
Angine de Poitrine + Gros Mené @ Paris
Élysée Montmartre, le 21 octobre 2026.
Live Report par : Olivier Carle
& images par : Tomi Carle
Angine de Poitrine, c’est sûr que ceux qui s’arrêtent au nom font une grosse erreur. Ce n’est pas mon cas puisqu’après les avoir découverts sur leur session KEXP, j’ai décidé de me plonger dans leur univers aussi intrigant qu’intéressant. Ce qui est fascinant avec ce groupe c’est d’avoir trouvé la recette pour rendre grand public un style dont personne n’aurait jamais imaginé une ascension aussi rapide et fulgurante. On parle bien d’un groupe de Math Rock Microtonal qui remplit aisément deux Élysée Montmartre en moins d’une heure… C’est d’autant plus impressionnant que Klek et Khn ont seulement deux albums à leur actif, deux sans fautes !
Bref, je me devais d’aller voir ces phénomènes en Live pour me faire mon propre avis et pourquoi pas me laisser porter par cette nouvelle sensation tout droit sortie du Québec.

La soirée commence par Gros Mené, un groupe voisin né dans les 90’s. Les 3 acolytes délivrent un Stoner puissant dans la lignée de Queens Of The Stone Age. Les paroles, du moins ce que j’en comprends, me semblent assez loufoques mais je dois avouer que la formation réussit à chauffer le public avec brio durant leur Set assez court d’une demi-heure environ.

Place maintenant à Angine qui prend place sous les yeux ébahis du public et des aficionados de la guitare qui tentent de prendre en photo le Pedalboard de Khn. Ça y est, le riff de basse de « Angor » retentit, le public est d’office happé par la rythmique hypnotique du duo. On souligne une précision d’exécution de Khn avec ses Loopers et de Klek qui mélange puissance de frappe et finesse. Les mains en triangle, symbole du groupe, se lèvent dans la foule dès la fin du premier morceau, certains ont mêmes sorti leur plus belle robe à pois. On continue avec le très technique “Yor Zarad”, complexe par des signatures de temps se compilant à merveille, difficile de « Headbanger » sur celles-ci mais impossible de ne pas bouger pour autant surtout pendant le Breakdown très Heavy, signature de la fin de ce morceau…

S’ensuit “Tamebsz” qui accumule une telle quantité de Loops qu’on le croirait joué par un groupe de 8 personnes tant ce morceau est riche harmoniquement parlant. On en vient à mon morceau préféré d’Angine “Mata Zyklek” qui pour moi reste le plus abouti en son genre, arborant une escalade très Prog’ que j’affectionne tout particulièrement…
Je ne sais pas si c’est le terme, mais arrive un morceau un peu plus “niche” du duo : “Ababa Hotel” qui à mon sens propose une digression très Jazz Fusion fort agréable au milieu du Set. Quand Klek entame sa phrase de batterie en solo au début du morceau, j’ai immédiatement pensé à la rythmique du morceau “Whiplash”, les gens de bons goûts apprécieront la référence…

Suite à cet interlude fort sympathique, le groupe enchaîne avec son tube, premier morceau du Set KEXP, “Sarniezz”. Gros succès dans la salle qui « Crowd-Surf » à n’en plus finir. On se croirait dans un concert de Hardcore tellement certains descendent et remontent sur scène pour à nouveau se jeter dans le public. Les petites interventions de Khn et Klek entre les morceaux sont du meilleur goût, on a le droit à une session d’Aérobic et une démonstration de souplesse de Khn qui fait preuve de créativité pour boire dans sa paille… Mais ce n’est pas tout, lorsque le refrain de “Fabienk” retentit, la foule s’empresse de crier « Sébastiennnn » et de faire des vagues avec leurs bras, géante communion de cette soirée plus qu’épique à l’Élysée Montmartre. C’est maintenant l’heure du grand final avec “Sherpa”, retour aux sources avec leur grand succès de « Vol.1 ». Angine de Poitrine nous réserve une fin aux aspirations Grunge avec un Light Show rouge vif pour exalter le public une dernière fois avant l’ovation.

Vous l’aurez compris, le succès des deux énergumènes québécois est grandement mérité. Si je devais cependant émettre une petite réserve, celle-ci se situerait au niveau de la redondance des productions sur le long terme. Effet de mode ou génies en devenir, seul l’avenir nous le dira…
Merci à Lucie M….