
Hellfest Open Air Festival 2026 !
Live Report par : Olivier Carle
& images par : Philippe Archambeau
Cette nouvelle édition 2026 sera pour moi la 15ème depuis 2009. En attendant la célébration des 20 ans du festival en 2027, l’affiche de cette année n’est pas forcément la plus attrayante de toutes celles que j’ai vues mais j’y ai quand même trouvé mon compte entre valeurs sûres et découvertes… Je vais comme chaque année vous narrer « mon » Hellfest c’est-à-dire les groupes que j’ai le plus appréciés (ou pas) au cours de ces 4 journées métalliques sous un soleil de plomb qui a un peu gâché la fête !

Jeudi
On commence le jeudi, à l’ouverture du fest, sur la Mainstage 1, avec We Came As Romans. Je ne suis ni un connaisseur ni un grand amateur de Metalcore mais je dois dire que j’ai été très agréablement surpris. Les Américains étaient déjà passés en 2014 mais j’avais dû privilégier une autre scène à l’époque. La Setlist va se concentrer à raison sur le dernier album studio « All Is Beautiful… Because We’re Doomed » sorti l’an passé. Il y aura également quelques titres des 2 albums précédents « Darkbloom » et « Cold Like War » mais rien de la période antérieure, peut-être en raison du décès du second vocaliste Kyle Pavone en 2018 des suites d’une Overdose. Le son est excellent, les compos sont très réussies et le quintet se donne à fond pour cette ouverture du festival. Ça promet pour la suite !

Le passage de Mikkey Dee With Friends sur la MS voisine était pour moi un Must de la journée. Le batteur fait un petit crochet par le HF entre 2 dates de Scorpions. Il s’est entouré d’un guitariste et d’un chanteur au Look et à la voix très proches de Lemmy. Le Set sera bien évidemment entièrement consacré à Motörhead. Pas mal de titres un peu « obscurs » dont 2 extraits de « Inferno » (2004) et le titre éponyme de « Sacrifice » (1995). Mais il y aura aussi des classiques comme le très apprécié « Born To Raise Hell » de « Bastards » (1993), l’excellent « I Got Mine » de « Another Perfect Day » (1983) et bien évidemment les incontournables « Killed By Death » avec Chuck Garric du Alice Cooper Band qui se produit un peu plus tard sans oublier « Ace Of Spades » et « Overkill » avec la prestation époustouflante habituelle de Mikkey. Un moment sympathique qui nous rappelle combien les passages de Lemmy et ses complices furent inoubliables au Hellfest (et ailleurs…) !

Mon intérêt pour le Metalcore grâce à WCAR a été stoppé net par le Show de The Plot In You qui m’a laissé de marbre.

Petite pause donc en attendant The Pretty Reckless avec la belle Taylor Momsen. Malheureusement ce ne fut guère plus enthousiasmant avec des compos d’une banalité affligeante et un spectacle sans grand intérêt.

Heureusement les « affaires » reprennent avec The Inspector Cluzo sur la Valley. Grosse affluence pour les Landais qui sont déjà passés sur la MS au Hellfest en 2022 mais que j’avais ratés à l’époque. Ce sera mon 3ème concert du duo après Guitare En Scène et Le Plan en 2024. La Setlist fait la part belle à l’album « Less Is More » sorti en 2025. J’ai beaucoup aimé « Catfarm », « As Stupis As You Can » et le titre éponyme que je découvrais enfin sur scène. « The Outsider » reste un moment de bravoure très Bluesy et qui fait mouche à chaque fois. Quant à la reprise de Crosby, Stills, Nash & Young « Almost Cut My Hair » je ne m’en lasse pas ! Et puis « Put Your Hands Up » est devenu avec le temps un incontournable du Show des Gascons. Un vrai plaisir de les retrouver en si grande forme devant un public admiratif…
Je me dirige ensuite vers la MS2 pour Deep Purple même si je ne m’attends pas à un miracle suite à la prestation catastrophique du Heavy Weekend il y a 2 ans. Ce ne fut malheureusement guère mieux avec un Ian Gillan totalement au bout du rouleau.

Franchement j’ai eu mal pour lui tout au long du Set. Il pousse de toute ses forces ses cordes vocales qui ne répondent quasiment plus. Il disparaît derrière la scène constamment pendant que ses comparses tentent de meubler du mieux qu’ils peuvent. C’est d’ailleurs surtout Don Airey qui sera sollicité pour combler les trous avec des soli peu inspirés à base de Marseillaise et autres airs connus. Ian Paice assure comme toujours le minimum syndical et Roger Glover semble demeurer le seul qui prend encore plaisir à tourner. Quant à McBride il reprend fidèlement les riffs et les solos de Blackmore mais toujours sans le petit brin d’originalité et de folie qui caractérisait Steve Morse dont je resterai toujours un sincère défenseur et dont je regretterai éternellement le départ ! Bref ce fut aussi pénible que les 3 passages précédents du Pourpre Profond à Clisson et ce ne sont pas les 2 morceaux poussifs à paraître sur le nouvel album qui me feront changer d’avis…
Je reste un peu dans le coin pour Papa Roach et son Metal Alternatif très grand public. C’est bien troussé assurément mais ça m’en touche une sans bouger l’autre comme on dit familièrement.

Le grand Alice Cooper s’empare ensuite de la MS2 avec son équipe habituelle. Enfin presque puisque Anna Cara remplace Nita Strauss à la guitare pendant son congé maternité. Peut-être un peu moins démonstrative qu’elle mais le Job est entre de bonnes mains.

On retrouve donc les 2 autres gratteux Ryan Roxie et Tommy Henriksen, Chuck à la basse et Glen à la batterie. Ce sera mon 9ème concert d’Alice depuis 1988 et le 3ème dans le cadre du HF. Le Show est comme toujours impressionnant avec la guillotine, la camisole et tout ce qu’on aime chez Alice même si le Boa ne fait plus partie du lot. La Setlist revisite tous les tubes du maître du Shock Rock, de « No More Mr Nice Guy » à « School’s Out » en passant par « Poison », « Hey Stoopid », « I’m Eighteen » et tous les autres. La voix est toujours là et les musiciens sont absolument parfaits… A 78 ans, ce bon vieux Vincent Furnier en a encore sous le pied !

Juste après ce très bon Show le visage d’Ozzy apparaît sur les écrans et c’est le moment de lui rendre hommage avec des images d’archive sur fond de « Mama, I’m Coming Home » suivi d’un magnifique feu d’artifice. Très émouvant et mérité !
N’étant pas très sensible au Metalcore de Bring Me The Horizon, je file vers la Valley pour un des meilleurs moments de la journée à savoir le concert de Kadavar. Il faut dire que les Allemands s’y entendent pour faire sonner leur Stoner à la Black Sabbath ou Hawkwind dans le plus pur esprit 70’s. J’avais déjà vu les Berlinois en 2016 sur la Valley de l’époque et j’avais été fortement impressionné. Là le son est absolument dantesque et le quartet est au sommet de son art. Véritable « Best Of » Hard Rock Psychédélique de leur riche discographie d’un quart de siècle avec des brûlots comme « Doomsday Machine », « Last Living Dinosaur », « Die Baby Die » ou encore « All Our Thoughts »… Les fans de la première heure sont aux anges et les néophytes n’ont pas regretté d’être venus à ce dernier concert de la journée à la Valley !
Un petit tour à la Warzone pour les Américains de Social Distorsion afin de clore cette première chaude journée de festival mais je ne suis pas rentré dans leur univers Punk Rock quelque peu intello…
Vendredi
Pas mal de groupes de Hard & Heavy classique en cette journée de vendredi et ce ne sera pas pour me déplaire. On commence d’ailleurs avec Queensrÿche sur la MS1. Ce sera mon 6ème rendez-vous avec les Américains. Je les ai vus 4 fois avec Geoff Tate notamment en 1ère partie de Bon Jovi au Zénith il y a 40 ans et en compagnie de Metallica, d’AC/DC et des Black Crowes à Berlin pour les Monsters Of Rock ’91. La dernière fois, avec Todd La Torre, c’était sur cette même Mainstage il y a 9 ans et j’avais adoré. On retrouve avec plaisir les excellents Michael Wilton à la Lead Guitar et Eddie Jackson à la basse, les 2 seuls membres fondateurs encore présents dans la formation actuelle. Même si Todd, Mike et Casey sont arrivés Post-2000, ils savent bien que les fans présents sont là pour les albums des débuts à savoir « Operation : Mindcrime », « The Warning », « Empire » et « Rage For Order ». C’est d’autant plus vrai en festival quand on doit convaincre en moins d’une heure un public pas forcément acquis. Ce sera au final chose faite grâce à des classiques comme « Queen Of The Reich », « Empire » ou « Eyes Of A Stranger » !
Je voulais voir à la Valley Stoned Jesus dont on dit le plus grand bien depuis leur passage à La Purple House l’année dernière. Malheureusement je ne suis absolument pas tombé sous le charme des Ukrainiens et de leur Stoner Doom Corrosif.
Retour illico à la MS2 pour Bloodywood, le nouveau phénomène de la scène Metal qui marche sur les traces de The Hu à la mode indienne. Je dois avouer que j’ai été aussi conquis que lors du passage des Mongols l’année dernière à Clisson. Très gros son, mise en scène très étudiée, musiciens qui se donnent comme si c’était leur dernier concert… Bref une tuerie ! Il est clair qu’il y a une grosse part de « Marketing » dans ce groupe, preuve en est le duo avec Babymetal « Bekhauf » mais après tout il faut faire preuve d’ouverture d’esprit puisque la scène Metal est en constante ébullition…
Je reste devant les Mainstages pour le Set immanquable d’Accept. Ce sera mon 10ème depuis la 1ère partie d’Iron Maiden à Annecy en 1984. Ce sera également la 4ème fois que je les vois au Hellfest. La dernière fois c’était il y a 2 ans pour une formidable prestation avec 3 guitaristes dont Joel Hoekstra (ex-Whitesnake) qui remplaçait alors provisoirement Philip Shouse. En 2026 Wolf est revenu à la formule à 2 gratteux, lui et Philip, et ça le fait toujours. Hoffman reste toujours le seul membre originel depuis le départ de Baltes en 2018. Tous les autres membres actuels du groupe germanique sont arrivés Post-2000 notamment le vocaliste Mark Tornillo qui fête ses 72 printemps et dont les cordes vocales commencent à donner des signes de faiblesse. Les autres font le Job et plutôt bien comme à chaque fois. Le groupe de Solingen nous annonce la sortie d’un album de reprises de leur propre catalogue avec la participation d’autres musiciens. C’est la raison pour laquelle Todd La Torre de Queensrÿche les rejoindra pour un « Run If You Can » issu de « Breaker » totalement jouissif. Idem avec le guitariste d’Opeth qui joue ce même jour un peu plus tard sur la MS2 lors d’un « Fast As A Shark » mené tambour battant. On aura droit aussi aux classiques « Metal Heart », « Restless And Wild » et « Princess Of The Dawn ». Les Allemands termineront leur Set par un très attendu « Balls To The Wall » qui déclenchera comme toujours l’hystérie dans la fosse. Il faut dire que ce morceau fait partie selon moi du Top 5 des plus grands Hits du Hard & Heavy.
On continue sur les Mainstages avec un autre groupe fondamental de l’histoire du Metal à savoir Sepultura. Ne subsiste de la formation originelle que le bassiste Paulo Jr. même si le Lead Guitarist Andreas Kisser est arrivé 3 ans après la création du combo brésilien en 1984. La suite on la connaît puisque les frères Cavalera, Max et Igor, sont partis chacun à leur tour. Max a été remplacé par l’excellent Derrick Green que j’avais eu la chance de rencontrer en 1997, à l’invitation de Roadrunner, pour son arrivée chez Sepultura. Quant au génialissime batteur Greyson Nekrutman il est le petit « dernier » de la bande puisque présent derrière les fûts depuis 2 ans. C’est la dernière occasion de revoir ce quartet brésilien en France sachant qu’il s’agit de leur tournée d’adieu. C’est donc avec un petit pincement au cœur qu’on va réentendre ces hymnes intemporels que sont « Roots Bloody Roots », « Refuse/Resist », « Ratamahatta » ou « Arise ». Il y aura aussi un hommage à Savage Lands dont fait partie Andreas avec la venue sur scène du créateur de l’association, très présente au Hellfest, Sylvain Demercastel. Il lancera à la guitare le célèbre « Kaiowas » et sera rejoint aux percussions un peu plus tard par les éminents membres Alyssa White-Gluz (ex-Arch Enemy), Dirk Verbeuren (Megadeth), Frédéric Leclercq (Kreator)… Un moment très émouvant donc qui aurait pu se prolonger le lendemain avec la venue des frangins Cavalera mais un canard en aura décidé autrement ! On va y revenir…
La suite de la journée va être beaucoup plus calme pour moi. J’ai fait l’impasse sur Helloween que j’ai toujours trouvé trop proche de Maiden à mon goût. Opeth n’a jamais été ma tasse de thé surtout depuis que je les ai découverts sur scène à l’Élysée Montmartre en 2006.
On en vient à Maiden dont je ne suis, on l’aura compris, pas un grand fan. Je leur ai toujours préféré Judas Priest, Saxon ou Accept et ce depuis mon tout premier concert d’eux, avec Paul DiAnno au chant, à Oxford en 1981 pour le Killers World Tour avec Trust en 1ère partie. Je les ai revus 10 fois par la suite, on ne pourra pas me reprocher de ne pas avoir essayé ! Et je n’ai jamais réussi à trouver un quelconque intérêt à leurs compos à part le riff de « 2 Minutes To Midnight ». Bon les Shows ont toujours été plus au moins spectaculaires, notamment celui de Bercy en 1986 pour le Somewhere In Time Tour mais ça n’a pas suffi. Celui du HF 2026 a consisté en la projection d’images derrière le groupe, pas d’avion comme la dernière fois. J’ai essayé de m’accrocher pendant 30 minutes mais sans succès. Ce 12ème essai sera sans doute mon dernier car quand ça ne veut pas, ça ne veut pas !
Je suis donc allé à la découverte d’un groupe toulousain sur la Valley et là ce sera mon concert du jour tout comme Kadavar la veille. SLIFT, puisque c’est de lui qu’il s’agit, m’a littéralement scotché avec son Stoner Psychédélique passionnant. Le trio composé des frères Fossat (guitare/chant/synthés et basse) et de Canek à la batterie existe depuis une dizaine d’années et vient de sortir son 4ème album « Fantasia » au début du mois de juin. Il va d’ailleurs nous en délivrer 6 extraits tous plus réussis les uns que les autres. Un mur du son rempli de Fuzz, de Doom et de Prog’ absolument incroyable. Franchement je suis sûr que ces Toulousains vont avoir une belle carrière. Ça a d’ailleurs bien commencé puisque le trio tourne en Europe et en Amérique du Nord. Longue vie à eux ! Et merci à Iron Maiden de m’avoir d’une certaine manière permis de les découvrir…
J’ai ensuite fait un tour à la Warzone pour La Dispute mais pas convaincu par leur Hardcore intello.

Samedi
Ma journée de samedi commence à la Warzone avec Cancer Bats. Le quartet nous vient de Toronto et pratique un Punk Hardcore teinté de Sludge. Créé en 2004, il compte 7 albums à son actif. La prestation est brutale et les riffs sont plus qu’acérés. Le chant est hargneux et le Pit est en feu. Bonne entrée en matière pour cette journée de samedi qui va s’avérer caniculaire…
Je passe brièvement sur Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs (non mon clavier n’a pas bugué !) à la Valley avec son Stoner qui m’a profondément gonflé.
Retour à la Warzone pour mes chouchous du Hellfest 2022 à savoir Cro-Mags. Je sais bien que je les avais déjà vus auparavant en 1987 au Zénith avec Motörhead et Girlschool ainsi qu’en 1993 à l’Elysée Montmartre avec Only Living Witness mais je ne garde aucun souvenir de ces 2 prestations. Alors qu’à Clisson en 2022 ce fut une claque monumentale qui va se reproduire en 2026. Le groupe New-Yorkais c’est d’abord et avant tout celui du phénoménal bassiste-hurleur Harley Flanagan qui reste le seul membre originel à ce jour. Le quartet fête ses 45 ans de carrière avec des changements de Line-Up incessants et impossibles à décrire ici. Le style reste très Hardcore mais avec des touches de Metal de plus en plus prononcées. Certains auront été surpris de voir Harley s’échauffer avant le Set sur la scène et en plein cagnard avec des dizaines de pompes. Il faut bien s’entretenir mais là ça frise l’inconscience. Comme de coutume, l’essentiel de la Setlist va s’appuyer sur le légendaire tout premier album de 1986 « The Age Of Quarrel ». Des titres comme « Hard Times », « Malfunction », « World Peace » ou « We Gotta Know » restent des classiques du genre et ils prennent tout leur sens sur scène notamment grâce à la fougue de Harley. Toujours un grand moment en compagnie du quartet américain !
Direction la MS2 pour les incontournables Anthrax. Ce sera mon 9ème de ces éminents membres du « Big Four » en 40 ans et mon 4ème dans le cadre du Hellfest. Première surprise, je ne vois pas Charlie Benante derrière les fûts. Il semble qu’il se soit blessé depuis peu à la main droite. Il est remplacé par Darby Todd qu’on a pu voir avec Devin Townsend, The Darkness et même Martin Barre de Jethro Tull. Les autres membres habituels du combo sont bien là à commencer par le guitariste fondateur Scott Ian, le bassiste Frank Bello et le vocaliste Joey Belladonna. Le second guitariste est Jonathan Donais depuis 2013. Le quintet New-Yorkais va nous offrir un Best Of de ses 45 années de carrière sous un soleil toujours bien présent en ce début de soirée. De « Among The Living » à « Indians » en passant par l’incontournable reprise de Trust « Antisocial », celle de Joe Jackson « Got The Time », « Madhouse » ou encore « Caught In A Mosh », Anthrax régale nos esgourdes et le public est aux anges…
Je me décale de quelques mètres pour assister au concert de A Perfect Circle sur la MS1. Étonnant de retrouver ce groupe d’Art Rock quelque peu intello entre 2 des piliers du Thrash US à savoir Anthrax et Megadeth mais après tout pourquoi pas ! J’ai eu la chance de voir Tool plusieurs fois, notamment à l’Arapaho en 1994 (histoire de faire rager les fans !), mais jamais APC pourtant mené de main de maître par le même Maynard James Keenan. L’autre membre fondateur, le guitariste-compositeur-producteur Billy Howerdel, est bien évidemment présent également mais il ne m’a pas semblé distinguer James Iha, ex-Smashing Pumpkins et aux guitares en temps normal. Josh Freese et Matt McJunkins complètent la formation à la section rythmique. Le Show est réduit à son strict minimum avec le logo du groupe et des images furtives de ses membres à l’occasion sur les écrans. Maynard est comme toujours en retrait sur la scène et les autres musiciens sont concentrés sur leurs instruments. L’ambiance est apaisante après le bruit et la fureur des autres combos du jour. Les Californiens vont piocher dans leurs 4 albums sortis depuis 2000 pour nous proposer une Setlist de rêve pendant les 80 minutes de leur superbe prestation. J’ai tellement aimé que je me demande si je ne vais pas retourner les voir au Zénith dans quelques jours !
Autre moment émouvant de cette édition 2026 du HF, après ceux de Sepultura, ce seront les adieux à la scène de Megadeth. Ce sera mon 12ème (dont 6 au HF) de Dave Mustaine et sa bande depuis 1992. Autant dire que je suis très attaché à ce pionnier du Thrash tout comme ceux qui se pressent devant la MS2. Autour de Dave il y a James LoMenzo à la basse depuis 20 ans, Dirk Verbeuren qui fête ses 10 ans derrière les fûts et le « petit nouveau » depuis 2023, Teemu Mäntysaari à la guitare. Le quartet est en grande forme même si Mr Mustaine commence à accuser un peu le poids des tournées incessantes et il va pouvoir profiter d’une retraite méritée. Hormis les 3 titres issus de l’ultime album studio éponyme sorti en début d’année, les 12 autres seront piochés dans la discographie du siècle dernier. Ce seront d’ailleurs un peu toujours les mêmes que sur les tournées précédentes car Dave sait bien que les fans veulent entendre ceux-là. Le refrain en français de « A Tout Le Monde » sera repris à l’unisson par la foule. Les extraits de « Countdown To Extinction », l’album le plus vendu de Megadeth, obtiendront comme toujours un succès mérité, notamment « Symphony Of Destruction » qui reste une pièce maîtresse de l’œuvre des Californiens. Il y aura aussi la traditionnelle venue sur scène de Vic Rattlehead avec sa valise pleine de Dollars pour « Peace Sells… ». Et puis le très attendu « Holy Wars… The Punishment Due » pour clore ce moment d’émotion et de nostalgie… Bon vent Dave !
J’avais découvert Limp Bizkit en 1998 à l’Élysée Montmartre en 1ère partie de Soulfly mais je n’en garde aucun souvenir, ni bon ni mauvais. J’ai donc voulu voir ce que pouvait donner le groupe américain sur scène en 2026 mais le massacre d’entrée de jeu du « Faith » de George Michael m’a fait prendre mes jambes à mon cou…
Suite au désistement de Volbeat pour cette édition du HF, ce dont je ne me plaindrai pas bien au contraire, c’est Behemoth qui passe de Temple à la MS2. Et c’est parti pour un des meilleurs moments du festival. Les Polonais vont nous en mettre plein les yeux et les oreilles. A titre personnel je les ai découverts tardivement, au Hellfest de 2010, et j’avais alors été très impressionné par leur Show. Revus en 2014 dans ce même festival, puis à l’Empreinte de Savigny la même année dans un cadre plus intime, et de nouveau à Clisson en 2017 (HF) et 2019 (Knotfest). Toujours des grands moments et ce 6ème rendez-vous sera sans doute le plus impressionnant. Negal, Inferno, Orion et Seth vont piocher leur Setlist notamment dans leur dernier album studio « The Shit Ov God » mais revisiteront également des titres plus anciens et incontournables comme « Ov Fire And The Void », « O Father O Satan O Sun ! » ou encore le superbe « Blow Your Trumpets Gabriel ». Malgré l’heure tardive, ambiance de folie dans la fosse. Les effets pyrotechniques sont nombreux et se marient avec ceux du festival pour un ballet de flammes infernal… Il fallait être à cette cérémonie envoûtante de Blackened Death Metal en ce samedi soir !
Dimanche
Dimanche sera la journée la plus chaude du festival et les organismes déjà mis à rude épreuve auront bien du mal à terminer sereinement cette édition 2026. Je commence de ce fait les hostilités à l’heure du goûter avec les Buzzcocks sur la Warzone. Je n’ai jamais eu l’opportunité de voir ces parrains du Punk Rock auparavant et je vais réparer de ce pas cette anomalie. En effet le groupe de Steve Diggle fête son demi-siècle et il n’est pas sûr qu’il ne raccroche pas les gants dans un futur proche. Il en est le seul membre originel et les autres musiciens sont arrivés Post-2000. Les compos sont Punk bien sûr mais avec une petite touche de Pop qui les rend irrésistibles, un peu dans l’esprit des Damned. Leur principal succès « Ever Fallen In Love (With Someone You Shouldn’t’ve) » date de 1978, écrit par Pete Shelley qui avait fondé le groupe avec le génial Howard Devoto (futur Magazine). Ironie du sort c’est pendant ce morceau que le courant va sauter sur La Warzone, ruinant quelque peu l’effet du « tube » et la fin du Set. Bien content néanmoins d’avoir enfin pu les apprécier en Live grâce au HF…
Je continue à la Valley avec Eyehategod. Voilà un groupe que j’ai découvert lors de mon premier Hellfest en 2009 et qui m’avait tout autant bluffé que Behemoth dans un genre différent. Le quartet vient de La Nouvelle-Orléans et pratique un Sludge pur et dur. Ils en sont d’ailleurs un des pionniers. Le Set sera lourd et intense devant un public médusé par tant de noirceur. Il y a du Sabbath là-dedans et on pense aussi à Saint Vitus ou à Corrosion Of Conformity et Down qui joueront d’ailleurs sur cette même scène ce dimanche soir. Le guitariste d’Eyehategod Jimmy Bower rejoindra d’ailleurs Down à la batterie un peu plus tard dans la soirée. Une affaire de famille en quelque sorte…
Petit retour à la Warzone pour voir Circle Jerks. Voilà un groupe dont la carrière est loin d’avoir été un long fleuve tranquille depuis 1979. On retrouve les 2 membres fondateurs, le chanteur aux Dreadlocks Keith Morris et le guitariste Greg Hetson. Il y a aussi Zander Schloss à la basse qu’on a vu notamment aux côtés de Joe Strummer et Joey Castillo qui a officié derrière les fûts avec Queens Of The Stone Age et bien d’autres. Le combo nous vient de Los Angeles. Keith fut le chanteur de Black Flag et Greg le gratteux de Redd Kross puis par la suite de Bad Religion. Mr Morris, qui est très bavard, va d’ailleurs en préambule nous faire un récapitulatif exhaustif de la scène Punk californienne de l’époque qu’il serait trop long de reproduire ici. Il se décidera enfin à chanter au bout de longues minutes mais continuera à déverser sa logorrhée tout au long du Set à tel point que ça en deviendra pénible et surtout terriblement convenu. On avait envie de lui dire « Shut Up And Play » ! Pas mal de titres du tout premier album « Group Sex » (1980), le plus culte des Californiens… Mais aussi des reprises de Black Flag en hommage au premier groupe de Keith et celle survitaminée de Garland Jeffreys « Wild In The Streets ». Si Keith avait pu nous saouler un peu moins le concert eut été parfait !
Avec Corrosion Of Conformity, pas de parlotte inutile. Le groupe s’empare de la Valley pour 1 heure de Stoner/Sludge/Southern Rock décapant. Le seul membre originel, présent depuis 1982, est le Lead Guitarist Woody Weatherman. Mais celui qui retient toute l’attention c’est le chanteur-guitariste Pepper Keenan, arrivé en 1989. Il est aussi un des fondateurs de Down avec Phil Anselmo et va donc fouler la Valley 2 fois ce soir. La section rythmique est toute récente. C.O.C. je les avais découverts en 1995 au Printemps de Bourges, en 1ère partie de Megadeth mais j’avoue bien volontiers avoir nettement préféré le groupe de Dave Mustaine. Revus avec Metallica à Bercy en 1996 et là je les avais trouvés très convaincants. Plus récemment je les ai retrouvés au Petit Bain parisien en 2023 et ce fut relativement moyen. Ce concert à la Valley en 2026 se révélera être un excellent cru grâce à une super Setlist basée sur le tout nouvel album « Good God/Baad Man » qui s’avère excellent mais aussi sur celui de 1994 « Deliverance » qui contenait des brûlots comme « Albatross » ou « Clean My Wounds » joués tous les 2 au rappel ou encore les bien Heavy « My Grain » et « Senor Limpio ». Beau moment en compagnie des Américains…
Agnostic Front je les avais découverts sur scène au Hellfest en 2010 et j’en garde un très bon souvenir. Je suis retourné les voir cette année au Forum et je dois dire que le Show de la Warzone sera assez proche de celui de Vauréal. Le guitariste Vinnie Stigma et le chanteur Roger Miret sont toujours fidèles au poste, depuis la création du combo de Hardcore New-Yorkais au début des années 80, et ne semblent pas trop gênés par la chaleur qui reste étouffante en ce début de soirée. Pas mal d’extraits du tout dernier album « Echoes In Eternity » sorti l’année dernière mais aussi du toujours apprécié premier opus « Victim In Pain » de 1984. A titre personnel je suis toujours très amateur du puissant « Matter Of Life & Death » et du sombre « Way Of War » ainsi que des classiques « Victim In Pain » et « Your Justice ». Je ne suis pas un grand fan des Ramones mais la reprise du « Blitzkrieg Bop » par AF vaut largement le détour sans compter celle de Iron Cross « Crucified » qui obtient un franc succès !
Le groupe suivant, The Hives, qui se produit sur la MS1 va être mon coup de cœur de la journée de dimanche. Je ne connaissais pas du tout ces Suédois et je suis allé les voir par curiosité quand j’ai su qu’ils étaient les auteurs du génial « Hate To Say I Told You So » ! Le quintet est composé des frères Almqvist, Per alias Howlin’ Pelle au chant et Niklas alias Nicholaus Arson à la Lead Guitar, Vigilante Carlstroem à la rythmique, Chris Dangerous à la batterie et The Joan And Only à la basse. Il s’est formé en 1993 et propose un Garage Punk Rock revigorant. En 1 heure et 1 douzaine de titres il va retourner la Mainstage. Il faut dire que Per sait se mettre le public dans la poche avec des formules bien senties et toujours bourrées d’humour sarcastique, un peu à l’instar de Jesper Binzer de D-A-D. Son Running Gag « Mesdames… Messieurs… Mesdames, Messieurs et les autres » m’a beaucoup fait rire. Les compos sont d’une efficacité redoutable, notamment celles du dernier album « The Hives Forever Forever The Hives » comme « Enough Is Enough » qui ouvre le Set, le très accrocheur « Legalize Living » ou « Paint A Picture » que ne renierait pas The Darkness ! Bref on ne s’ennuie pas une seconde avec les Hives et je me réjouis d’avoir fait la connaissance de ce combo…

Je fais un petit tour à Altar où je ne suis pas encore allé pour voir mes chouchous de Napalm Death mais c’est blindé et il y fait bien trop chaud. D’autant que le son de Bad Omens couvre celui de NND dès que l’on s’installe devant le chapiteau. Il faudra bien qu’un jour le Hellfest règle ce problème.
Petit crochet par la Warzone pour The Adicts, le groupe Punk-Rock des années 70 avec son Look à la Orange Mécanique. C’est sympa, plutôt festif mais ça tourne un peu en rond et ça sonne quelque peu daté.
Je rejoins donc fissa la Valley pour le très attendu Set de Down. Voilà un groupe que j’ai vu maintes fois au Hellfest notamment pour ma 1ère édition en 2009, puis en 2011, 2013 et en 2022. Toujours adoré ce supergroupe de Sludge. Composé de Phil Anselmo de Pantera qui semble avoir retrouvé une certaine virginité auprès de l’équipe du festival, Pepper Keenan vu quelques heures auparavant avec Corrosion Of Conformity sur cette même scène et Kirk Windstein, Pat Bruders et Jimmy Bower de Crowbar… La Setlist va faire la part belle au premier album du collectif « NOLA » de 1995 qui fête donc ses 30 ans. Phil est en grande forme, il est toujours pieds nus et sa voix a retrouvé quelques couleurs par rapport à son passage avec Pantera à l’Adidas Arena l’année dernière. Les guitares de Pepper et Kirk sont acérées et les riffs sont au moins aussi lourds que ceux de Trouble ou Saint Vitus. Et je n’oublie pas la rythmique pachydermique de Pat Et Jimmy qui s’en donnent à cœur joie. A la fin du Set ce seront les musiciens de COC qui viendront prendre le relais de ceux de Down pour un final apocalyptique qui clôturera cette édition 2026…
On apprendra juste après que celle de 2027, la 20ème, sera encore plus spectaculaire avec plus de 300 groupes et 4 scènes de plus, amenant le total à 10. Autant dire que cet anniversaire du Hellfest est d’ores et déjà très attendu par les Métalleux…