
Cabaret Voltaire + Turzi/Gage
@ Paris l’Élysée Montmartre, le 5 juin 2026.
Live Report Par : Olivier Carle
& images : Tomi Carle
Évènement pour moi en ce vendredi de juin 2026, je vais enfin découvrir sur scène Cabaret Voltaire que je suis assidûment depuis le début des années 80. Le groupe anglais existe depuis plus de 50 ans et il m’aura fallu attendre leur tournée d’adieux pour enfin le voir. Il faut dire qu’il n’a pas joué souvent en France depuis les quelques dates au Gibus en 1979 et les Bains Douches l’année suivante. Et puis sa carrière est un peu en dent de scie puisque les ruptures furent fréquentes et souvent longues. Ne subsiste du trio originel que Stephen Mallinder puisque le plus « assidu » de la bande, Richard H. Kirk, est décédé il y a 5 ans et Chris Watson ne peut plus partir en tournée. C’est donc avec 3 autres musiciens que Stephen se présentera devant nous : Eric Random s’occupera des claviers et de la guitare, le fidèle complice de Mallinder dans Wrangler, Benjamin David Edwards alias Benge, officiera aux Drumpads et Finlay Shakespeare complétera la formation en remplacement de Chris aux claviers. Quant à Stephen il continue à tenir le micro, la basse et quelques claviers et Samples.

La soirée commence comme prévu à 19h45 dans un Élysée déjà bien rempli même s’il n’est pas Sold-Out avec le duo franco-britannique Turzi/Gage. Le Versaillais Romain Turzi fait partie de la scène électro hexagonale et pratique depuis fort longtemps un genre de Krautrock mâtiné de Psychédélisme.

Il joue de la guitare et des claviers et s’est adjoint la voix de son ami de longue date Oliver Gage pour le fraîchement sorti « Drop! » dont ils vont nous délivrer de larges extraits avec le soutien d’un batteur au Look plus Hardos qu’électro.

La performance sera agrémentée de projections plutôt Psyché sur l’ensemble de la scène et même autour. Musicalement ça tient la route et on retrouve les influences des bandes originales italiennes de Goblin ou Angelo Badalamenti sans doute du fait des origines de Mr Turzi mais aussi des Happy Mondays, de My Bloody Valentine voire de Kraftwerk ou Tangerine Dream. Pendant 45 minutes, Oliver, avec son Look à la Sébastien Tellier, et Romain vont parvenir à convaincre le public venu principalement pour la tête d’affiche mais néanmoins réceptif à l’électro-Rock proposé par le duo.

Les lumières s’éteignent à 21h00 pile et les Anglais de Cabaret Voltaire, dont les initiales illustrent le fond de scène, s’emparent de l’Élysée Montmartre. Stephen va revisiter les moments les plus emblématiques de la carrière de son groupe culte.

Vu que la formation de Sheffield ne s’est pas cantonnée à l’Indus’ depuis ses débuts mais a été s’aventurer dans le Synth/Post-Punk, la House et la Techno, on ne va pas s’ennuyer lors de ce concert. Stephen parle assez peu tout au long de la prestation mais rend tout de même hommage à ses anciens compagnons de route, donne quelques rares infos sur les morceaux et présentera brièvement les 3 musiciens qui l’accompagnent.

On l’entendra mentionner la bande originale du court-métrage Johnny YesNo de 1982 au moment de jouer « Yashar » et « Taxi Music ». Il dédicacera le très attendu « Nag, Nag, Nag » au public parisien en rappelant que ce morceau fut joué pour la première fois au Gibus « en 1978 » (en fait c’est 1979 mais on lui pardonne !)… Au moment où cette fameuse salle parisienne ferme ses portes, le clin d’œil est bienvenu et apprécié de la frange la plus âgée du public.

Beaucoup d’extraits de leur album de 1983, « The Crackdown », sans doute le plus dansant voire Funky, qui représentera près d’1/3 du concert. C’est sans aucun doute mon opus préféré des Anglais avec notamment le lancinant « 24-24 » que ne renieraient pas D.A.F. ou Anne Clark ou encore « Just Fascination » et « Why Kill Time (When You Can Kill Yourself) » qui rappellent le Human League des débuts… Celui de l’année suivante « Micro-Phonies » sera lui aussi mis à l’honneur avec notamment le Kraftwerkien « Do Right », « Spies In The Wire » qui sonne très Gary Numan ou le fabuleux « Sensoria » qui clôt la prestation et plonge l’Élysée Montmartre dans une transe contagieuse.

Quel plaisir d’avoir pu apprécier ce groupe mythique pour la première fois (et sans doute la dernière !) en ce qui me concerne. Il en reste quelques autres qu’il me faut impérativement choper en Live avant la date limite comme justement The Human League que j’ai cité précédemment…
Merci à Xavier et Persona Grata…