Guitare En Scène @ Saint-Julien-en-Genevois,
du 14 au 18 juillet 2026.
Live Report par : Olivier Carle
& images par : Tomi Carle


5ème édition de Guitare En Scène pour ce qui me concerne en ce mois de juillet 2026. Le festival se tient pour la 19ème fois à Saint-Julien-en-Genevois et attire toujours autant de monde d’autant que la jauge est fixée comme d’habitude à 5000 personnes. Comme en 2022 il aura lieu sur 5 jours. A l’époque c’était parce qu’on sortait du Covid et il fallait rattraper le « temps perdu ». Cette fois c’est pour pouvoir programmer en exclusivité le dernier jour le « meilleur Tribute à Michael Jackson » que l’on puisse voir… Avec la venue de Jennifer Batten comme cerise sur le gâteau !

Mais commençons par le commencement. La 1ère journée démarre sur la « petite scène » dite « Quartier Libre » avec un prodige de la guitare du nom de Florian Desbaillet. Il pratique le « Modern Fingerstyle » sur son instrument et je dois dire que c’est particulièrement impressionnant. Sa prestation est de surcroît didactique puisqu’il explique les détails de son art et avec qui il a appris et pratiqué cette technique sophistiquée de jeu. Le but est de se servir de ses 10 doigts pour la ligne mélodique, la basse et même les percussions, tout un orchestre en somme. Il peut jouer du classique, du Flamenco, du Rock, du Folk, du Blues et même du Metal. Il nous délivrera une superbe reprise du « Enjoy The Silence » de Depeche Mode issue de son premier EP de 2020 « Monomania » et rendra également hommage à Leo Kottke et à Michael Hedges avec un instrument de toute beauté qui combine guitare et harpe. Un grand moment en compagnie de cet artiste genevois qui gagne à être connu !

Je file ensuite à la scène Village pour revoir le guitariste-chanteur australien Taj Farrant qui m’avait bluffé au New Morning il y a quelques semaines. Je croise ses parents qui sont toujours en tournée avec lui pour le soutenir du fait de son jeune âge (17 ans). Il faut dire que le succès de Taj est une affaire de famille puisque sa sœur est également sur scène pour l’accompagner aux claviers. Son père m’expliquera que Taj a viré tout le reste du groupe que j’avais vu avec lui au New car il n’était pas satisfait de la prestation des musiciens. Il ajoute d’ailleurs que même si sa décision l’a surpris, c’est bien Taj « le Boss » ! C’est donc un nouveau guitariste qui l’accompagne avec une tignasse afro qui m’a rappelé Craig Ross, le fidèle alter ego de Lenny Kravitz. Changement de section rythmique également. La Setlist sera par contre la même qu’à Paris avec toujours son lot de reprises, de Stevie Ray Vaughan «(« Cold Shot »), de Prince, de Steve Vai (pour faire plaisir à son paternel), d’Eric Johnson avec qui il a tourné et bien sûr de Gary Moore (« Parisienne Walkways ») pour la plus grande joie des fans de l’Irlandais. Et puis quelques titres plus personnels comme celui dédié à sa mère « Mumma Raised A Man » que je trouve toujours aussi réussi. Une heure d’excellent Blues avec cet artiste prometteur tout comme l’était Toby Lee il y a 2 ans sur cette même scène…

Je ne connaissais pas Gregory Porter avant cette date à Guitare En Scène et je dois dire que je n’en suis pas ressorti très convaincu. Du Jazz Mainstream délivré sans passion même si Gregory a incontestablement une voix agréable…

Après un second Set toujours aussi palpitant de Florian Desbaillet, on enchaîne avec Ben Harper et ses Innocent Criminals sur la scène Chapiteau. Autant j’avais trouvé sa prestation de 2022 à Guitare En Scène plutôt réussie autant là je me suis vraiment ennuyé. Beaucoup de morceaux lents, souvent joués assis. Franchement je n’y ai pas trouvé mon compte.

Tout l’inverse de Sarah Brown que j’avais vue l’année dernière à Saint-Julien-En-Genevois en tant que choriste de Simple Minds. Il faut dire que cette Anglaise a un sacré pedigree puisqu’elle a aussi collaboré avec Pink Floyd, Roxy Music, Duran Duran, Simply Red, Stevie WonderExcusez du peu ! Mais ce soir elle vient nous présenter un tout autre registre, du Gospel dans la lignée de la grande Mahalia Jackson qu’elle vénère. Elle est accompagnée d’un tout nouveau groupe avec lequel elle n’a que très peu répété et on sent une certaine nervosité chez elle d’autant qu’elle va rencontrer quelques problèmes techniques au niveau du son de scène. Malgré ces quelques moments de flottement sa prestation sera de toute beauté et on ne peut que regretter qu’une grande partie du public n’ait pas trouvé bon de venir l’applaudir sur la scène Village après Ben Harper. Dommage car ses versions de « Summertime » de Gershwin, de « Joshua Fit The Battle Of Jericho » ou encore de « Amazing Grace » furent de vrais moments de grâce et de bonheur partagé…

La journée du mercredi 15 juillet commence une nouvelle fois sur la « Quartier Libre » avec le guitariste-chanteur Pacôme Rotondo et ses 3 musiciens (clavier, basse, batterie). Avec sa voix rocailleuse ce jeune prodige de la guitare pratique un Blues Rock teinté de psychédélisme. Il vient nous présenter son dernier album « Crimson Reverie » sorti l’an passé. On pense en l’écoutant à Gary Moore ou à Rory Gallagher mais il a su, à 24 ans, se créer son propre univers. Sur scène le quartet apparaît très soudé et le public se prend bien vite au jeu. Un artiste à suivre assurément !

Direction la scène Village pour découvrir Les Hommes Crabes, un trio nantais qui s’est créé il y a 6 ans. Le bassiste-chanteur, le guitariste et le batteur se connaissent bien depuis 15 ans et ont surtout chacun leur propre culture musicale, ce qui rend leur musique variée et inspirée. Beaucoup d’énergie sur scène et on retrouve un peu des Foo Fighters ou des groupes Grunge dans leur style très organique et vraiment très efficace. Ils vont nous interpréter l’essentiel de leur premier album « Galak 51 » publié il y a peu. Le Power-Trio va délivrer un Set de 45 petites minutes qui va passer à la vitesse de l’éclair et impressionner le public présent. Voilà encore un groupe dont on n’a pas fini d’entendre parler !

Les bonnes surprises s’enchaînent puisque je vais assister maintenant sous le chapiteau à mon concert du jour voire peut-être même du Week-End ! Ça fait un moment que je voulais découvrir cet artiste incroyable dont la vie pourrait faire l’objet d’un roman tant il a connu de nombreuses galères. Avec son Look particulier et son charisme scénique incontestable Xavier Amin Dphrepaulezz (son vrai nom !) va retourner l’assistance du festival. Il sort un album Live intitulé « Alive ! » en ce mi-juillet et il va nous en livrer l’intégralité. J’ai été particulièrement conquis par sa reprise de « In The Pines », une chanson traditionnelle interprétée il y a fort longtemps par Leadbelly et remise au goût du jour par Nirvana sur son Unplugged (« Where Did You Sleep Last Night »). La version de Fantastic Negrito est divine et je défie quiconque de ne pas verser une larme à son écoute. Il y met toute son âme et on comprend pourquoi il a remporté autant de Grammy Awards. Son guitariste est très jeune mais hyper talentueux et ses soli inspirés vont en impressionner plus d’un. Le chanteur nous racontera l’avoir découvert dans la rue mais l’intéressé me racontera juste après le concert la véritable histoire de leur rencontre. Le Set oscille entre riffs Heavy comme « Plastic Hamburgers », ambiances Jazzy comme « Eat Less Sugar Have More Sex », Hard Funk comme « Beat Salad » et « Bullshit Anthem » ou encore Soul/R&B comme « I Hope Somebody’s Loving You ». Bref on ne s’ennuie pas un seul instant devant Fantastic Negrito et cela m’a rappelé le Mother’s Finest des débuts avec ce mix de Hard, Blues et Soul totalement jouissif !

Je n’avais pas revu les Pixies depuis leur Zénith parisien de 1990 ! Il faut dire que la carrière des Américains est loin d’avoir été un long fleuve tranquille avec la longue traversée du désert entre 1993 et 2004. Le groupe fête néanmoins ses 40 ans avec cette tournée qui passe par GES. On retrouve les 3 membres originaux que sont Black Francis à la guitare rythmique et au chant, Joey Santiago à la guitare solo et David Lovering à la batterie. En lieu et place de la légendaire Kim Deal c’est Emma Richardson qui tient la basse depuis peu et assure les parties vocales sur « In Heaven (Lady In The Radiator Song) » et « Into The White ». La Setlist sera un véritable Best Of de la carrière des Bostoniens avec les incontournables « Here Comes Your Man », « Monkey Gone To Heaven », « Debaser », « Gouge Away », « Wave Of Mutilation » et bien sûr le très attendu « Where Is My Mind ? ». Pas mal d’extraits de l’album de 1989 « Doolittle » donc puisqu’il représente quasiment la moitié des titres joués. Il faut dire que cet opus est reconnu comme l’un des plus iconiques du Rock Alternatif et c’est mérité. Le Show des Pixies n’est pas très visuel puisque les musiciens se contentent de reproduire au plus près tous ces brûlots mais musicalement quelle claque ! Honnêtement je ne me souvenais pas que leur musique était aussi riche et créative et je me surprends à les réécouter fréquemment depuis ce concert mémorable…

La journée se termine sur la scène Village avec Manu Lanvin. J’ai déjà eu l’occasion à maintes reprises de dire tout le bien que je pense de cet artiste, notamment suite au Bataclan de novembre dernier. Le Show sera assez proche de celui-ci avec l’équipe au grand complet dont les cuivres écossais, Dominique Larose aux chœurs et percussions et les fidèles Jimmy Montout et Nicolas Bellanger à la section rythmique sans oublier le claviériste. Manu va comme toujours se donner à fond et dépasser la petite heure qui lui était impartie, histoire de satisfaire pleinement le public resté en nombre pour son Set tardif. On aura droit aux traditionnelles reprises du « Highway To Hell » d’AC/DC, du magnifique « Crossroads » de Calvin Russell dont il entretient précieusement la mémoire et à toute une ribambelle de titres issus de sa propre carrière comme les excellents « Man On A Mission » ou encore « Blues, Booze And Rock ‘n’ Roll » ! Manu a une nouvelle fois recruté un paquet de nouveaux fans grâce à son Blues-Rock bien troussé et son énergie positive…

Le jeudi commence fort avec la venue du duo Quintana Dead Blues Experience sur la scène Quartier Libre. A l’instar de The Inspector Cluzo ou de Knuckle Head, QDBE est un duo qui pratique un Heavy Blues Rock teinté de Grunge et de Garage. Piero Quintana est au chant et à la guitare tandis qu’Adrien Schiavone martèle ses fûts comme un damné. A tel point d’ailleurs que ce pauvre Adrien se fera dès le début du Set une luxation doublée d’une entorse au doigt sans que son acolyte ne s’en rende réellement compte. Piero ira d’ailleurs s’installer au milieu du public avec sa guitare avant qu’Adrien ne le rejoigne un peu plus tard avec une caisse claire. Dans le public personne ne s’est douté de rien et le duo a mis le feu avec des extraits du dernier album en date « Ashes » sorti quelques jours auparavant. Le second Set sera malheureusement annulé du fait de la blessure du batteur ainsi que quelques dates de la tournée en cours… Encore un groupe au potentiel énorme selon moi !

J’ai été nettement moins convaincu par le groupe suivant qui se produit sur la scène Village : ARH. Musicalement ç’est du Brutal Math Rock avec pas mal de Prog’ dedans. Un quartet de 2 guitaristes + basse/batterie qui ne ménage pas ses efforts mais qui m’a paru un tantinet trop technique, complexe et sophistiqué. Malheureusement pour eux la pluie viendra perturber leur Set et tout le monde se repliera sous le chapiteau pour échapper à l’orage qui s’annonce violent.

Je ne suis pas un grand amateur de Steel Panther et je me suis d’ailleurs toujours barré au bout de 5 minutes lors de leurs passages notamment au Hellfest. Mais là du fait de la pluie j’ai décidé de me pencher sérieusement sur leur cas et de leur donner une chance de me convaincre. Bien m’en a pris (merci la pluie !) car j’ai trouvé leur Show tout bonnement excellent. Beaucoup d’humour et d’auto-dérision et surtout un niveau musical que je ne soupçonnais pas. Pour apprécier leurs blagues il faut avoir un bon niveau d’anglais et ne pas être allergique au côté salace de leurs propos. Ça n’arrête pas et ça parle souvent de la même chose mais c’est la plupart du temps très drôle. Tous les clichés du Hair et du Glam Metal sont ici réunis mais toujours avec un second degré salvateur. Satchel, le guitariste, se moque à loisir du Botox que Michael Starr, le chanteur, semble s’être injecté dans le visage. Le groupe fait monter une jeune fille sur scène pour chanter « The Girl From Oklahoma » et ce sera un déluge d’allusions très en dessous de la ceinture. 2 pole-danseuses viendront agrémenter le Show avec des poses lascives. Il y aura aussi l’invasion de la scène par de charmantes demoiselles à la demande du groupe… Mais le clou du spectacle ce sera la venue de Michael déguisé en Ozzy pour un « Crazy Train » totalement hilarant puisque le chanteur l’imite à la perfection que ce soit vocalement ou mimiquement parlant. L’autre surprise ce sera la venue de Ryan Roxie du groupe d’Alice Cooper pour un « Ain’t Talking ‘Bout Love » de Van Halen d’anthologie. Ryan restera d’ailleurs sur scène pour la reprise d’Ozzy. Et puis tous ces fantastiques morceaux que sont « Asian Hooker », « 17 Girls In A Row », « Death To All But Metal » ou encore « Gloryhole » que je n’avais pas encore eu la chance d’apprécier en Live. Vraiment ce fut un grand moment de Glam/Hard Rock et je remercie encore une fois l’orage de m’avoir enfin réconcilié avec Steel Panther

La pluie continue de se déverser sur Saint-Julien-en-Genevois, heureusement qu’on est sous le chapiteau ! C’est maintenant au tour d’Airbourne de faire son retour à Guitare En Scène 4 ans après son dernier passage. Le groupe australien n’a pas changé de braquet et propose toujours un Hard très proche de celui d’AC/DC. Par contre il a changé de guitariste rythmique puisque Brett Tyrrell officie maintenant à ce poste. Les frères O’Keeffe s’apprêtent à sortir en septembre un nouvel album et vont nous en délivrer en avant-première 2 extraits : « GUTSY » en intro et « Alive After Death (Last Plane Out) » au rappel. Rien de révolutionnaire mais toujours bien dans l’esprit habituel ! Joel continue à balancer des verres de bière au public mais il ne fracassera qu’une seule cannette sur son front et ne montera pas sur la structure du chapiteau comme il le faisait dans sa jeunesse. La surprise ce sera la venue de Satchel de Steel Panther pour les accompagner à la guitare sur l’excellent « Runnin’ Wild » qui clôturera le Set.

On apprend alors que du fait de l’orage le concert de The Inspector Cluzo ne pourra pas avoir lieu sur la scène Village qui est passablement détrempée. Dommage car on se réjouissait de revoir le duo 2 ans après son passage sur cette même scène. Bien content de les avoir vus en juin au Hellfest du coup !

Le vendredi le ciel semble s’être de nouveau calmé et c’est Jango Janice qui fait son retour sur la scène Quartier Libre. J’avais découvert cette chanteuse et son groupe l’année dernière et j’avais trouvé ça plutôt sympa pour commencer la journée. Idem cette fois-ci avec ce quartet atypique. Leur Folk-Rock souvent Groovy est idéal pour rentrer en douceur dans l’ambiance du festival…

Juste après c’est le groupe franco-suisse In Fallow qui s’empare de la scène Village. Pas été très emballé par leur Math/Folk Rock…

Ça ne va pas aller en s’améliorant avec le très ennuyeux John Butler. Ça m’a rappelé le mauvais moment que j’avais passé il y a 2 ans en voyant Xavier Rudd sous ce même chapiteau même si le style est un peu différent. Musique pour bobos qui « m’en touche une sans faire bouger l’autre » comme aurait dit Chirac !

Heureusement ma journée de vendredi va être sauvée par les 2 artistes à venir. A commencer par Kool & The Gang dont j’avais déjà vu le Show l’année dernière à La Seine Musicale. Je savais que les musiciens, même si très peu sont d’origine, étaient toujours en grande forme et que la Setlist serait à la hauteur des attentes. Robert « Kool » Bell est toujours fidèle au poste du haut de ses trois quarts de siècle. C’est le seul membre original de ce groupe qui fête ses 62 ans de carrière. Le Funk va donc être à l’honneur en particulier en milieu de Set avec les légendaires et Groovy « Let The Music Take Your Mind », « Funky Stuff », « Jungle Boogie » et « Hollywood Swingin’ » qui vont en surprendre plus d’un. Tout le monde attend les « tubes » Disco de la fin des années 70 et des années 80 mais je continue à préférer les albums du début des 70’s comme « Wild And Peaceful ». Gros succès bien évidemment pour « Let’s Go Dancin’ (Ooh, La, La, La) » , « Ladies’ Night », « Get Down On It » et « Celebration » avec tout le chapiteau debout. 1 heure et demie de pur bonheur !

Et ce n’est pas fini car Robben Ford va maintenant charmer le public de la scène Village. Accompagné des Honnet Brothers, Davy à la batterie et Anthony aux claviers, et d’un percussionniste, il va nous proposer une sélection de morceaux issus de sa longue carrière et notamment de son dernier album en date « Two Shades Of Blue » sorti il y a peu. La connexion entre Mr Ford et les 2 frères s’est faite lors de la participation de celui-ci à leur album « D & A » pour le titre « IV Chord Junky ». Intéressant de voir se rencontrer le phrasé Bluesy de Robben et le Jazz-Funk des Honnet Bros. Sur scène ça le fait bien et l’heure passée en compagnie de ces musiciens d’exception passera bien vite…

Comme je le disais au début, la journée de samedi a été rajoutée tardivement, histoire de proposer au public le spectacle « This Is Michael », un Tribute à Michael Jackson qui repose sur les épaules du Brésilien Lenny Jay qui l’imite à la perfection.

Mais avant cela on découvre Alenko sur la Quartier Libre. Je me dois d’autant plus d’aller les voir car c’est mon fils Tomi qui tient la console pour ce concert en tant que stagiaire ingénieur du son. Le Suisse pratique une Pop ‘n’ Groove électro assez inhabituelle pour Guitare En Scène mais c’est rempli de poésie et de bonnes vibrations et le public rentre aisément dans son univers. Il est accompagné d’un guitariste assez Rock et d’un Human Beatbox très talentueux qui apportent un vrai plus à son style. Les textes sont intéressants et abordent des sujets pas toujours faciles. Une bonne idée d’ouvrir le festival à des artistes qui proposent un univers personnel éloigné des clichés habituels…

Sur la scène Village ce sont les Carpets qui nous proposent maintenant leur Rock Alternatif pas si éloigné d’un Radiohead ou des Strokes. Le quintet est formé de 2 amis portugais, Luis Santos au chant et à la guitare et Nuno Pires aux claviers, ainsi que d’un guitariste soliste, un bassiste et un autre claviériste. Parfois planante, souvent énergique, leur musique a tout pour plaire à un large public. Le groupe obtient un franc succès auprès de l’auditoire grâce à ses compos variées et inspirées. Encore une belle découverte pour ce qui me concerne…

Il est maintenant 21h30 et tout le monde rejoint le chapiteau pour un hommage au Roi de la Pop, le grand Michael Jackson disparu il y a déjà 17 ans. Lenny Jay s’est entouré d’un Casting international de chanteurs, danseurs et musiciens. Il a aussi réussi à convaincre Jennifer Batten de le rejoindre à Guitare En Scène pour cet événement unique en France. Pendant 2 heures on va avoir droit à un Best Of de Michael et à un très beau Show. J’avoue qu’au début j’ai eu un peu de mal à rentrer dans le truc. D’une part parce que le spectacle monte en puissance et commence plutôt doucement. D’autre part parce que j’ai eu la chance de voir Michael Live au Parc Des Princes il y a près de 30 ans pour la tournée « HIStory » et que je n’oublierai jamais ce moment incroyable et insurpassable. Il y avait d’ailleurs Miss Batten sur ce concert et elle avait été incroyable. En 2026 elle fait le minimum syndical sans doute du fait de son âge et c’est un peu frustrant. Quant à Lenny, même s’il se donne sans compter, il n’enchaîne pas les tableaux et c’est sa choriste, excellente au demeurant, qui prend souvent le relais. Un peu surprenant aussi de voir les frères de Michael incarnés par des Blancs pour les morceaux de la période Jackson 5 mais bon on ne va pas pinailler. Musicalement ça tient la route indiscutablement et Mr Jay reproduit à la perfection la voix, les gestes, les chorégraphies, les petits cris, etc. à tel point que c’en est troublant. Je soupçonne juste que certains passages soient sur bandes préenregistrées car ce n’est pas toujours synchrone. 2 heures de spectacle tout à fait bluffantes en compagnie de cette troupe qui passera bientôt par Paris pour cet hommage incroyable !

C’est à Franck Carducci et à sa Fantastic Squad que revient la responsabilité de clôturer l’édition 2026 de GES et il va s’en tirer à merveille. On sait tout le bien que je pense de ce quintet pour l’avoir vu à Prog en Beauce en 2022 et au Backstage de Montrouge en 2024. Il faut dire que Franck fait partie des artistes les plus appréciés de la scène Prog’ en France aux côtés de Lazuli et de Nemo pour ne citer que les plus connus. Il est toujours accompagné de la belle Mary Reynaud qui nous gratifiera de son costume d’ange lumineux et d’un solo iconoclaste et sexy de thérémine. Et puis quel plaisir de retrouver le toujours en mouvement Barth Sky à la guitare, l’indispensable Cédric Selzer aux claviers et la dynamique Léa Fernandez derrière les fûts. La Setlist est toujours un peu la même mais d’une efficacité redoutable avec notamment le puissant « Slave To Rock ‘n’ Roll », la reprise d’ « Eclipse » de Pink Floyd ou le rappel a cappella de l’excellent « On The Road To Nowhere » qui termine en beauté ces 5 jours de festival…

On se revoit l’année prochaine à Saint-Julien-en-Genevois pour les 20 ans de Guitare En Scène

Merci à Géraldine, Thierry, Romain, Lucas, Laurent et Jacques