Wishbone Ash + Little Odetta
@ Paris le New Morning, le 5 mai 2023.
Live Report & images par : Olivier Carle


5 ans après son dernier passage à Paris, Wishbone Ash est de retour dans la capitale, toujours dans la même salle à savoir le New Morning mais pour 2 soirées consécutives. La première sera dédiée à l’album « Argus » de 1972 et la seconde à « Live Dates » de 1973 histoire de fêter dignement ces 2 cinquantenaires… Personnellement j’opte pour la soirée « Argus » car j’adore cet opus depuis que je l’ai emprunté à l’époque à la médiathèque de Bourg-la-Reine, là où j’ai commencé à constituer ma culture musicale ! Il s’agira de mon 12ème concert de la bande à Andy Powell depuis mon tout premier en 1981 à Oxford pour la tournée « Number The Brave ».


La soirée commence avec un groupe dont on parle beaucoup en ce moment : Little Odetta. Pour des raisons vraisemblablement logistiques, le combo se résume pour l’occasion à un trio acoustique, contrairement à la version électrique habituelle en quintet que je n’ai toujours pas eu la chance de découvrir mais ça viendra…  La talentueuse vocaliste Audrey Lurie est entourée de Lucas à la guitare et Aurélien à la basse pour un Set d’une demie heure qui passera vite, trop vite car on ne peut que se laisser charmer par la voix sensuelle de Miss Lurie. Que ce soit via des reprises judicieusement choisies comme « It’s A Man’s Man’s Man’s World » de James Brown, « Can’t Find My Way Home » de Blind Faith, le sublime « I’d Love To Change The World » de Ten Years After ou des titres de son premier album éponyme, Little Odetta convainc sans difficultés le public venu surtout pour Wishbone Ash. Ce « petit » groupe qui monte, qui monte n’en est qu’à ses débuts mais ils sont très prometteurs !


Les débuts de Wishbone Ash eux ne datent pas d’hier et de l’eau a coulé sous les ponts depuis 1969… Pas mal de changements de Line-Up ont émaillé la carrière de ces pionniers du Classic Rock, le dernier en date étant celui du batteur Mike Truscott arrivé l’an passé en remplacement de Joe Crabtree.


Mark Abrahams officie aux guitares depuis 6 ans maintenant, au poste qu’occupait naguère Ted Turner et qui a vu se succéder de nombreuses fines gâchettes comme Laurie Wisefield ou plus récemment Muddy Manninen… A la basse et aux harmonies vocales on retrouve avec plaisir le sympathique Bob Skeat qui devient le musicien qui à la plus longue « durée de vie » au sein du groupe (hormis Andy bien évidemment) : 26 ans au compteur.


Et puis bien sûr il y a le membre fondateur Andy Powell qui vient de fêter ses 73 printemps et dont la voix reste toujours fidèle au poste même s’il a eu un peu de mal pour ce concert parisien. Son jeu de guitare demeure sa marque de fabrique et les harmonies avec la six-cordes de Mark nous rappellent que WA a influencé de nombreux autres groupes dont Iron Maiden ou Thin Lizzy qui ne s’en sont jamais cachés.


D’entrée de jeu, Andy nous reprécise que le thème de la soirée est « Argus » et que le groupe le jouera comme prévu dans son intégralité et dans l’ordre originel un peu plus tard. On commence donc par « Ships In The Sky », une petite pépite de l’album « No Smoke Without Fire » de 1978, un titre tout en finesse et en retenue histoire d’attaquer le concert en douceur. Petit bond dans le temps jusqu’au dernier album studio en date « Coat Of Arms » (2020), le seul à ce jour auquel le Line-Up complet de ce soir a participé. On aura droit aux 2 premiers titres de celui-ci « We Stand As One » et le morceau éponyme. Du Wishbone pur jus qui rappelle les débuts. Andy nous avoue ensuite qu’il a un peu abusé des huîtres et du champagne avant le concert et que de ce fait il a « oublié » de ce fait le premier titre d’ « Argus »… Le public lui rappelle bien vite qu’il s’agit de « Time Was » et c’est parti pour la restitution fidèle de l’album culte de 1972 avec des moments intenses comme les toujours très appréciés « Blowin’ Free », « The King Will Come » et « Warrior » sans oublier le mélancolique et magique « Throw Down The Sword ». Ensuite ce sera l’incontournable « Phoenix » du tout premier opus de WA  pour une version épique et jouissive avant le rappel et un « Jailbait » en apothéose.


Beaucoup de sourires sur les visages du public présent à la fin de ce Set d’un peu moins de 2 heures d’une grande intensité. Beaucoup reviendront le lendemain pour une autre rasade du Ash qui sera à n’en point douter tout aussi fantastique. Personnellement j’attendrai cet été le retour d’Andy et de ses comparses à Guitare en Scène pour une soirée très « prog’ » avec Magma et Porcupine Tree. J’ai hâte…

Je dédie ce Live Report à Quo France Bruno avec lequel j’avais assisté au concert de WA il y a 5 ans et qui est malheureusement décédé depuis… R.I.P. l’ami, tu nous manques !

Merci à Kriss et Dom


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