Taj Farrant @ New Morning Paris, le 18 mai 2026.
Live Report par : Olivier Carle
&
images par : © PHOT“O“LIVE by Olivier Girard


Soirée découverte en ce lundi de mai au New Morning avec un jeune prodige de la guitare venu d’Australie : Taj Farrant. Pas grand monde à mon arrivée à la salle parisienne, dommage car ça va être un grand moment !

Je passe rapidement sur l’épouvantable première partie dont je tairai le nom par bonté d’âme ; il a fait fuir la moitié des spectateurs présents avec son gloubi-boulga infâme. Je ne comprends pas qu’on puisse programmer un mec aussi nul avant un tel artiste talentueux mais bon !


Annoncé par son père, visiblement totalement fan de son fiston, Taj fait son entrée sur la scène du New accompagné de sa sœur Jazel aux claviers et du groupe TKB (The Kid Brothers) qui lui sert de Backing Band. Les 4 frères tiennent respectivement 2 guitares additionnelles, la basse et la batterie. Étonnant d’ailleurs que Taj ait 2 guitaristes de plus avec lui mais je suppose que c’était le Deal quand il a embauché le combo. Il y aura même un 4ème guitariste, local celui-là, qui viendra le rejoindre pour le classique « The Sky Is Crying ».


La Setlist sera composée d’un mix de ses propres titres et de reprises triées sur le volet. Il faut dire que ce jeune artiste (16 ans) a déjà sorti une palanquée de Singles de sa composition dont 6 à la suite se sont retrouvés n°1 des Charts Blues. Il a donc regroupé tous ces brûlots sur son 1er album « Chapter One » sorti il y a 2 ans et qu’il vient nous présenter aujourd’hui. On commence d’ailleurs avec les 2 premiers titres qui ouvrent son opus « Beautiful Things » et « Bad Trip » qui font preuve d’une vraie maîtrise de la composition. La tension monte d’un cran avec le très efficace « Cold Shot » de Stevie Ray Vaughan qui démarre sur les chapeaux de roue et permet à l’Australien de décocher quelques soli ravageurs. Il faut dire que celui-ci ne ménage pas sa peine et se démène comme un fou, secouant ses Dreadlocks dans tous les sens.


On continue dans la même veine avec un titre méconnu de Prince « The Ride » qui met une nouvelle fois notre guitariste en transe. Ambiance plus Bluesy avec le célèbre « The Sky Is Crying » et 4 guitaristes sur scène donc, chacun y allant de son solo pour le plus grand plaisir des aficionados. Retour aux compos personnelles de Taj avec un « Freight Train » plus Pop et fédérateur. Le grand Stevie Ray est de nouveau à l’honneur avec le très Classic Rock « Tightrope ». J’en profite pour préciser que le batteur de la soirée était une véritable machine de guerre, maltraitant ses fûts avec une vigueur jamais mise en défaut, très impressionnant ! Magnifique ballade signé Taj ensuite avec ce « Cruz » que n’aurait pas renié le grand Gary Moore surtout au niveau du solo de haute tenue. Idem avec « Crossroads » toujours issu de son 1er album et qui permet à la section rythmique de montrer l’étendue de son talent dans un registre plus fin et apaisé. C’est l’heure pour Mr Farrant de rendre hommage à son paternel via une reprise du morceau préféré de celui-ci à savoir le très mélancolique « For The Love Of God » de Steve Vai dans une version techniquement irréprochable. Pas facile de s’attaquer au répertoire de ce Dieu de la guitare mais Taj s’en sort à merveille. Ayant tourné avec lui, le prodige se devait de reprendre un morceau d’Eric Johnson ; ce sera « Cliffs Of Dover » pour lequel il demande le soutien moral de l’assistance car ce n’est là encore pas un titre facile à interpréter. Moment émotion ensuite avec un hommage à sa mère présente dans la salle via le superbe morceau « Mama Raised A Man » qu’il a écrit pour elle, un Blues tout en finesse et en puissance maîtrisée, sans doute l’un des meilleurs moments de la soirée. Puisqu’on parlait de Gary Moore, le voici à l’honneur avec un titre de circonstance « Parisienne Walkways » qui obtient bien évidemment un succès mérité…


Belle découverte donc que ce jeune guitariste/chanteur/compositeur qui aura on l’espère une carrière exemplaire. Il pourrait bien devenir le nouveau Stevie Ray ou Gary Moore et c’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter. Rendez-vous cet été à Guitare En Scène pour une nouvelle dose de Blues Rock avec lui, sa sœur, ses parents et les 4 frères de TKB

Merci à Marine, Sabrina et Simon