Matteo Mancuso @ Paris l’Alhambra, le 05 mai 2026.
Live Report & images par : Tomi Carle


C’est suite à mon premier concert du guitariste prodige sicilien Matteo Mancuso à Guitare en Scène en juillet dernier que je me devais de retourner le voir à l’Alhambra en ce mois de mai. J’avais en effet été conquis par sa versatilité et son aisance à tenir son public en haleine…


La soirée débute par une première partie qui malgré sa technicité ne m’a laissé qu’indifférent, hélas sans doute en raison du manque de Groove et de richesse de la prestation.

C’est maintenant avec le morceau « Solar Wind » qui ouvre son nouvel album « Route 96 », sorti il y a peu, que Matteo démarre son Set devant une assemblée impatiente et attentive. Le titre, qui marquait la première collaboration de Matteo avec Steve Vai en studio, est une excellente entrée en matière.


On remonte un peu dans le temps avec « Falcon Flight » de son premier opus « The Journey » sorti en 2023. La synergie du groupe s’intensifie davantage grâce à la vitesse d’exécution de ses fidèles Riccardo Oliva à la basse et Gianluca Pellerito à la batterie.


Cette technicité contrôlée laisse la foule subjuguée qui se scinde en deux équipes distinctes : la partie qui Headbangue et qui ne peut s’empêcher d’arborer une « Stank Face » partagée avec Riccardo tout au long du concert et l’autre partie qui se laisse envoûter par les riffs millimétrés retentissant en ce lieu convivial qu’est l’Alhambra.

C’est maintenant que le groupe entame les trois morceaux suivants “The Great Wall”, ”Fire And Harmony” ainsi que “Silkroad” qui dans leur approche plus Prog’ pourraient convaincre les fans les plus exigeants de Steven Wilson grâce à des modulations métriques et des signatures de temps à couper le souffle.


Le génie du guitariste est toujours flagrant avec cette reprise de “Cause We’ve Ended as Lovers” de Stevie Wonder dans une version proche de celle de Jeff Beck et qui permet également au Bassman d’exprimer son art vertueusement sur le Groove posé et métronomique de Gianluca.

C’est maintenant au batteur de briller avec « Spain » de Chick Corea, un choix de connaisseur reconnu par l’assistance. Pellerito sous les projecteurs est plein maître de ses fûts et s’élance dans un solo de plus de 3 minutes qui est le fruit d’un travail acharné mais qui sur scène paraît inné.


L’éclectisme est le terme qui correspond le mieux au nouvel album « Route 96 » qui compte également un Blues façon Mancuso « L.A. Blues One » pour lequel il ne laisse aucune note de sa six-cordes de côté.


On en vient à mon morceau préféré de sa création, “Isla Feliz”, qui arbore une esthétique à la Casiopea et qui respire l’été et la finesse technique d’un cocktail mélangeant passion, entrain et volupté.

On continue avec “In The Morning Light” qui fait transition vers la partie “Agressive Jazz” du Set comme le dit justement Mancuso, illustrée par le morceau “Black Centurion” qui s’inscrit d’office comme le riff qui met tout le monde d’accord une bonne fois pour toutes avant le départ du trio.

C’est sur une touche Funky que le groupe nous lance sa piqûre de rappel avec cette fabuleuse reprise du “Chicken” de Jaco Pastorius, suivie de “Drop D”, 3ème extrait de son premier album “The Journey” qui par sa grande gamme dynamique nous résume bien ce concert d’anthologie…


Ce voyage que nous ont proposé Matteo et son équipe restera unique aussi bien dans l’esprit de ses fans que dans celui des nouvelles recrues qui en ont pris plein les mirettes et sont déjà dans l’attente d’un prochain rendez-vous avec le talent et la puissance de ce groupe dont on n’a pas fini d’entendre la virtuosité…

Merci à Marine, Sabrina et Simon