Alex Mitram Interview Exclusive de : Franck Michaud (dans The Metal Mag n°35)


The Metal Mag : Comment es-tu devenu photographe ?
Alex Mitram : Je suis devenu photographe par un heureux hasard… J’ai juste participé à un club photos en colonie de vacances, dans un centre de loisirs  »Des enfants du métro » à Poiseux dans la Nièvre en… 1974 ! Ce qui a vraiment déclenché cette vocation… J’aimais déjà la photographie, mon père était aussi un grand passionné averti, il nous prenait toujours en photo lors de Pic Nics et de sorties quand nous étions enfants, mes frères et ma sœur, et depuis mes 7 ans environs, étant un garçons sage à l’école (et en général), j’avais des images en bons points, puis comme j’étais déjà aussi un grand collectionneur, pour rêver et m’évader du quotidien de ma vie d’enfant, toutes mes images collectées, je les collais dans des cahiers à thèmes, genre : animaux, avions, bateaux, footballeurs, motos, voitures, dessins animées comme : Asterix, Le livre de la jungle, Bambi, Félix le chat de Disney, et aussi les albums Panini avec diverses images autocollantes, mes petits frères étaient fans, de Stars War, Albator, etc. Choses qui se faisaient beaucoup à mon époque, c’est revenu quelques années après dans les années 80, quand mes enfants sont nés, je leurs ai donc transmis cette passion très jeune avec des albums comme : Dragonball Z, Les chevaliers du Zodiac, Les tortues Ninja, Pikachu, etc. Avec les Smartphones, mes enfants n’arrêtent pas de faire des photos et des vidéos, les bienfaits des nouvelles technologies… Mdr !

Bref, l’image est une entité très importante pour moi. Faire des images m’a apporté une immense passion qui perdure aujourd’hui et que je transmets aux nouvelles générations. Parce que je suis très pédagogue, j’ai formé beaucoup de personnes à la photographie… Qui sont devenus des pointures !

The Metal Mag : Quel était ton premier appareil ? L’as-tu toujours ?
Alex Mitram : Mon premier appareil photo était un Instamatik Kodak en plastique que je planquais dans mon slip pour rentrer dans les concerts, je ne l’ai plus hélas, mais j’ai une belle collection d’appareils photos depuis des années avec plusieurs Instamatiks Kodak, des Polaroids, etc. Mdr !

The Metal Mag : As-tu toujours voulu faire de la photo ? Es-tu allé dans une école ?
Alex Mitram : Non, je n’ai jamais été dans une école de photographie, ma mère, nous élevant seule, n’avait pas les moyens de nous payer pour mes frères et moi, une école privée, ou une école de beaux-arts, comme je l’aurais souhaité, vu que j’étais aussi bon en dessin… Mes cahiers d’écolier, étaient remplis de dessins, de logos des groupes que j’adorais, de croquis divers et bien entendu des tonnes d’images… Comme je te le disais juste avant je suis devenu photographe par un heureux hasard…. J’ai participé à des clubs photos en colonies de vacances (1974, 1975), à des camps d’ados en Corse (1976, 1977), et à un stage audiovisuel de perfectionnement en automne 1977 pour devenir animateur spécialisé, pour apprendre aux enfants l’art de la photographie et transmettre cette fabuleuse passion… Mais comme je suis un grand curieux de nature, je suis d’autant plus un autodidacte déterminé, donc quand j’aime quelque chose, j’apprends vite les trucs qu’ils faut pour enrichir toutes les choses qui me passionnent.

J’ai surtout fait l’école de la rue avec mes amis Joël et Paul. Paul est devenu mon associé en 1984, avec qui nous partagions une passion commune dès 1977 ! Et comme je suis un  »Musicmaniac » et batteur percussionniste dans l’âme, j’ai toujours voulu ramener des souvenirs en images de tout ce que j’aimais. Je n’ai pas commencé la photographie pour la musique qui était déjà une grande passion familiale, mais pour une autre grande passion, la course automobile, et les Concepts Cars aux salons de la place de Bastille (là où est l’Opéra maintenant) puis aux divers salons de la porte de Versailles de Paris… Je voulais être un pilote de Formule 1 et de Stock Cars, j’ai fait des études de mécanicien auto pour le devenir, j’ai fait mes études de mécanicien auto au Garac à Argenteuil par exemple. En même temps, je suis allé à des tas de concerts. C’était aussi pour voir les plus grands batteurs du monde, pour leurs gros Kits de batterie, ainsi que leurs différents styles et plans, vu que je devenais aussi batteur percussionniste, comme mon père. Après avoir débarqué à Vitry-Sur-Seine au Lycée Rabelais, mes potes voulaient monter un groupe de Punk Rock… Notre premier groupe s’appelait Pistols 94, il ne faut pas oublier que nous sommes en 1977, l’année du règne des Sex Pistols et de mon indépendance, surtout au niveau du Look mdr !

The Metal Mag : Tu es depuis longtemps le photographe de plusieurs magazines Rock et Metal, as-tu eu un groupe ? Joues-tu d’un instrument ?
Alex Mitram : Je ne suis plus le photographe de plusieurs magazines Rock et Metal depuis bien longtemps. Il y a de nombreux magazines qui ont disparu de la circulation, sauf qu’il y a encore, via nos agences photos des clients qui peuvent utiliser, au coup par coup, mes nombreuses archives de Rock et de Metal. Je suis juste maintenant photographe de mon propre magazine : Tv Rock Live magazine, son site complémentaire et je bosse toujours pour des agences de presse, voire quelques artistes qui m’en font la demande… Comme je te le disais juste avant je suis devenu photographe par un heureux hasard….

Au niveau instruments, au départ, je voulais faire de la guitare acoustique et surtout de la basse car cet instrument vibrant m’obsédait beaucoup (mdr) ! Mais comme il y avait déjà dans mon premier groupe, un bassiste, un guitariste, un chanteur, tous équipés, mais pas de batteur, je suis donc devenu batteur par défaut, mais avec le sens du rythme déjà entendu dans le ventre de ma mère chanteuse, vu que mon père était aussi un grand batteur, percussionniste averti dans le groupe du fameux : Guy Fanfan, le père de Thierry (bassiste) et Jean-Philippe Fanfan (batteur Tv) qui ont eu, par la suite, une bien belle carrière artistique… Le piano aurait été un autre instrument qui me faisait aussi vibrer, ma tante, ma cousine, ma sœur et mon petit frère, en jouaient avec talent, mais à l’époque de mes premiers groupes ce n’était pas trop à la mode (ptdr) !

Je devenais donc batteur percussionniste comme mon père, j’ai participé à plusieurs groupes inconnus Pistols 94 (1977), quelques autres sans noms de 1978 à 1982, The Torschs (1982) avec mes frères multi-instrumentistes, et mon cousin Eric Siger  »le Stanley Clarke Français à la basse » et lui aussi multi-instrumentiste, avant de devenir au même moment, photographe. D’abord pour Enfer Magazine en 1983, ce qui m’a fait quitter le groupe et les baguettes, un tant soit peu, puis Metal Attack Magazine, en 1984, où j’étais l’iconographe et le photographe principal, Hard Rock Magazine de 1985 jusqu’en 1998, de temps en temps avec mes archives et pour aider les photographes maison comme : George Amann, Jean-Pierre Sabouret, Marc Villagonga qui eux ne pouvaient pas être partout, Hard Force Magazine, puis beaucoup d’autres magazines musicaux en même temps comme : Guitare et claviers magazine, Guitarist Magazine, Guitar Part, Batteur Magazine, etc. via ma première agence photo Intervision que nous avons montée avec mon frère de sang Paul Frati, en janvier 1984 après l’aventure Enfer Magazine. J’aurais préféré des magazines autos ou motos, mais hélas, je n’ai pas eu cette opportunité-là….

The Metal Mag : As-tu rencontré ton groupe préféré ? Lequel était-il ? Dirais-tu que les musiciens sont différents ?
Alex Mitram : Ah, bordel la question qui tue ! Cette grande question est très difficile à répondre, car j’aime énormément d’artistes et effectivement, j’ai eu cette chance de rencontrer tous les groupes que j’ai adorés, sauf John Bonham mon batteur préféré de l’époque, John Paul Jones. Je suis un grand fan de Led Zeppelin depuis le début ! Ainsi que Neal Peart le fameux batteur percussionniste et Leader de Rush ! Et pour te répondre au niveau des grands artistes que j’ai aimés et rencontrés de très près : Jimmy Page, un grand moment pour moi et un grand honneur au Monsters Of Rock en 1990, Geedy Lee et Alex Lifeson (Rush), mais aussi tout : Kiss, Deep Purple, Rainbow, AC/DC, Whitesnake, Phin Lizzy, Phil Lynott, Ozzy, Dio, Vinny Appice des Black Sabbath, Scorpions, Iron Maiden, Def Leppard, Aerosmith, Van Halen, Bon Jovi, Motorhead, Metallica, Testament, Twisted Sister, Queenryche, Dream Theater, Steve Lukather de Toto, tout : Saga, Genesis, Pink Floyd, une partie de Yes, Dan Reed sans son Network, Billy Cobham, Simon Philipps, Jonathan Mover, Stanley Clarke, Marcus Miller, Start Hamm, Rock Voisine.  Coté femmes de talent : Lee Aaron, Lita Ford, Vixen, Tarja, Sharon Den Adel (Within Temptation). Enormément d’artistes français comme : Manu Katché, Trust, Warning, Attentat Rock, Stock, Ocean, Téléphone, Sortilège, H Bomb, Wishcraft, Strattson, Satan Jokers, Johnny Hallyday, David Hallyday, Sylvie Vartan, Henri Salvador, Pascal Mulot, Patrick Rondat… Pour ne citer que ceux qui me viennent instantanément en tête ici… Ils y en a tellement eu dans ma carrière artistique, qu’il te faudrait autant de pages d’un dictionnaire pour cette Interview (mdr) !

Ils sont tous très différents et c’est ça, justement qu’est cette formidable richesse, dans le Music Business que j’adore ! J’aime les musiciens de talents, et il y en a des tonnes depuis les années 60 ! En… 1969, tout petit déjà, j’étais sur les plateaux Tv avec mon Oncle Jojo, pour voir tous les artistes de la variété française au Kremlin Bicêtre, juste tout près de chez moi à Gentilly, j’avais à peine 9 ans et déjà vu beaucoup de concerts et d’artistes de talents via mon père, chaque été depuis avant ma naissance… Le virus était déjà dans le fruit (ptdr) ! Je suis tombé dans la marmite dès que ma mère a accouché de moi (mdr) ! Tout le milieu artistique des années 60 à nos jours ont fait ce que je suis devenu aujourd’hui.

The Metal Mag : Comment as-tu trouvé l’avancement de la technologie ? Intéressante ?  Tu t’y es mis facilement ? Le numérique comparé au développement…
Alex Mitram : Je trouve ça très intéressant, bien entendu… J’ai toujours aimé, par exemple, la Science-Fiction, l’anticipation dans les livres ainsi qu’au cinéma, et les nouvelles technologies qui apportent beaucoup de bonnes choses. C’est ça l’évolution, en référence et en hommage au fameux film de Stanley Kubrick  »2001 l’odyssée de l’espace » que j’ai pu voir dès sa sortie grâce à mon prof de math de l’époque du lycée Rabelais à Vitry-Sur-Seine !

Mais cependant pour te dire la vérité vraie, comparée au développement argentique que tu veux me faire parler, j’ai eu un mal fou à la photographie numérique, vu que l’argentique était vraiment une fabuleuse aventure pour moi et mon associé Paul Frati,… Mais un jour le numérique a supplanté l’argentique et donc je m’y suis mis comme tout le monde, progressivement, mais sûrement.

J’ai appris tous sur l’argentique et toute la charte graphique qui y est liée. Mon expérience personnelle vient de là. Puis, le numérique m’a permis de faire énormément de choses tout seul, comme pour la technologie des Home Studios pour les musiciens, par exemple, ou les ordinateurs qui ont envahi toutes les maisons du monde. On le voit bien là, avec le…  »Putain de Coronavirus », tout le monde est derrière son écran pour communiquer. Au début, tout était super cher, donc je n’ai pas pu mis mettre tout de suite, mais quand le matériel devenait de plus en plus abordable, là j’ai foncé… @ donf dedans !

Nous en sommes là, aujourd’hui. Tout est pratiquement devenu numérique avec des applications extraordinaires qui facilitent la vie aux photographes entrepreneurs comme moi, le Business et les échanges humains encore plus rapidement ! Pour mes développements personnels et professionnels, nous en sommes à la milliseconde près… Là, c’est un sacré avantage pour mes archives et mes diverses productions numériques maintenant. Personne n’aurait pu prévoir une aussi grande évolution.

The Metal Mag : As-tu toujours ta chambre rouge avec tes équipements ? Tu vends tes photos en ligne donc je suppose que tu continues ?
Alex Mitram : Oui dans mon garage, j’ai encore mon agrandisseur, mes bacs, mes pinces en métal inoxydable, et beaucoup de matériel Collector de développement. C’est juste sentimental, comme mes batteries, sauf les deux premières (mdr) !

 »Je continue bien entendu, car la musique, c’est ma vie, la musique m’a sauvé la vie, elle m’a fait tenir sur tous les gros coups durs que j’ai eus pendant mon existence. Sans la musique je suis mort ! Je ne fais rien sans musique »… En ce moment, je travaille sur mes archives pour nos différents sites et je revis tous mes excellents moments en musique, et c’est formidable avec cette nouvelle technologie, je ne vieillis pas une seule seconde, je rajeunis même et en plus ça vend bien donc… Houpi mdr !

The Metal Mag : Tu as plusieurs sites, un avec ta passion de la photo et un autre avec un Webzine. As-tu une équipe depuis longtemps ? Peux-tu nous parler de ces activités…
Alex Mitram : Là pareil, c’est une très longue histoire qui commence en 1977 et qui n’est pas encore finie mdr ! Donc oui, j’ai plusieurs choses en ligne : Tv Rock Live mon média perso, Fastimage notre agence de presse avec Paul Frati depuis 2005 après l’aventure Intervision en 1984/2005, et des rigoureux partenaires avec l’agence Dalle depuis 1985, l’agence Pressbackstage et enfin Wallbackstage, ou il y a une grosse sélection d’images historiques et souvent inédites depuis 2016.

Tout ça ne se fait pas tout seul.  J’ai eu plusieurs équipes que j’ai coordonnées, structurées avec le temps et beaucoup de rencontres humaines dans les concerts justement. J’ai beaucoup de partenaires de talents et beaucoup d’amis fidèles qui m’ont suivi, car ils ont cru en moi dès le départ et ils ont senti ma détermination contre toutes adversités, tout en positivant… Tout ce que peuvent faire d’autres personnes, je peux le faire, si je me bouge le cul et si je travaille très fort pour y arriver… Rien ne m’a été donné, j’ai pratiquement tout forcé et j’ai obtenu pleins de choses que je ne me croyais pas capable d’accomplir, donc je crois plus en moi depuis plusieurs années d’expériences et de risques personnels.

Pour moi l’argent n’est pas mon but ultime, c’est juste un véhicule qui me permet d’avancer plus vite, mais sans argent, j’ai pu prouver et me prouver aussi que tout peut être possible, si on s’en donne vraiment la peine…  Avec beaucoup de patience et de détermination on peut y arriver… Par exemple, notre première agence, Intervision en 1984, a été créée, grâce aussi à la vente de ma deuxième batterie, une superbe Singerland grise métallisée, de ma première chaîne Hi-Fi et de ma moto 125 cc XL Honda, choses que j’avais eu du mal à acquérir avec mes premiers salaires en intérim et mes premiers boulots en tant qu’animateur au centre de loisirs de Vitry-Sur-Seine. J’ai vendu mes objets personnels pour cet autre rêve qui est devenu quelque chose de très important dans ma vie artistique. Avec mon ami Paul Frati, nous sommes partis de rien pour faire quelque chose de plus grand. J’ai encore maintenant des tonnes de projets dans mes ordinateurs et je sais avec quelle équipe, je vais les réaliser, et surtout, si le Coronavirus nous fout la paix un jour (mdr) !

The Metal Mag : A part la photo et la presse, as-tu d’autres compétences telles que le Webdesign ? Tu as dû te mettre à l’informatique depuis longtemps ?
Alex Mitram : Je crois que j’ai toujours classé quelque chose dans ma vie et très tôt avec mes cahiers d’écolier, donc quand l’informatique est arrivée au bureau, c’était pour classer des noms d’artistes en ordre alphabétique, des textes, des articles, des Interviews, du courrier, des chansons, des nouvelles de Science-Fiction que je recopiais de mes carnets de notes, et surtout de l’organisation bureautique de l’agence. Avec Intervision, nous avons commencé vers 1985 avec des traitements de textes avec des disquettes et des Putains !… De codes mdr !

Donc ça me faisait vraiment chier et je m’en servais juste comme machine à écrire, mais quand Paul a acheté, pour notre société, un ordi avec une sourit, là ça a été le commencement de la fin pour mes neurones ! Là, j’avais le bon outil au bon moment, au bon endroit, nous évoluons un peu plus vite, j’avais 10 idées à la minute et nous avons fait évoluer Intervision avec les machines pour classer toutes nos archives ainsi que celles de nos photographes maison. J’ai donc évolué avec les machines du moment ainsi que le matos photo, et j’ai pu avec tout ça créer ma première maquette de magazine en 1998 ! Puis en 1999 mon propre site, en 2000 mon premier magazine avec son site, etc. Je suis devenu directeur artistique, graphiste, coordinateur, scénariste, inventeur, créateur, en plus d’être photographe, agent commercial, iconographe, gérant, etc. Grâce à l’informatique qui me passionne aussi depuis toujours…

The Metal Mag : As-tu travaillé pour plusieurs magazines en dehors de la France ? Beaucoup ont disparu…
Alex Mitram : Oui, avec une grande fierté, comme, par exemple : Burrn! au Japon, Kerrang!, Metal Hammer en Angleterre, Shark, Metal Hammer, Rock Hard en Allemagne, en Espagne, en Italie, aux USA, même en Russie et beaucoup d’autres magazines qui ont disparu, via l’agence Dalle qui nous vendait bien à l’étranger et Intervision au coup par coup chaque année. Par exemple, je me souviens que Shark a disparu rapidement en Allemagne. Les autres près cités sont toujours en place, mais nous prennent beaucoup moins d’images, car le Hard Rock/Metal n’est plus à la mode… Mais ça va revenir (mdr) ! Je travaille beaucoup avec Batteur Magazine depuis le début, mais pas aussi régulièrement que je le voudrais, car je n’ai plus vraiment le temps d’aller faire les batteurs en sessions photos, aussi souvent qu’il le faudrait…

The Metal Mag : La majorité des photographes sont pour beaucoup dans les concerts, l’as-tu fait ? Quel est ton avis sur la question ?
Alex Mitram : Oui là, je ne peux vraiment pas te dire le contraire, j’ai fait beaucoup de concerts, avec beaucoup de confrères de talents ! Alors pour moi, ma particularité, c’est que j’aime la musique vivante, donc en  »Live » ! Tous les vinyles que j’achetais à l’époque de mon adolescence, c’était des  »Live »,  »Live In Japan » de Deep Purple,  »The Song Remain The Same » de Led Zeppelin,  »Kiss Alive » de Kiss,  »Tokyo Tapes » des Scorpions,  »Live Killers » de Queen,  »Live Dangerous » de Thin Lizzy, sont des albums incontournables pour moi, donc oui je suis rapidement venu voir des concerts avec un appareil photo pour emporter des tas de souvenirs… C’est devenu ma spécialité, ma maladie bien sûr, c’est grâce à ça que j’ai pu rentrer dans l’équipe d’Enfer Magazine, par exemple, mais j’ai fait beaucoup d’autres choses en photographie même du mariage, du scolaire, de la nature morte, du studio, des sports mécaniques, etc. C’était surtout pour enrichir mon expérience personnelle, je voulais tout faire,  »mais on ne peut pas tout faire », donc une fois que j’avais acquis une bonne technique, j’en apprenais une autre aussi tôt que possible mdr ! La photographie rassemble toutes mes nombreuses passions… C’est un gros virus qui coûte très cher… Mdr ! Donc j’ai eu la chance de rentabiliser assez tôt cette dévorante passion.

The Metal Mag : Tu as du voyagé pour les photos ? Es ce qu’on te donne des Pass pour aller à certains événements en tant que photographe ou c’est toi qui t’occupes de tout ?
Alex Mitram : J’ai pas mal voyagé pour ma passion musicale et je n’ai pas su profiter des opportunités de faire des images de voyages ou très peu, car j’allais surtout pour voir mes artistes préférés et les pellicules coûtaient très cher à l’époque, le matos aussi, il fallait être rapidement bon, donc j’étais limité au niveau images de voyages, mais oui j’ai beaucoup voyagé en Europe, pour faire des tonnes de photos d’artistes internationaux, chaque été aux différents festivals, en Angleterre : les fameux Monsters Of Rock Open Air Festivals au circuit Castle Donington (de 1984 à 1996), en Allemagne avec les Monsters Of Rock (dès 1988), le Wacken Open Air Festival en 1999, en Hollande, le Dynamo Open Air Festival, Le Paradiso d’Amsterdam, en Belgique, Le National Forrest pour voir tous les groupes qui ne passaient pas en France ou évitaient La France comme : Led Zeppelin, Rush, Twisted Sister, Whitesnake, etc.

Je partais à l’étranger pour amener des nouvelles images pour Enfer Magazine, Metal Attack Magazine, Hard Rock Magazine, mais surtout dans toute La France pour différents groupes, même les Canadians Chippendale, pour les producteurs du salon Erotica, c’est vous dire mdr ! Généralement, c’était moi qui demandais des Pass Photos pour les magazines avec qui nous travaillons et certaines fois, c’était eux qui nous faisaient les propositions, mais en général, je gère moi-même tous les événements que j’ai voulu ou veux faire… C’est beaucoup plus difficile depuis des dizaines d’années environ… Sauf que dans le milieu, je connais beaucoup de monde maintenant, donc ça aide parfois… Depuis quelques années je ne voyage plus beaucoup vu que ce n’est vraiment plus rentable pour nous et que surtout nous avons des bons photographes qui produisent dans chaque pays important.

The Metal Mag : Parles nous un peu de TV Rock Live, est-ce ton entreprise ? Vu le nombre de gens que tu as croisés, dirais-tu que cela aide pour les pubs et autre ? Plus facile malgré la concurrence ?
Alex Mitram : Non TV Rock Live est une création réalisée avec des partenaires de talents, ma société ABDP Éditions est une entité collective que je gère seul et il y avait quelques Business qui y étaient liés, nous éditons Tv Rock Live magazine avec la société mais le mag et son site peuvent être édités par d’autres sociétés vu que le nom est ma propriété privé depuis quelques années déjà. Tv Rock Live magazine est la suite logique de mes différentes expériences passées, avec mes différents projets d’éditions que j’ai pu sortir avec d’autres partenaires, mais là encore, c’est une longue histoire en dents de scie… Pour faire court, je coordonne tout et je gère les choses au fur et à mesure de l’actualité des différents événements depuis… 1998 et Tv Rock Live magazine depuis janvier 2010… Bref ! Oui ça aide pour la publicité dans les magazines, si tu sors régulièrement, tu auras automatiquement de la pub, surtout si tu te bouges, encore une fois le cul ! Rien ne viendra, si tu ne vas pas les chercher là où il faut… Et là, c’est toute une organisation avec les bons partenaires. En résumé, plus tu as de contacts plus tu peux avoir de la pub. Si tu es bon et que tu fais un bon produit, la concurrence restera derrière !

The Metal Mag : Travailles-tu pour ABDP Editions ? Comment as-tu eu le contact pour imprimer tes magazines ? Comment fais-tu pour l’avoir gratuitement dans plusieurs points de vente alors que de grands groupes gèrent La France entière ?
Alex Mitram : ABDP Editions, c’est moi et mes partenaires, les contacts pour imprimer sont sur Internet, tu Googolises et tu en as une palanquée ! Pour Tv Rock Live magazine, c’est une amie et son mari qui ont trouvé les meilleurs qualités/Prix pour nos impressions en Allemagne, car ils ont des relations régulières avec différents imprimeurs sérieux, c’est leurs métiers. Moi, je m’occupe de la distribution dans toute La France avec les boutiques O’CD, plusieurs dépositaires indépendants, performants spécialisés (la liste est dans le site) et je propose le mag en PDF gratuitement dans le site pour le monde entier, grâce à un travail acharné que j’ai fait depuis 2013. Je m’investis à donf, au sens propre et au sens figuré, je ne gagne pas à tous les coups, mais j’avance dans le bon sens, c’est déjà çà, et je me fais plaisir à faire plaisir, cela fait partie de notre passion indéfectible mdr !

Si je faisais ça que pour l’argent, il y a longtemps que j’aurais arrêté… Les grands groupes qui s’occupent de la distribution en kiosques sont tous des voleurs, j’ai donné pendant des années, donc je contrôle maintenant le maximum de la distribution avec les bons partenaires, en faisant un échange de bons procédés. Ce n’est pas facile tous les jours… Encore une fois, il faut une bonne organisation, une bonne équipe et de bons partenaires. Le facteur bonnes relations humaines est impératif, c’est une question de confiance et de rigueur de tous les côtés.

The Metal Mag : Fais-tu de la photos uniquement pour les groupes de Metal et de Rock ? Assistes-tu aussi aux festivals du film ? Des expositions ou événements tels que les césars…
Alex Mitram : Non, non et non ! Je fais uniquement ce qui me plait depuis le début, mais il y a beaucoup de choses auxquelles je n’ai pas accès, vu que l’on ne facilite pas souvent ton travail ou tes envies, c’est pas plus compliqué que ça ! Le monde du cinéma est complètement fermé pour moi, c’est une autre sphère, un autre milieu, comme l’automobile, l’aviation, etc. La musique et les musicos, c’est mon milieu, ma famille, il est très difficile d’aller là où on ne te connaît pas, même si tu as beaucoup d’expérience… Déjà dans la musique, c’est très compartimenté, j’ai eu un mal fou pour avoir des Pass pour d’autres courants musicaux que le Metal, sauf que je connaissais beaucoup de monde et que je sais comment faire une demande d’accréditation, mais je ne veux pas pleurer ou sucer pour avoir une entrée gratos, je préfère payer pour voir ce qui me fait envie. Et s’ils ne veulent pas m’accréditer je ne fais plus rien pour eux, je garde ma dignité et mon sérieux, au risque de perdre des bons plans.

Au niveau courants musicaux, comme tu as pu le constater plus haut, j’aime énormément de styles, j’ai les cages à miel de musicos bien ouvertes, et étant batteur, percussionniste depuis mes 16 ans, j’ai toujours tenu à tout pouvoir écouter pour la richesse de mon jeu rythmique. Déjà en 1977, je pouvais passer du Punk Rock, au Jazz Rock en cours de batterie avec la Méthode Dante Agostini par exemple, et au Heavy Metal pour la puissance de frappe sur mes peaux de batterie que ça procure, puis à la Fusion Rock Prog, pour la finesse du jeu musical sur les cymbales. Tout était pour ma grande curiosité, et l’importance de la technique ainsi que la rigueur rythmique avec les différents instruments et les diverses combinaisons artistiques entre musicos… Tu sais maintenant pourquoi, je suis un grand mélomaniaque mdr !

The Metal Mag : Depuis que tu as commencé, tu dois avoir des pièces remplies de photos, comment fais-tu ? En as-tu jeté ou donné ?
Alex Mitram : J’avais un grand bureau alloué aux archives photos, puis la nouvelle technologie est arrivée avec ses petits souliers qui sont devenus… Un énorme rouleau compresseur ! Donc tout est compressé dans mes nombreux disques durs mdr !

Il me reste quand même 4 grandes armoires télescopiques en métal, qui me prennent beaucoup de place, et qui représentent plus de 30 ans d’aventures artistiques et historiques. J’ai acheté un pavillon pour mes enfants et aussi pour mes diverses collections dont mes images, mes vinyles, mes CDs, mes livres, mes magazines, mes Dvds, mes batteries, mes guitares, etc… Oui, hélas, avant les nouvelles technologies, j’ai jeté tout ce qui n’était pas super, les chutes, les doublons, les flous, donner beaucoup de choses ou vendu beaucoup de choses personnelles pour avoir plus de place !

The Metal Mag : Quel est le souvenir ou l’artiste qui t’as le plus marqué et que tu n’oublieras jamais ?
Alex Mitram : Ouh, là, là ! Il y en n’a vraiment trop mon canardo ! Reviens à la cinquième question, je ne vais pas te donner mon carnet d’adresse mdr ! Bon, je vais faire un effort : Phil Lynott (Thin Lizzy), Ronnie James Dio (Rainbow), Cozy Powell (Rainbow), Billy Cobham, Ian Paice (Deep Purple), Rick Allen, le batteur de Def Leppard, avec qui j’ai eu un cours échange de plans quand il avait encore ses deux bras au Bataclan (1982), j’étais sur la batterie de mon ami Bob Snake (Sortilège) et à la balance Bob me laisse jouer sur sa grosse batterie fraîchement installée et Rick vient me demander de décomposer lentement le  »Shuffe » (Caisse Claire/Charley/Grosse Caisse) que je faisais sur la batterie de Bob, une expérience extraordinaire, quelques mois plus tard il perdra son bras dans un accident de voiture et ne pourra pas refaire ce que je venais de lui décomposer, j’ai boeuffé avec Stuart Hamm (Joe Satriani, etc.), Pascal Mulot, Sébastien Choir, des moments émouvants. J’ai rencontré encore des supers musiciens comme : Doug Aldrich (Bad Moon Rising, Whitesnake, etc.), Jonathan Mover (Joe Satriani, etc.), Simon Philips (Mister tout le monde !), Mike Portnoy (Mister tout le monde 2 !), Billy Sheehan (Mister tout le monde 3 ! + une Interview vidéo), Stuart Hamm (Mister tout le monde 4 ! + une Interview vidéo), Gary Moore, Angus Young (AC/DC), Steve Lukather (Toto, + une Interview vidéo), Neal Shon (Journey), surtout Phil Collins (Mister tout le monde 669 !), un immense dieu pour moi, des tas d’artistes super Cools ! Des Anglo-saxons qui faisaient l’effort de parler avec moi en français le plus possible car j’étais nul en anglais au début, moins maintenant, mais pas bon encore mdr ! Côté français : Nono (+ plusieurs Interviews vidéos), Patrick Rondat (+ plusieurs Interviews vidéos), Pascal Mulot (+ une Interview vidéo), Renaud Hantson, Sortilège, H Bomb, Strattson, Excess, etc. Pour te citer tous ceux qui me viennent directement à cet instant en tête !  »J’ai vu et rencontré  tous les plus grands artistes de la planète tout simplement ! »

Encore une fois 47 ans de Show Business ça marque un homme, une vie… Je suis musique, je vis musique, la musique est mon amour à vie et les artistes, ma famille ! Tu comprends encore plus maintenant, pourquoi je suis un grand furieux mélomaniaque mdr !

The Metal Mag : Tu as croisé le chemin de beaucoup d’artistes qui pour certains ne sont plus là, y en a t-ils avec qui tu avais des liens d’amitié ? Qu’est-ce que ça te fait d’avoir participé à ce milieu artistique qui a tellement changé depuis que tu as commencé ?
Alex Mitram : Bah, j’ai vécu des grands moments historiques ! Dans la vie, hélas, on perd beaucoup de monde, des êtres chers, des tas d’artistes que l’on a énormément aimés, c’est dommage, mais c’est comme çà la vie ! Quand tu es dans le milieu, tu vois au moins une fois par an les mêmes artistes, ça crée des liens automatiquement même si tu ne parles pas la même langue qu’eux… Rien n’a vraiment changé, c’est toujours le même système ! Le seul problème en dehors des artistes, c’est qu’il y a dans le Business beaucoup de gens qui sont partis du système et qui étaient super bons ! Et d’autres qui étaient super nuls qui sont heureusement éliminés d’eux-mêmes… Houpi ça, c’est fait ! Et moi depuis 1977, je suis toujours là, c’est un signe… Ptdr !

Mais il reste  beaucoup de nazes de chez… ‘’Nazes’’, qui n’y connaissent rien à la musique et au Show Business ! Maintenant, je ne crois pas que le milieu pourra faire aussi bon que les années 80 tous styles confondus ! Mais je crois quand même à des nouveaux mouvements qui vont tout réanimer les… Plaisirs mdr !


Pour en revenir aux artistes ! Oui, il y en a pleins avec qui j’ai encore des relations et je fais même du bon Business avec eux, et heureusement !

The Metal Mag : Que penses-tu de la scène musicale et de son évolution ? Dirais-tu que le Rock est mort en France ?
Alex Mitram : Le Rock n’est pas mort en France ni ailleurs, d’ailleurs ! Le Rock existera toujours… Et avec la fin du Coronavirus les gens vont vouloir tous s’éclater sur du Rock !


Le niveau des nouveaux artistes est très élevé, les nouvelles générations sont redoutables, ils sont tous affamés, ils ont tout compris, tout digéré, tout analysé avec Internet dans YouTube, on en découvre toutes les secondes, etc. Il n’y a plus de frontières avec le Web et donc tout est possible,… Tout peut arriver du jour au lendemain ! Regard la performance de Greta Van Fleet en si peu de temps qu’il faut pour l’écrire dans le Rock international !

The Metal Mag :  Y a-t-il des groupes que tu aimerais photographier aujourd’hui, ceux de la nouvelle génération ?
Alex Mitram : Oui, pleins, mon canardo !Lady Gaga que je n’ai jamais vue en concert, elle n’est pas trop nouvelle, mais j’ai adoré le film qu’elle a fait avec le fameux Bradley Cooper mdr ! Cela montre qu’elle a une belle richesse à exploiter, et lui aussi…

Au niveau, nouvelle génération : Le jeune JC Stewart que je viens de découvrir dans YouTube est excellent, Greta Van Fleet ça va 30 minutes et après ça devient chiant pour moi qui a tout vu et tout entendu, mais ils sont bons aussi pour le jeune public, j’attends le tube qui va vraiment les faire bien décoller, genre un nouveau‘Stairway To Heaven » moderne… Mdr ! J’attends toujours le groupe de nanas qui va tout exploser comme le fût : The Runaway, Rock Bitch, Vixen, The Spice Girls & Co… Chaque année il y a des pointures qui arrivent et c’est pour cette raison que je suis toujours en alerte avec parfois mes boîtiers mdr !

——————————————>>>>> Albums et autres participations d’Alex :——–>>>>


SortilègeSortilège 1983


Mama’s BoysMama’s Boys (Virgin France) 1984



SortilègeMétamorphose 1985



Sortilège ‎– Larmes De Héros 1985

H Bomb ‎– To Feel Is Pain (Pictures Discs Axe Killer) 1985


StatorsNerver Too Late (Axe Killer) 1985


Strattson ‎– Ouf Metal (Devil’s Records) 1985


Présence
Rock Your Life (Rock Records) 1986


Metal Rock Thrash & Speed (Compilation) 1991


ExcessShut Up Your Face Open Your Ears (Not On Records) 1992
Eric Siger (Auto Production) 1992
Faster 69 (Auto Production) 1993


Madhouse
Get The Point ? (Semetery Records/WMD) 1993


VulcainAtomic Live (Furia Live) 1996

DecorumÀ zéro 1996


SortilègeCollector’s Box 1983 – 1986 (Axe Killer) 1998





Révolution Hard Rock vol 1 (Axe Killer) 1998


Révolution Hard Rock vol 1 & 2
(Axe Killer) 1998



Stators
Nerver Too Late (Brennus/Musea) 1998
Sortilège ‎– Larmes De Héros (réédition Axe Killer) 1998


Mad MaxStormchild (réédition Axe Killer) 1998


Saxon
Warrior’s Set (Axe Killer) 1998

Evil/Sortilège (réédition Axe Killer) 1999
SaxonPower And Glory (réédition Axe Killer) 1999


Gary MooreCorridors Of Power/Run For Cover (réédition Axe Killer) 2000
Novac (Auto Production) 2002


Strattson ‎– Ouf Metal (réédition Brennus/Musea) 2003
Mr Jack (Auto Production) 2003


SortilègeWarrior’s Set: Sortilège 2007

Koritni
Red Live Joint (Bad Reputation) 2008




H-Bomb
‎– Coup De Métal + Attaque (réédition Axe Killer) 2009





Ocean ‎– Story, Live & More (réédition Axe Killer) 2009




Sortilège – Métamorphose (lmlr) 2019

Spécial Issues :