Alcatraz Music Festival 2026,
le 6, 7, 8, 9 août 2026.
Live Report par : Olivier Carle
& images par : Moris DC


En ce mois d’août 2026 je vais enfin assister à mon premier Alcatraz. J’aurai mis le temps car le festival en est à sa 18ème édition depuis 2008. Il a lieu sur 4 jours et se tient sur 4 scènes. 1 est en plein air, la Prison, et les 3 autres, l’Helldorado, la Swamp et La Morgue sont sous chapiteau.

L’emplacement est idéal pour nous Français car à quelques kilomètres de la frontière franco-belge, à Courtrai pour être précis. Plus de 120 groupes sont annoncés dont beaucoup des États-Unis et que l’on n’a pas forcément la chance de voir dans l’hexagone. Le festival affiche pour la première fois complet depuis sa création. Il attirera 15.000 personnes le jeudi puis 20.000 les 3 jours suivants soit un total de 75.000 aficionados. Comparé au Hellfest ou au Graspop ça paraît riquiqui mais ça fait quand même du monde et on s’en rendra compte pour circuler ou lorsque les chapiteaux seront pleins pour certaines valeurs sûres ! Je n’ai pas pu voir tous les groupes bien évidemment mais je vais, comme pour mes Hellfest, raconter mon Alcatraz tel que je l’ai vécu…


Jeudi :


La journée de jeudi commence sur la Prison avec un groupe que je n’avais guère apprécié lorsqu’il était passé aux Étoiles à Paris il y a 2 ans à savoir Wings Of Steel. Je tente donc ma chance une seconde fois mais décidément ça ne le fera pas. Leur Hard & Heavy estampillé 80’s me laisse totalement de marbre car il sonne épouvantablement daté et sans âme.

Je passe à la Swamp pour voir un groupe culte de la scène belge, Cyclone. La formation de Thrash fête ses 45 ans d’existence même si elle a longuement cessé d’émettre entre 1993 et 2019… D’origine ne subsistent que le chanteur Guido Gevels et le guitariste Stefaan Daamen mais la flamme est toujours là. Musicalement c’est plutôt bien fait et le public flamand semble heureux de retrouver ces légendes et de réécouter des extraits de leurs 2 albums phares « Brutal Destruction » de 1986 et « Inferior To None » de 1990, du temps où le quintet assurait les 1ères parties de leurs homologues du Big 4 américain. Du bon Thrash comme on aime !

Retour à la scène principale pour revoir enfin Soulfly puisque le concert du Hellfest en juin avait été annulé pour cause de collision du Tour Bus avec un canard… Mon dernier remontait donc à 2014, toujours à Clisson. Max Cavalera est définitivement le seul maître à bord même si son fils Zyon est maintenant le batteur officiel de la formation. Le Set va revisiter la carrière des Américano-Brésiliens qui dure depuis presque 30 ans. Les incontournables « Jumpdafuckup », « Bleed », « Back To The Primitive », « No Hope = No Fear » ou encore « Eye For An Eye » seront bien évidemment de la partie ainsi que les instruments traditionnels brésiliens qu’affectionne tout particulièrement Max.

Grosse ambiance dans la fosse à tel point que la scène est masquée par un énorme nuage de poussière. Ce problème sera d’ailleurs récurrent tout au long du fest. Il serait judicieux de trouver une solution à ce problème pour les futures éditions car la sécheresse et les canicules seront de plus en plus fréquentes !

Heureusement pas de problème de ce genre sur les autres scènes dont la Swamp où je me retrouve maintenant pour Sacred Reich. J’avais découvert ces vétérans du Thrash en 1989 au Zénith parisien en 1ère partie de Motörhead. Ils n’avaient alors que 4 ans d’existence alors qu’ils fêtent aujourd’hui leurs 40 années de carrière ! Ils faisaient partie de la seconde vague du Thrash Metal 80’s aux côtés de Testament et Death Angel que j’aurai le plaisir de retrouver également sur cette édition d’Alcatraz. Entre temps je les ai revus au Hellfest en 2009, 2012 et 2016. Ce sera donc mon 5ème rendez-vous avec ce quartet venu de Phoenix, Arizona. Ne subsiste d’origine que la moitié du combo : Phil Rind au chant et à la basse et Wiley Arnett à la Lead Guitar. Le second guitariste et le batteur sont arrivés il y a peu. La Setlist revisitera essentiellement les débuts du groupe même si 2 morceaux plus récents, issus de « Awakening » de 2019, y seront inclus. Pas même un extrait du nouvel album « Into The Abyss » qui sortira le mois prochain. Par contre leur fantastique reprise du « War Pigs » de Sabbath, issue de l’EP de 1988 « Surf Nicaragua », déclenchera l’hystérie dans la Swamp. Belles retrouvailles avec Sacred Reich qui semble au mieux de sa forme en 2026…

Je connais bien le trajet maintenant pour retourner à la Prison où tout le monde attend Channel Zero dont c’est la tournée d’adieu. J’avais été impressionné par leur performance au 1er Golden Age Rock Festival il y a 7 ans. Il faut dire que c’était une découverte à l’époque pour moi car leur réputation n’a guère dépassé les frontières du « plat pays » et c’est dommage. Étonnamment j’ai été beaucoup moins conquis par leur passage à l’Alcatraz. Leur Groove/Thrash m’a paru beaucoup plus plat et convenu que la dernière fois. Peut-être est-ce dû à l’absence d’effet de surprise ou à la taille de la scène de l’Alcatraz par rapport à celle du Manège Fonck de Liège mais je ne suis pas rentré dedans malgré mes efforts.

Sur la Swamp je vais voir pour la seconde fois cet été Mikkey Dee & Friends après le Hellfest. La Setlist sera d’ailleurs plus longue qu’à Clisson puisqu’elle passe de 10 à 15 titres avec l’ajout de « Orgasmatron », « Iron Fist » ou encore « Snaggletooth » (le nom de la mascotte de Motörhead) et « Shine » (de l’excellent « Another Perfect Day » avec Brian Robertson). Mikkey Dee rendra un hommage appuyé à ses 2 comparses décédés et rappellera qu’il est le seul survivant de la plus longue incarnation de Motörhead. Les 2 « nouveaux » m’ont fait toujours aussi bonne impression avec le sosie vocal et physique de Lemmy et un nouveau « Fast Eddie Clarke » tout à fait convaincant. On les sent toujours aussi heureux de jouer ensemble et de célébrer la mémoire du légendaire trio britannique. L’apothéose du concert sera pour le tiercé gagnant « Killed By Death »/ « Ace Of Spades »« Overkill » suivi du rappel « The Chase Is Better Than The Catch »… Beaucoup de T-Shirts et Hoodies à l’effigie du combo dans la salle et une ambiance à la fois festive et recueillie !

J’évite soigneusement de repasser par la PrisonAlestorm déverse son Pirate Metal que je ne prise absolument pas. Je décide d’aller découvrir La Morgue, la plus petite scène du festival. Ce sont les Allemands de Der Weg Einer Freiheit qui y officient mais j’avoue que leur Black Metal est un peu « Too Much » pour moi en cette heure tardive d’autant que les 3 journées à venir vont être chaudes et intenses…


Vendredi :


J’attaque la journée de vendredi avec Crimson Glory sur la Prison. J’avais découvert ce groupe au même concert que Sacred Reich, en 89 au Zénith, mais je n’en garde pas un souvenir impérissable. Jamais revu depuis, ce sera donc l’occasion ! La formation venue de Floride comporte encore 3 membres originaux sur les 5 présents à Courtrai à savoir le guitariste rythmique, le bassiste et le batteur. C’est visiblement au niveau du chant que les Américains ont un peu de mal à trouver la stabilité. Depuis le décès du vocaliste originel Midnight en 2009, ils ont testé Wade Black et même Todd La Torre (actuel Queensrÿche) avant de jeter leur dévolu sur Travis Wills en 2023 et celui-ci s’en sort plutôt bien… A la Lead Guitar c’est Borgy qui a pris la relève de Jon Drenning en 2023 également. La formation actuelle est plutôt efficace et va se concentrer sur les 2 premiers opus de CG à savoir l’album éponyme de 1986 et « Transcendence » de 1988. Des titres comme « Valhalla », « Azrael », « Lady Of Winter » et « Lonely » passent encore très bien l’épreuve de la scène 40 ans plus tard. Leur Prog’ Metal rappelle fortement celui de Queensrÿche ou de Fates Warning et leur Set sera idéal pour commencer la journée qui s’annonce longue…

Sur la Swamp c’est le Psychedelic/Acid/Occult Rock des vétérans de Coven qui prend le relais. Je ne connais que très peu ce groupe de Chicago qu’on présente souvent comme des précurseurs de Black Sabbath au grand dam de Tony Iommi. Ils sont surtout semble-t-il ceux qui ont introduit le « Sign Of The Horns » dans le monde du Metal et cela bien avant Ronnie James Dio. Créé il y a 57 ans, le combo ne compte plus dans ses rangs que la vocaliste originelle Jinx Dawson qui a récemment recruté 4 nouveaux musiciens pour entretenir la flamme de Coven. Musicalement les compteurs sont restés bloqués à la fin des 60’s et ce n’est pas un hasard si la Setlist s’appuie essentiellement sur le premier album « Witchcraft Destroys Minds & Reaps Souls » sorti en… 1969. C’est sympathique, très Baba Cool mais totalement anecdotique !

Autre scène, autre son avec Combichrist à la Prison. Ce groupe atypique a été créé en 2003 par le chanteur norvégien Andy LaPlegua. Il en est le seul membre permanent et s’adjoint les services de différents musiciens pour les prestations Live. Il pratique un Metal Indus’ (Aggrotech) dans la lignée de Fear Factory, Ministry voire Rammstein dont il a d’ailleurs assuré la 1ère partie. Les rythmes sont simples, les riffs très efficaces, les synthés omniprésents et on se laisse facilement emporter par la transe générée par ce genre de formation. En tout cas le public adhère et ça bouge de partout devant la Prison. Les tubes comme « Throat Full Of Glass », « Never Surrender », « Compliance » ou encore « Rise » s’enchaînent dans un tourbillon de fureur et de Beats implacables. A voir car ça vaut le détour !

Petit crochet à la Swamp pour profiter du Doom des Suédois de Monolord juste avant d’aller célébrer Accept avec Dirkschneider sur la Prison. Je l’avais vu l’année dernière au Trabendo et je savais que j’allais retrouver peu ou prou le même Set à l’Alcatraz. Ce fut effectivement le cas avec un Best Of de son ancien groupe , toujours un peu les mêmes titres mais il faut bien satisfaire les fans. De « Fast As A Shark » avec sa légendaire intro controversée à « Burning » en passant par « Midnight Mover », « Metal Heart », « Princess Of The Dawn » ou le très attendu « Balls To The Wall », Udo a une fois de plus convaincu tout le monde qu’Accept est encore et toujours un des piliers du Heavy Metal mondial !

Groupe culte du Metal US, Armored Saint succède aux Allemands sur la Prison. Bien content de les revoir 11 ans après le HF de 2015. L’indéboulonnable John Bush est toujours bien présent derrière le micro malgré ses quelques années d’infidélité en tant que Frontman d’Anthrax. Les frères Sandoval, Gonzo et Phil, ainsi que Joey Vera et Jeff Duncan sont également fidèles au poste. Bel exemple de stabilité de Line-Up depuis les années 80. Le quintet va nous proposer une Setlist couvrant leurs 40 ans de carrière. Les débuts seront magistralement représentés par « March Of The Saint » et « Can U Deliver » du premier album ainsi que « Aftermath » et « Long Before I Die » du second. Les 2 extraits du tout nouvel album « Emotion Factory Reset » que sont « Close To The Bone » et « Hit A Moon Shot » prouveront à tous qu’Armored Saint est un groupe avec lequel il faut encore compter en 2026 et c’est tant mieux !

Direction la Swamp pour découvrir Soen venu tout droit de Suède avec son Metal Prog’ plutôt inspiré. Pas mal du tout à vrai dire mais je dois repartir assez vite pour être bien placé devant la Prison en vue du phénomène Body Count. On le sait, ces Californiens déjantés drainent les foules. Ceux qui ont tenté d’accéder à l’ancienne Warzone pour les voir il y a quelques années s’en souviennent encore !

Dès « Body Count’s In The House » c’est la folie dans la fosse et le nuage de poussière refait son apparition pour le plus grand désagrément de nos bronches. Ice-T est toujours en grande forme même s’il approche les 70 printemps. Il n’a pas la langue dans sa poche pour critiquer la déconstruction en cours des mâles par les féministes (coucou Sandrine Rousseau !). Ernie C, avec sa coiffure de plus en plus rebelle, délivre des soli ravageurs. Juan Of The Dead et tous les autres se donnent sans compter comme si c’était leur ultime prestation. La tension ne retombe pas avec la reprise de Slayer « Raining Blood » et ça repart de plus belle avec les brûlots que sont « There Goes The Neighbourhood », « The Purge », « Manslaughter », « Psychopath », le « Disorder » de The Exploited et bien sûr « Talk Shit, Get Shot » et « Cop Killer ». Body Count sera comme souvent un des grands gagnants de la journée.

Toujours en quête de nouveautés, je retourne à la Swamp pour Health qui nous vient de Los Angeles. Ce groupe pratique un Indus’ teinté de Noise et de Dance influencé par les 80’s et ce n’est pas pour me déplaire. Les compos sont variées et redoutablement efficaces. Ça m’a un peu rappelé Combichrist que j’avais vu quelques heures auparavant. J’ai vu que le combo passe au Bataclan bientôt, je pense que je vais retourner les voir pour approfondir les choses.

L’évènement de la journée, pour ne pas dire du Week-End, c’est le passage de Savatage sur la Prison. Pour les avoir retrouvés sur la MS du Hellfest l’année dernière en si bonne forme et avoir pris une grosse claque à cette occasion, je n’allais pas rater ça… Le Set sera un peu différent de celui de Clisson même si tous les « tubes » seront au rendez-vous. On retrouve Zak Stevens au chant, les excellents guitaristes Al Pitrelli et Chris Caffery, Johnny Lee Middleton à la basse et Jeff Plate à la batterie. Jon Oliva est toujours absent de la tournée du fait de ses ennuis de santé mais sera visible sur les écrans pour son désormais traditionnel duo virtuel avec Zak sur le magnifique « Believe ». Son frère Criss, guitariste fondateur décédé en 1993, sera lui aussi honoré via des images d’archive fort émouvantes. Les Américains iront piocher dans presque tous les albums de leur carrière pour alimenter la Setlist. De « Morphine Child » au très attendu « Hall Of The Mountain King » en passant par « Edge Of Thorns », « Strange Wings », mon préféré « Gutter Ballet » ou encore « Power Of The Night », tous les fans des Floridiens y trouveront leur compte. Savatage est bel et bien de retour et on attend de pied ferme le nouvel album à sortir…

Mais la journée est loin d’être finie car c’est la France qui est à l’honneur sous la Swamp avec Igorrr. Le groupe de Gautier Serre, que je ne connaissais que de nom, va être ma révélation du jour. Ce mélange de musique classique, de Death, de Black, d’Indus’, de Trip Hop… Bref ce Maelstrom musical est une pure tuerie ! Le chant Guttural de JB Le Bail mêlé au chant clair de Gerda Iguchi est absolument divin. Musicalement c’est archi technique et interprété avec une précision extrême. Gautier est le maître de cérémonie de ce Show créatif et addictif. J’aurais su que c’était aussi bon, je serais allé voir Igorrr depuis bien longtemps. Très heureux de les avoir découverts grâce à Alcatraz en tout cas !

Autre bonne surprise ce sera Slaughter To Prevail sur la Prison. Je ne suis pas dans le cœur de cible du Deathcore d’habitude mais je dois dire que j’ai pris une énorme baffe avec ces Russes. Un Show et un son énormes. Leur arrivée sur scène avec les masques annonce un concert dantesque et ce fut le cas. Alex Terrible, le chanteur, a une présence et un charisme incontestables. Les 4 autres musiciens ne sont pas en reste et ça mitraille à tout va. Les compos sont relativement variées pour ce genre de Metal d’habitude si linéaire. Les fans sont venus en nombre et ça bouge bien dans la fosse. 80 minutes de chaos et d’adrénaline que je suis pas près d’oublier…

Dans la foulée de STP je me rends pour la première fois sous le chapiteau de l’Helldorado où officient les Ecossais de Bleed From Within. Malgré la fatigue de la journée je prends un réel plaisir à l’écoute de leur Metalcore agrémenté régulièrement par la voix mélodieuse et enchanteresse de Hannah Boulton. Sachant que je les reverrai dans 2 semaines sur la scène Craft du V And B Fest, je prends discrètement congé et me rends à La Morgue pour Warrior Soul.

Voilà un groupe américain que j’avais découvert à ses débuts, en 1990 à Bercy, en 1ère partie de Metallica/Dio/Bonham… Mais je ne me rappelle absolument pas de la prestation du combo de Kory Clarke. Le New Yorkais continue de proposer un Hard Rock assez classique mais néanmoins énergique avec son Look Glam et ses sorties politiques aussi tonitruantes qu’inutiles. C’est sympa 5 minutes mais ça tourne sérieusement en rond sur la longueur ! Je décide donc de rejoindre mes pénates et de me reposer en prévision des 2 dernières journées à venir à l’Alcatraz


Samedi :


Une fois n’est pas coutume, je jette mon dévolu sur un groupe belge de Goregrind pour commencer ma journée de samedi : Brutal Sphincter. Je ne regrette pas mon choix car leur Show est aussi Fun que techniquement irréprochable. Beaucoup d’humour chez ces Liégeois qui inventent le Wall Of Death de l’avant vers l’arrière, entre Flamands d’un côté et Wallons de l’autre, et non de gauche à droite pour soi-disant éviter les traditionnels clivages politiques ! A l’instar de Gutalax qui jouera en final du festival, le quintet n’est pas avare en blagues potaches et en cris de cochons divers et variés. Grosse ambiance dans l’Helldorado avec ces grands enfants qui nous proposent pas mal d’extraits de leur album « Analhu Akbar » comme « Hijab Is Feminism », « Make Goregrind Great Again » ou le surprenant « Sphinctroduction » sans oublier leur dernier opus sorti l’année dernière « Sphinct-Earth Society » qui contient aussi son lot de pépites… Un moment de détente pour attaquer la programmation du jour !

Je file à la Prison voir Firewind mais malgré le talent de Gus G. et de Herbie Langhans je ne rentre pas dans ce Power Metal très conventionnel et surfait. Heureusement Kittie va remettre les pendules à l’heure sur cette même scène avec son Nu Metal. Le groupe des sœurs Lander, Mercedes à la batterie et Morgan au chant et à la guitare, ne fait pas dans la dentelle et délivre un Show carré et d’une efficacité redoutable. Les 2 autres musiciennes font le Job et les 50 minutes du Set passent à la vitesse de la lumière. Franchement les Canadiennes ont été à la hauteur de leur réputation…

Il en sera de même pour Metal Church que je revois enfin près de 10 ans après le Hellfest et surtout près de 40 ans après leur 1ère partie de Metallica et Anthrax au Zénith de Paris. J’attends beaucoup de ce 3ème concert des Américains me concernant et je ne vais pas être déçu… Ne subsiste des 80’s que le guitariste rythmique fondateur Kurdt Vanderhoof mais il est très bien entouré encore aujourd’hui… Le Lead Guitarist Rick Van Zandt l’a rejoint en 2008. Les 3 autres sont beaucoup plus récents puisqu’ arrivés il y a 2 ans : le vocaliste Brian Allen, le batteur Ken Mary qui joue aussi avec Flotsam & Jetsam et Last But Not Least une vieille connaissance, David Ellefson, que Dave Mustaine avait éjecté de Megadeth il y a 5 ans. Malgré sa « jeunesse », la formation apparaît bien soudée et prête à en découdre. Ce sera le cas avec pas mal de titres des années 80 extraits des 3 premiers albums comme les incontournables « Beyond The Black », « Watch The Children Pray », « Start The Fire », « Fake Healer » et bien sûr le phénoménal titre éponyme « Metal Church ». Ils nous offriront même 2 nouveautés extraites de leur dernier album en date « Dead To Rights » sorti en avril. Mon seul regret c’est qu’ils n’aient pas repris le « Highway Star » (de qui on sait !) comme sur le premier album car j’adore leur version bien Speedée. Quel plaisir de revoir Metal Church en 2026 !

Après avoir vainement essayé de trouver un quelconque intérêt au Symphonic Black Metal des Néerlandais de Carach Angren, je reviens au plus vite à la Prison pour Biohazard. Ce sera mon 4ème rendez-vous avec ces chantres du Hardcore New-Yorkais après la 1ère partie de Slayer à Bercy il y a 25 ans, le Hellfest 2010 et ce concert imprévu lors d’un séjour en Croatie en 2014. Formation originelle du groupe américain avec le fameux Evan Seinfeld au chant et à la basse (bien connu également des amateurs de films X), le toujours blond Billy Graziadei qui chante et s’occupe de la guitare rythmique et accessoirement n’hésite pas à se jeter dans la foule, Bobby Hambel à la Lead Guitar et Danny Schuler derrière les fûts. Pas mal de titres de leur second album « Urban Discipline » dont le titre éponyme, « Shades Of Grey » et l’excellent « Punishment » qui voit le chanteur et le bassiste de Sworn Enemy les rejoindre sur scène. Quelques extraits de leur dernier opus « Divided We Fall » sorti en octobre dont « Fuck The System » qui réussit haut la main l’épreuve de la scène. Et puis cet hommage émouvant au chanteur de Sick Of It All, Lou Koller, disparu il y a peu avec le « Hold My Own » des tout débuts. Le Hardcore Old School de Biohazard a encore de beaux jours devant lui…

Tout comme le Metalcore de Hatebreed que j’avais malheureusement loupé sur la Warzone du HF en juin au profit de Behemoth (que j’aime également beaucoup !) sur la Mainstage. On ne peut pas être partout… Je vais donc me rattraper ce soir à Courtrai. Le combo américain vient de fêter ses 30 ans de carrière mais l’énergie reste intacte. Il suffit de voir la taille du nuage de poussière qui s’élève devant la Prison pour le vérifier, record du festival haut la main ! 18 titres en 1 heure c’est aussi une sacrée performance. De « I Will Be Heard » à « Looking Down The Barrel Of Today » en passant par « Destroy Everything » ou encore « Seven Enemies », Hatebreed a proposé un véritable Best Of de sa carrière à un public conquis par cette pluie de décibels et de riffs tranchants. Très heureux d’avoir enfin vu ce groupe dont j’avais beaucoup entendu parler…

J’ai ensuite été faire un tour à la Swamp pour Alcest. Plutôt reposant après la tornade Hatebreed mais l’appel de Testament sur la Prison sera le plus fort. Après les Hellfest de 2016 et 2019 ce sera mon 3ème rendez-vous avec les Thrashers californiens. Je retrouve Chuck Billy au chant et Alex Skolnick et Eric Peterson aux guitares, tous d’origine (ou quasiment !). La section rythmique est arrivée plus récemment, le poste de batteur ayant vu un nombre record de titulaires tout au long de la carrière du quintet. Magnifique décor de scène avec le gigantesque squelette menaçant qui domine la scène. Là encore pas mal de titres des années 80 dont les très appréciés « First Strike Is Deadly », « Over The Wall », « Into The Pit » ou encore « Practice What You Preach » qui mettront la foule en transe. Et puis des extraits du dernier album en date « Para Bellum » comme les excellents « Infanticide A.I. » et « Shadow People » que j’ai découverts à cette occasion. Testament mérite bien de rester au panthéon des meilleurs groupes de Thrash de l’histoire, pas très loin du Big 4

Je file à La Morgue pour faire connaissance avec les Brésiliens de Ratos De Porao, du Crossover Thrash vraiment bien troussé, avant de revenir à la Prison pour les très attendus Arch Enemy. De base je ne suis pas très amateur de Melodeath et j’y vais donc un peu à reculons. Pour les avoir déjà vus en 2010 au Hellfest, je peux dire que ça ne m’a pas marqué ! On m’a dit qu’il fallait absolument que je découvre la nouvelle chanteuse qui remplace Alissa White-Gluz : Lauren Hart. Elle a l’air effectivement très sympathique et chante très bien. Par contre musicalement ce n’est toujours pas ma tasse de thé. Les titres se suivent et se ressemblent tous. Le Show est spectaculaire assurément mais au service de mélodies formatées qui génèrent un ennui profond chez l’auditeur que je suis. Pas la peine d’insister donc !

Ultime passage du jour à La Morgue pour Coroner. C’est le 3ème groupe que j’avais découvert au Zénith en 1989, en 1ère partie de Motörhead, après Sacred Reich et Crimson Glory dont j’ai parlé précédemment. Revus au Hellfest en 2011 ce sera donc mon 3ème concert des Suisses ce soir. Tout comme pour Voivod il faut pas mal de courage pour rentrer dans leur Thrash/Prog’ très technique et je n’ai plus vraiment la force après une journée aussi dense. Tant pis, peut-être à une autre occasion…


Dimanche :


Mon dimanche commence vers 15h00 après une visite de la ville de Courtrai, histoire de se cultiver un peu… Animals As Leaders déverse son « Metal Fusion » sur l’Helldorado devant un public déjà nombreux et amateur de Djent ! Le trio est très connu et apprécié des amateurs de ce sous-genre du Prog’. J’ai retrouvé un peu des Aristocrats voire de King Crimson dans la musique de ces Américains. Techniquement c’est assez ardu et il faut un temps d’adaptation mais au final ça le fait bien ! Les 3 musiciens (2 guitares à 8 cordes et batterie) sont de redoutables instrumentistes et restent concentrés pendant tout le Set sur leur jeu. La Setlist consiste en 9 titres piochés dans leur discographie relativement spartiate pour une vingtaine d’années de carrière mais il faut dire qu’ils ont aussi des Side-Projects qui les occupent visiblement pas mal. Belle découverte en ce qui me concerne !

Je tente Anaal Nathrakh à la Swamp mais c’est un peu extrême pour mes esgourdes. Puisque Rose Tattoo a annulé sa venue à l’Alcatraz pour cause d’hospitalisation d’Angry, les Américains de Warrior Soul ont repris le Slot sur la Prison. J’ai trouvé leur Set sur cette grande scène un peu mieux que sur La Morgue 2 jours auparavant mais ça reste assez convenu et le chanteur apparaît vite pénible…

Impossible d’accéder à la Swamp pour la prestation des Islandais de MisÞyrming accompagnés de Nergal tant il y a de monde sous le chapiteau. Ils reprennent ensemble l’intégralité du premier album de Behemoth « Sventevith (Storming Near The Baltic) » qui fête ses 30 ans mais je ne pourrai en profiter que de loin. Même si je ne suis pas un grand amateur de Black, Behemoth est pour moi une exception que je revois toujours bien volontiers comme au Hellfest en juin dernier et bientôt à Paris…

J’avais déjà vu Nevermore en 2010 eu Hellfest, juste avant la scission l’année suivante, mais je ne m’en souviens absolument pas. Visiblement ils sont de retour et passent sur la Prison. J’ai voulu voir ce que ça donnait et j’ai péniblement tenu ¼ d’heure. Quel ennui abyssal ! Et dire qu’il va falloir se les coltiner de nouveau avant Judas en septembre au Zénith

Fort heureusement Death Angel va remettre l’église au milieu du village sous la Swamp avec son Thrash de haute tenue que j’avais déjà pu apprécier au Hellfest en 2014. Ne subsistent des années 80 que Rob Cavestany à la Lead Guitar et Mark Osegueda au chant mais c’est déjà pas mal car ils sont l’âme de DA. Les 3 autres sont arrivés Post-2000 et assurent comme il faut. Leur 10ème album studio tardant un peu à sortir ils vont nous délivrer un Best Of de leur longue carrière avec des classiques comme « Evil Priest », « Mistress Of Pain » ou encore « Bored » qui n’ont pas pris une ride. Rob et Mark sont dans une forme olympique et la machine DA tourne à plein régime.

Sans attendre la fin du Set des Californiens, je me dois de retourner à la Prison pour le groupe le plus important du Week-End et celui que j’ai aussi vu le plus sur scène : Saxon. Ce sera en effet mon 30ème en un peu plus de 45 ans de fidélité au groupe britannique. Le Set ne va malheureusement durer qu’une petite heure et Biff en est le premier désolé… 11 titres seulement pour ce passage en terres belges mais que du bon ! Tous issus du début des années 80, quand Saxon dominait la New Wave Of British Heavy Metal, à l’exception notable de « Solid Ball Of Rock » de 1991 qui fait son retour dans la Setlist et « Hell, Fire And Damnation », promo du dernier album en date oblige. Sublime version de « Wheels Of Steel » comme toujours. J’ai hâte de les revoir à Mennecy le mois prochain et de découvrir le nouvel album « Gods Of Thunder » en janvier…

Sur la Swamp ce sont Glen Benton et son Deicide qui ont pris le relais. Eux je les avais vus en 2016 au Hellfest et je dois dire que je m’en souviens encore car c’est brutal, presque autant que Cannibal Corpse ! Glen n’est d’ailleurs pas le seul membre originel restant depuis 40 ans puisque le batteur Steve Asheim est toujours fidèle au poste lui aussi. De « When Satan Rules His World » à « Homage For Satan », le diable va être omniprésent dans la Setlist de ces Américains pas très « catholiques » ! En tout cas les amateurs de Death y ont trouvé leur compte…

Mon autre « découverte » majeure du Week-End arrive maintenant sur la scène Prison : Lamb Of God. A vrai dire j’avais vu le groupe de Randy Blythe en 2015 au Hellfest mais je n’en ai aucun souvenir. Tout le contraire d’aujourd’hui car je vais prendre une énorme claque ! Hormis Randy je retrouve Mark Morton à la Lead Guitar, Willie Adler à la guitare rythmique et John Campbell à la basse, tous les 4 des débuts du groupe il y a une trentaine d’années. Pas de Steven Adler derrière les fûts par contre, celui-ci ayant été remplacé par le non moins excellent Art Cruz il y a 7 ans. Le Show est énorme et musicalement c’est une machine de guerre. Tous les « tubes » de LOG vont être interprétés avec une énergie décuplée. De « Ruin » à « Redneck » en passant entre autres par « Laid To Rest » ou « Memento Mori », Randy va se donner à fond pour les fans de ces Stars du Metalcore qui méritent amplement leur succès planétaire…

Petit tour à La Morgue pour revoir Voivod pour la 3ème fois après le Hellfest 2010 et la 1ère partie de Gwar au Forum Vauréal en 2019. Comme pour Coroner la veille, impossible de rentrer dans le truc à mon grand regret. Je décide donc d’opter pour une nouvelle dose de Metalcore avec The Ghost Inside à l’Helldorado. Bien m’en prend car le Show est d’une grande qualité. Le groupe existe depuis 2004 mais seul le chanteur Jonathan Vigil est d’origine. Il faut dire que la vie est loin d’avoir été un long fleuve tranquille pour ces Américains à commencer par l’accident de bus de tournée de 2015 qui a vu le batteur Andrew Tkaczyk perdre une jambe et devoir réapprendre à jouer avec une prothèse. C’est peut-être ça qui donne au quintet cette force de jouer un Metalcore aussi percutant que viscéral !

Malgré la fatigue je reste jusqu’au bout du festival pour voir Gutalax sur la Swamp. Sur les conseils de mon fils j’avais été les voir l’année passée au Hellfest et j’étais ressorti conquis de l’Altar. Rebelote donc à l’Alcatraz. Le groupe commence un peu en retard et devra de ce fait réduire son Set à 45 minutes. Le Leader nous expliquera qu’ils ont fait 14 heures de route pour venir de République Tchèque et qu’ils sont arrivés juste 20 minutes avant le début annoncé de leur Show. De surcroît ils repartent juste après pour un nouveau périple d’une durée équivalente jusqu’à chez eux… On leur pardonne donc ce petit contretemps. Pas mal de fans dans la fosse, avec la même combinaison blanche que le groupe porte sur scène, des rouleaux de PQ en veux-tu en voilà… Quand les Tchèques déboulent sur scène c’est déjà le gros chaos dans la salle. Ils font rentrer une véritable cabine de WC mobile dans le Pit et elle va servir de moyen de locomotion pour les Crowdsurfers avant d’être totalement détruite. Les brosses à chiotte volent de toute part, lancées par le vocaliste, ou devrais-je dire Gromelleur, Maty. « Musicalement » c’est du pur Goregrind et c’est totalement addictif. Des morceaux comme « Assmeralda », « Diarrero », « Poopcorn », « Vaginapocalypse », « Spermustache », « Shitbusters » ou le tout nouveau « We Are What We Shit » vont déclencher l’hystérie dans le public. Un moment de pure folie collective pour terminer en beauté cet Alcatraz 2026

On reviendra volontiers l’année prochaine !