Jon Anderson And The Band Geeks
@ Bataclan Paris, le 13 octobre 2026.
Live Report par :  Olivier Carle,
& images par : Tomi Carle


J’ai eu la chance de voir Yes 3 fois dans mon existence. La première c’était il y a 46 ans à Oxford, pour le Drama Tour, à l’époque où les Buggles les avaient rejoints et où ils jouaient de ce fait « Video Killed A Radio Star » sur scène… Trevor Horn remplaçait alors Jon Anderson et Geoff Downes le claviériste Rick Wakeman. Je garde un merveilleux souvenir de ce concert, même si Jon était parti, et en particulier du rappel avec « Starship Trooper » et « Roundabout » qui seront également les deux derniers morceaux du concert de Mr Anderson au Bataclan mais on va y revenir. Je les ai revus en 1989 sous le nom de Anderson/Bruford/Wakeman/Howe à Bercy avec Tony Levin à la basse. Pas un souvenir impérissable ! Jon avait alors de nouveau quitté le Yes trop lisse des années 80 c’est-à-dire celui de Squire et Rabin pour revenir à un son plus 70’s avec ses 3 comparses. Cela ne l’empêchera d’ailleurs pas de rempiler au début des années 90 avec le Yes « officiel » pour l’album « Union ». Je les verrai pour la dernière fois en 1998 au Palais Des Congrès pour le « Open Your Eyes »Tour mais le cœur n’y était plus et je suis parti au bout de quelques morceaux car le son était horriblement fort et le groupe pas au mieux de sa forme. Tout ça pour dire que je n’ai pas vécu que des grands moments scéniques avec ces pionniers du Rock progressif. C’est donc avec une certaine appréhension que je me suis rendu au Bataclan en cette soirée d’octobre 2026…

The Band Geeks monte sur scène à 19h30 précises sur fond de « L’oiseau de feu » d’Igor Stravinsky. Je reconnais Richie Castellano que j’ai vu maintes fois à la guitare avec Blue Öyster Cult. Pour accompagner Jon il a opté pour la basse, laissant la six-cordes à l’excellent Angus Clark. Aux claviers il y a le cousin de Richie, Phil Castellano qui passera parfois à la guitare et l’excellent Chris Clark qui délivrera des soli de haut niveau. A la batterie Andy Ascolese n’aura rien à envier à Bill Bruford ou au regretté Alan White et sera au Top du début à la fin du Set.

Jon arrive lui aussi sur scène dans son beau costume bariolé et très Hippie dans l’esprit et c’est parti pour le premier Set avec « Close To The Edge » de 1972. Ce qui frappe tout de suite c’est la rigueur de l’interprétation des musiciens de ce morceau pourtant pas facile avec ses nombreux changements de rythmes. Il faut dire que The Band Geeks tourne avec Jon depuis 3 ans et on sent qu’une synergie intense s’est forgée au sein du sextet même s’il y a eu quelques changements de Line-Up notamment au niveau de la guitare. On enchaîne avec « Perpetual Change » du « Yes Album » de 1970 qui sonne toujours aussi bien plus d’un demi-siècle plus tard.


Jon nous explique ensuite la genèse de sa rencontre avec Richie et son groupe qui a mené à la sortie de l’album « True » en 2024 chez Frontiers et à de nombreux concerts communs autour de la musique de Yes. « Counties And Countries » sera d’ailleurs le premier extrait de cet opus joué ce soir et il sonne tellement Yes qu’il a toute sa place dans la Setlist. On revient ensuite à l’album de 1972 avec le très attendu « And You And I » et son intro caractéristique à la guitare avant une petite nouveauté, « Giving Is Living », qui sera sur le prochain album de Jon Anderson & The Band Geeks. Le premier Set se termine avec le mélancolique « Soon » qui voit Phil prendre la guitare tandis qu’Andy le remplace aux claviers. Ce morceau était la dernière partie de l’épique « The Gates Of Delirium » présent sur l’album « Relayer » de 1974 et était une douce ode à la paix et à l’espérance.


Le second Set démarre avec un extrait d’un de mes albums préférés de Yes « Going For The One » de 1977 : « Awaken ». Mais c’est « I’ve Seen All Good People » du « Yes Album » qui lui succède qui remporte tous les suffrages avec sa seconde partie « All Good People » qui a marqué toute une génération d’amateurs de Prog’. Retour ensuite à l’album de Jon de 2024 avec The Band Seekers pour un sublime « Once Upon A Dream » que ne renierait pas Steven Wilson, un grand moment !

Petit crochet par « Tales From Topographic Oceans » de 1973 avec « Leaves Of Green » qui clôturait le troisième titre de cet album ambitieux « The Ancient (Giants Under The Sun) ». Du Yes de haut niveau pour des fans aux anges d’autant que le groupe le reproduit à la perfection.

Gros succès également pour l’incontournable « Starship Trooper » qui reste à ce jour le plus grand morceau de bravoure du Yes des 70’s. Énorme boulot d’Andy à la batterie, petit clin d’œil à « La Marseillaise » pendant le tonitruant solo de basse de Richie, à Lynyrd Skynyrd (« Free Bird ») pendant celui de Chris aux claviers sans oublier les formidable soli de guitare de Phil et Angus, totalement habités par ce morceau légendaire. Sans aucun doute le moment le plus intense de la soirée. Mais le groupe ne peut quitter la scène sans l’incontournable « Roundabout » de « Fragile » de 1971 qui permet à Jon d’inviter sa compagne à danser avec lui quelques instants sur la scène du Bataclan. Gros succès pour ce titre qui est sans doute le plus connu de Yes après « Owner Of A Lonely Heart » bien évidemment !

Toute la salle se lèvera pour acclamer la prestation de Jon et ses sbires qui aura duré plus de 2 heures. Pas mal pour cet artiste qui va fêter ses 82 printemps dans quelques jours…

Merci à Xavier…