres historiques du groupe à savoir Biff, Paul Quinn et Nigel Glockler qui a retrouvé sa place derrière les futs après quelques allers-retours. Nibbs qui a pris le relais de Paul Johnson juste après Destiny dont nous parlions précédemment fait donc partie du groupe depuis 30 ans, ce qui fait de lui le bassiste le plus longtemps en activité de la bande. Quant au « petit dernier » Doug Scarratt qui a remplacé Graham Oliver en 1996, il vient de dépasser celui-ci en longévité au sein de Saxon puisqu’il a franchi les 20 ans de bons et loyaux services à la cause Saxonienne ! Le groupe fête ses 40 ans de carrière avec ce 22ème album très attendu par les fans après l’excellent « Battering Ram » de 2015. C’est toujours Andy Sneap qui en assure la production et comme toujours le son est à la hauteur des attentes.

Après une intro chargée de guitares et de vocaux inquiétants, le groupe rentre vite dans le vif du sujet avec le titre éponyme très représentatif de ce que produit Saxon depuis plus de 20 ans, un morceau efficace qui servira sans aucun doute d’entrée en matière pour leurs concerts à venir. Pas de baisse de régime avec « The Secret Of Flight », toutes guitares dehors avec des soli incroyables de Doug et de Paul qui s’en donnent à cœur joie. « Nosferatu » calme un peu le jeu notamment grâce aux claviers de Corvin Bahn et permet à Biff de nous montrer que sa voix n’a rien perdu de sa puissance après toutes ces années, ce morceau devrait aussi être un moment fort de la tournée. On sait que Saxon a toujours été très proche de Motörhead et on comprend que le décès de Lemmy (à qui cet album est dédié) a dû profondément affecter Biff et les autres. Sur un tempo très « Overkill », « They Played Rock And Roll » est un sublime hommage au bassiste/chanteur disparu dont on entend la voix au cœur du morceau pour un légendaire « We Are Motörhead, We Play Rock ’n’ Roll ». On en aurait presque la larme à l’œil ! Pour « Predator », Biff partage les vocaux avec Johan Hegg et cela donne à ce morceau un côté très menaçant et redoutablement efficace. « Sons Of Odin » a un petit côté « Crusader » et Paul et Doug  y font preuve d’une mise en commun de leur talent respectif à la guitare tout à fait impressionnante. A peine le temps de respirer et le tempo repart de plus belle avec « Sniper » qui porte bien son nom car il nous rentre dans la tête pour ne plus en sortir. « A Wizard’s Tale » maintient la pression mais le morceau manque un peu d’originalité à mon goût. Intro à la « Motorcycle Man » pour « Speed Merchants », Nigel se déchaîne sur ses futs et donne un tempo d’enfer à Nibbs et aux autres, en tous cas ce morceau démontre que Saxon n’a rien perdu de sa fureur et de son énergie. Petit hommage aux Roadies pour le titre suivant, il faut dire que le groupe a dû en épuiser plus d’un avec ses tournées incessantes et sans fin… On termine avec la « Raw Version » de Nosferatu, choix un peu étonnant pour clôturer l’album d’autant qu’elle n’est pas très éloignée de la précédente mais bon il faut croire que Saxon tient beaucoup à ce titre un peu mystique…

Ce 22ème album de Saxon remplit toutes ses promesses et on a hâte de découvrir sur scène tous ces nouveaux morceaux car c’est là que le groupe excelle et donne toujours le meilleur de lui-même. Ce n’est pas pour rien que je suis retourné les voir plus d’une vingtaine de fois et que j’espère bien les revoir encore très souvent…
Chroniques d'Olivier Carle

Merci à Elodie (Him Media) et à Roger

 




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