
Wishbone Ash @ Paris le Trabendo, le 22 avril 2026.
Live Report par : Olivier Carle
& images par : Saskia Lavaud
En prenant le chemin du Trabendo pour mon 16ème concert des Anglais depuis 45 ans, je repense à tous les groupes que j’ai vus dans cette salle où je me rends pour la 38ème fois depuis 1994… Il faut savoir qu’avant de s’appeler le Trabendo à l’orée des années 2000, il s’agissait du Hot Brass, souvent dédié au Jazz mais pas que ! Période Hot Brass j’y ai vu Angélique Kidjo, Mavis Staples, Buddy Miles, Rufus Thomas, Morris Day, Vernon Reid, etc. et en tant que Trabendo : Saga, Living Colour, Gov’t Mule, Magnum, Jimmy Barnes, U.F.O., Vulcain, Molly Hatchet, Black Star Riders, The Dead Daisies, Dirkschneider, Tangerine Dream et bien d’autres… La salle, voisine du Zénith parisien, est donc un haut lieu du Classic Rock, pas étonnant donc que Wishbone Ash y fasse escale sur sa tournée « Time Was ».
Il est désormais bien loin mon premier rendez-vous avec WA en 1981 à Oxford pour la tournée « Number The Brave » mais j’en garde un souvenir ému car ce fut un de mes meilleurs cette année-là. A tel point que c’est la 1ère (et unique) fois que j’ai acheté un programme officiel à la sortie d’un concert et je le garde précieusement. A l’époque il y avait Andy Powell bien sûr mais aussi Steve Upton, le batteur originel, l’immense Laurie Wisefield qui avait remplacé le guitariste originel Ted Turner 7 ans auparavant et à la basse mon héros Trevor Bolder des Spiders From Mars de Bowie et que je reverrai maintes fois plus tard au sein d’Uriah Heep. Trevor remplaçait alors John Wetton, lui-même un ex-Uriah Heep, qui jouait sur l’album « Number The Brave » (en remplacement de Martin Turner !) mais qui avait quitté WA entre temps pour co-fonder Asia, vous me suivez toujours ? Pour être tout à fait complet il y avait aussi Claire Hamill aux chœurs, une touche féminine au sein du groupe tout comme il y en aura une autre, et pas des moindres, ce soir au Trabendo… De l’eau a coulé sous les ponts depuis 1981 et seul demeure à la barre le guitariste et vocaliste Andy Powell qui vient de fêter ses 76 printemps. On retrouve le fidèle et sympathique Bob Skeat, à la basse depuis près de 30 ans, un record chez WA. Le soliste Mark Abrahams va fêter ses 10 ans de présence aux côtés d’Andy. Quant à Windsor McGilvray qu’on a pu voir à la batterie avec Hugh Cornwell, c’est le « petit nouveau » qui vient d’arriver en remplacement de Mike Truscott qui n’en pouvait plus des tournées incessantes de WA et a préféré se recentrer sur sa vie familiale.
La soirée commence avec un peu de retard avec l’excellent Will Barber que j’avais découvert à La Batterie Guyancourt en 2020 et qui m’avait déjà impressionné à l’époque. Il remplace au pied levé le groupe Si Senor qui devait assurer la première partie de WA sur cette date parisienne mais qui vient brutalement de se séparer. Will est seul avec sa guitare Weissenborn (et une autre acoustique) et sa grosse caisse mais il assure toujours aussi bien. Le public va tomber sous le charme de son Blues viscéral à la Ben Harper et teinté de Rock et de Country, le « New Roots » comme il l’appelle. On aura bien sûr droit à ses 2 reprises emblématiques que sont « Another Brick In The Wall » du Floyd et « Personal Jesus » de Depeche Mode. Une quarantaine de minutes intenses avec cet artiste qui gagne à être connu !
Le Gang d’Andy Powell investit la scène à 20h45 et c’est parti pour 1 heure trois quarts de Classic Rock de très haut niveau. « Argus » sera comme souvent bien représenté avec les incontournables « Warrior », « Blowin’ Free », « Throw Down The Sword » et « The King Will Come ». Le très attendu « Phoenix » des débuts (1970) sera comme toujours un grand moment de duels de guitares entre Andy et Marc. Le tout premier album sera également représenté par le superbe « Errors Of My Way ». Le groupe ira également déterrer quelques petites pépites plus rarement jouées comme « Mountainside » de l’album de 1996 « Illuminations », la ballade dédiée aux femmes de l’assistance « (In All Of My Dreams) You Rescue Me » de « New England » (1976) ou encore « Enigma » et « Bona Fide » de l’opus éponyme de 2002. Et puis ma préférée « F.U.B.B. » avec son intro de basse si caractéristique, le moment de gloire de Bob qui ne cache pas son plaisir. Sans oublier « Jailbait » pour le rappel avant un « Peace » beaucoup plus dispensable. La touche féminine précédemment citée sera la présence sur scène de la volcanique Audrey Lurie de Little Odetta pour un « Living Proof » d’anthologie… Bref une superbe Setlist avec beaucoup de « tubes » mais aussi de très agréables surprises !
Encore une fantastique prestation des Anglais devant une assistance relativement âgée mais qui reste fidèle depuis toutes ces années à ces vétérans des glorieuses 70’s… Wishbone Ash est en tournée dans l’hexagone jusqu’à mi-mai, à voir absolument !
Merci à Dom…