
Retro C Trop @ Château de Tilloloy, le 27 juin 2026.
Live Report par : Olivier Carle
& images par : Tomi Carle
Seconde édition de Retro C Trop pour ce qui me concerne en ce mois de juin 2026. Le festival qui se tient au Château de Tilloloy fête son 10ème anniversaire. Malgré la canicule, le public sera fidèle au rendez-vous…
La journée du vendredi commence sur la petite scène qui met à l’honneur les talents émergents de la scène locale. C’est Bloom Dernier Métro qui a la lourde tâche d’ouvrir le festival.

Le quartet propose un Indie Pop/rRock avec des textes souvent décalés chantés par la charmante Jade. C’est plutôt sympathique et on passe un bon moment en leur compagnie sous un soleil de plomb.

Sur la grande scène c’est maintenant Razorlight qui distille son Indie-Rock et j’avoue que ça me laisse totalement de marbre…

Idem avec Ghinzu qui n’est vraiment pas ma tasse de thé.

Color Snake sur la petite scène c’est beaucoup mieux… Le quartet vient de Calais et possède une identité visuelle et un style plutôt rafraîchissant. Ils m’ont rappelé les Bijou ou Téléphone des débuts et c’est pour moi gage de qualité. Il nous présente son récent EP « Plan B » qui mérite plus que largement qu’on y jette une oreille voire les deux. Un groupe à suivre…

Matmatah je les avais découverts à leurs débuts, en 1998, à la sortie de leur premier album « La Ouache », celui qui contenait les « tubes » : « Lambé An Dro », « L’Apologie », « Emma » et « Les Moutons ». C’était à la Fête du Cidre, à Clohars Carnoët en plein cœur de la Bretagne, invité par leur Label de l’époque Trema (oui oui celui de Michel Sardou !). Je les ai revus la même année 4 mois plus tard à l’Élysée Montmartre pour fêter les 300.000 exemplaires vendus de l’album (disque de platine en ces temps reculés !) ; ils en vendront 800.000 au final ! Avec un Aftershow mémorable à la clé… Puis ce sera au Midem à Cannes en 2002 pour l’album « Rebelote » mais je n’en garde pas un souvenir impérissable… D’ailleurs les Bretons ne jouent plus d’extraits de cet opus aujourd’hui. Ne les ayant pas revus depuis près de 25 ans je me réjouissais de les retrouver au Château de Tilloloy. D’autant qu’ils ont eu la bonne idée d’embaucher pour l’occasion une section de cuivres The Fuzzy Brass Four. Je retrouve avec plaisir Stan au chant et à la guitare et Eric à la basse, les 2 seuls membres originels. Mais aussi Scholl à la batterie et Julien aux claviers. Sans oublier Léo, l’excellent nouveau guitariste soliste, qui se prend fréquemment pour Angus et fait le Show. Hormis les 4 morceaux extraits de « La Ouache » cités plus tôt, Matmatah va nous concocter une Setlist aux petits oignons avec notamment la reprise du fabuleux « Putain, Putain » de T.C. Matic dans une version Boostée et très Heavy et le sublime « Au Conditionnel » de l’album « Archie Kramer » de 2004. Des retrouvailles bien sympathiques avec les Brestois qui obtiendront un succès mérité sur la grande scène.

Le lendemain, la journée commence avec EXTC. Il s’agit du groupe du batteur Terry Chambers, membre originel du groupe XTC d’où le nom… Il a embauché un autre Terry (Lines) à la basse et au chant ainsi qu’un guitariste et un bassiste/claviers pour faire vivre l’héritage du combo Pop/Punk/New Wave de Swindon avec la bénédiction de son Leader Andy Partridge… J’avais eu la chance de voir XTC à la grande époque, en 1980 au New Theatre d’Oxford, juste avant que le groupe n’arrête de tourner (1983) à cause de la peur chronique de la scène d’Andy. C’est donc 46 ans plus tard que je vais enfin réentendre ces hymes que sont « Making Plans For Nigel », « Senses Working Overtime », « Generals And Majors » ou encore « Life Begins At The Hop ». Le quartet assure parfaitement et délivre des versions fidèles de ces petits bijoux Pop. J’aurai l’occasion d’échanger quelques mots avec les musiciens très satisfaits de l’accueil que leur a réservé le public de Retro C Trop malgré la chaleur accablante.>

On enchaîne avec Squeeze, autre groupe important du siècle dernier. Eux aussi je les avais vus à Oxford, mais dans une salle plus petite qu’XTC à savoir Polytechnic il y a 45 ans. Jamais revus depuis. Par contre j’ai eu l’honneur et la chance de participer au lancement du superbe album post-Squeeze, « Difford & Tilbrook » en 1984 pendant mes années CBS. Chris Difford et Glenn Tilbrook demeurent d’ailleurs les seuls membres d’origine encore présents dans la formation actuelle du groupe anglais, il faut dire qu’ils en sont également les principaux auteurs/compositeurs depuis toujours. Les autres musiciens qui se présentent sur scène ont tous rejoint le combo post-2000. Point de Jools Holland ou de Paul Carrack, ceux-ci étant partis depuis longtemps voguer vers d’autres rivages musicaux. Belle Setlist pour ce concert à Retro C Trop avec les incontournables « Black Coffee In Bed », « Tempted », « Cool For Cats », « Up The Junction » et autres « Another Nail In My Heart ». Ceux qu’on a surnommés les nouveaux Lennon/McCartney ont une nouvelle fois fait la démonstration qu’ils sont de redoutables faiseurs de chansons qui vous rentrent dans la tête pour ne plus en sortir…

Petit détour par la seconde scène pour découvrir Feral Son. Le duo aux sonorités Indie, Folk et Electro va apporter une véritable touche de fraîcheur inattendue à cette édition de Retro C Trop. Les Lillois vont nous jouer des extraits de leur premier album « The Last » et j’avoue avoir été totalement conquis par leurs compos aériennes et poétiques. A revoir au plus vite…

Les Molotovs on les avait découverts sur cette même petite scène l’année dernière mais cette année ils ont le droit à la scène principale. Le duo Cartlidge est toujours accompagné d’un batteur et fait preuve d’une énergie débordante. Le guitariste et chanteur Matthew et sa sœur bassiste Issey vont une fois de plus nous en mettre plein la vue et les esgourdes avec leur Rock mâtiné de Punk et d’influences Mod.

Il faut dire que la blonde est toujours en mouvement et se tortille autour de sa basse dans des mouvements improbables et impressionnants.

Son frère éructe les paroles de leur premier album « Wasted on Youth » sorti depuis peu tout en maltraitant sa six-cordes.

Le Show va droit au but, sans fioritures. Tout comme l’année dernière les Molotovs obtiennent un franc succès et on sent bien qu’ils ne vont pas en rester là dans les années à venir !

Sur la petite scène c’est Mr.X qui prend le relais. Venu d’Arras, dans les Hauts de France, le quartet propose un Classic Rock teinté de Stoner dans la lignée de Q.O.T.S.A ou de Rival Sons. Il sévit depuis 2011 et a plusieurs albums à son actif dont le « Live In Arras » sorti l’année dernière. Thomas, le guitariste/chanteur, ne ménage pas sa peine pour aller chercher les premiers rangs à grands coups de riffs incendiaires. Le groupe est soudé et donne le meilleur de lui-même pour convaincre de nouveaux adeptes. On peut affirmer sans se tromper qu’il en a conquis pas mal lors de son passage à Tilloloy…

Les Fine Young Cannibals prennent maintenant place sur la grande scène. Le groupe est devenu par la force des choses celui de son chanteur d’origine, Roland Gift.

Celui-ci s’est entouré d’une belle équipe composée de 2 choristes, une claviériste, un guitariste, un bassiste et un batteur. La prestation de FYC va selon moi être la plus passionnante du festival. La voix de Roland est toujours aussi reconnaissable après toutes ces années et il va faire preuve d’un sens de l’humour à toute épreuve tout au long du Set.
On retiendra bien évidemment la longue liste des tubes du groupe issu de Birmingham : « Suspicious Minds » qui ouvre le Set et nous met direct en condition, le bien Ska « Johnny Come Home » avec sa guitare trépidante, l’excellente reprise des Buzzcocks « Ever Fallen In Love (With Someone You Shouldn’t’ve) », le très retro Soul et imparable « Good Thing », le très attendu « I’m Not The Man I Used To Be » dans une version plus acoustique assez éloignée de l’ambiance Jungle/House de l’époque et bien sûr le phénoménal « She Drives Me Crazy » qui déclenchera l’hystérie dans la foule massée devant la scène… Un très grand moment assurément !
Mais les éclairs et l’orage se rapprochent maintenant dangereusement de Tilloloy et il est plus que temps d’évacuer le site. La scène sera quasiment intégralement détruite par cette tornade incontrôlable, mettant à terre tout le matériel imprudemment installé des B-52’s qui ne pourront au final pas se produire. La journée suivante du festival sera elle aussi annulée…