V & B Festival @ Château-Gontier-sur-Mayenne,
du 20 au 23 août 2026.
Live Report par : Olivier Carle
& images par : Tomi Carle


Après l’Alcatraz en juillet je pars à la découverte d’un nouveau festival, le V & B à Château-Gontier-sur-Mayenne. Il s’agit de la 6ème édition de cet événement atypique depuis 2019. La programmation y est très éclectique et va de la variété française au Metal en passant par l’Electro, le Rap ou la Techno. 5 scènes : la « Château » et la « Médiator » qu’on pourrait comparer aux Mainstages du Hellfest, une scène orientée Rock/Metal, la « Craft », une énorme scène baptisée « Terminal » avec une scénographie apocalyptique qui attire les revers et une petite scène pour les « découvertes ». A cela s’ajoutent des lieux festifs comme le Barrio Havana ou le Crash Bar qui proposent des animations à thème avec des DJ. Le lieu est absolument gigantesque et se situe sur le Domaine La Maroutière avec son château et sa chapelle qui servent de zone VIP pendant le fest. Le lieu appartient à la société V & B qui vend (comme son nom l’indique) du vin, de la bière (et des spiritueux) dans des boutiques franchisées à travers l’hexagone. Elle a donné son nom à ce festival qui avait commencé en 2019 avec 36.000 participants et qui en est en 2026 à plus de 210.000. Pas mal pour un événement qui se tient sur 4 jours (5 cette année) et qui est fréquenté à 80% par des festivaliers venus des pays de la Loire. Contrairement au grand frère du Hellfest on n’entend pas beaucoup parler anglais, allemand ou japonais dans le public du V & B même si la Prog’ est maintenant en partie internationale. La volonté de la direction est d’en faire un lieu de confort pour les festivaliers avec un espace au sol optimal, des facilités de circulation entre les scènes, une offre large en termes de restauration et de breuvages et une programmation susceptible d’attirer un très large public à la fois familial et plus spécialisé. On ne sera donc pas surpris de voir Robbie Williams et Moby côtoyer les Sex Pistols et Airbourne voire Lorie et Jul. La scène Metal est bien représentée, essentiellement à la scène Craft, notamment grâce à l’arrivée récente à la programmation de Yoann Le Nevé, un des membres fondateurs du Hellfest. Il est clair que j’ai concentré par goût personnel mon attention sur la Craft mais je n’ai pas hésité à aller explorer les autres scènes pour découvrir pas mal de très bonnes choses… En voici le résumé !

Jeudi :
Je commence la première journée par un groupe qui monte, Ashen. Le quintet parisien n’a qu’un seul album à son actif, « Chimera » sorti l’année dernière, mais on sent déjà un fort potentiel. Sa reprise de « Smells Like Teen Spirit » (de qui on sait !) est très réussie et obtient un franc succès sur scène. Même s’il ouvre le festival, le combo attire déjà une assistance conséquente et c’est la folie devant la scène Craft avec des Slams, Circle Pits et Walls Of Death à gogo. Le style est à la croisée du Metalcore et du Rock et le chanteur a un charisme incontestable. Les autres musiciens assurent parfaitement et on comprend pourquoi Veryshow leur a accordé sa confiance pour les tournées. Lors de leur passage au Hellfest 2025, Will Ramos de Lorna Shore leur a même offert un Feat, c’est un signe ça !

Petit tour à la Château pour l’idole des adolescentes ou plutôt de nos jours des ménagères de plus ou moins de 50 ans, Matt Pokora. Ce n’est vraiment pas ma « Cup Of Tea » mais je reconnais que cet artiste très populaire sait se mettre le public dans la poche. Il ira même jusqu’à offrir des pizzas aux premiers rangs en intro de son tube « Dangerous » composé avec Timbaland.

Retour à la Craft pour Slomosa. Je n’avais guère été bluffé sur la Valley du Hellfest l’année dernière et ça ne va guère s’améliorer en 2026. On compare parfois ces Norvégiens à Kyuss mais on est bien loin du talent des Californiens. Et puis ce discours « politique » totalement dénué d’intérêt n’arrange rien et rend leur prestation encore plus pénible ! Next

A la Château je jette un œil à Feu ! Chatterton. Je ne connaissais que de nom mais visiblement il draine une foule conséquente. Pas trop compris le succès de ce groupe sans doute trop « intello » pour moi…

Stoned Jesus va également me laisser de marbre tout comme au Hellfest en juin. Par contre je vais tomber sous le charme de Parcels sur la Médiator. Voilà un groupe australien que je ne connaissais pas du tout et qui va délivrer un Set tout en Groove et en finesse. Ce sont visiblement des copains de Daft Punk et on retrouve ce mélange de Pop, de Funk, de Disco cher au mouvement « French Touch ». Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le combo rend hommage à Kavinsky, récemment décédé, via le titre « Nightcall » qui obtiendra un franc succès…

Le meilleur reste à venir à la Château avec une prestation éblouissante de Robbie Williams. Je ne l’avais pas revu depuis son Zénith en 1999 et même si l’ex-Take That a pris un petit coup de vieux depuis, il reste un incroyable séducteur et un performer hors pair. Beaucoup d’humour et d’auto-dérision durant son Show mais certains auront probablement des doutes sur la supposée mégalomanie qui ressort de ses propos. De « Let Me Entertain You » au très attendu « Angels » en passant par « Rock DJ », « Feel » ou « Supreme », tous les tubes de la Star britannique seront au rendez-vous. Le public, notamment féminin, est aux anges. Il y aura aussi pas mal de reprises superbement interprétées comme « Relight My Fire » qui lui permettra de lancer quelques piques à son ancien Boys Band et notamment à son Leader Gary Barlow… Et puis « She’s The One » de World Party sans oublier « My Way » et le thème de « New York, New York » pourtant pas faciles à chanter !

Mais je pense que le moment le plus Fun et apprécié des fans sera celui de la présentation de ses musiciens. Chacun d’entre eux aura choisi un morceau légendaire et en interprétera les premières mesures, déclenchant l’hystérie dans la foule. Motörhead, les Beatles, Queen, Eurythmics… seront repris à l’unisson par près de 40.000 choristes d’un jour dont la désormais célèbre Marilyn qui n’est pas près d’oublier ce concert. Sans aucun doute l’un des temps forts de cette 6ème édition du V & B

Retour ensuite à une ambiance plus métallique avec Bleed From Within sur la Craft. J’avais découvert ces Écossais au début du mois à l’Alcatraz mais sachant que j’allais les revoir au V & B quelques jours plus tard j’avais vite opté pour Warrior Soul sur une autre scène. Cette fois je vais donc profiter pleinement de leur Set même si Hannah Boulton n’a pas fait le déplacement avec eux ce soir. Leur Metalcore est toujours aussi percutant et remarquablement interprété. Le quintet semble avoir trouvé son parfait équilibre avec l’arrivée en 2017 de Steven Jones aux voix claires et à la guitare rythmique. Le nouvel album « Zénith », sorti l’année dernière, sera bien représenté dans la Setlist avec notamment les excellents « A Hope In Sun », « Dying Sun », « God Complex » et « In Place Of Your Halo ». Grosse ambiance dans le Pit avec ces Écossais dont on n’a pas fini d’entendre parler…

Je me dirige maintenant vers la scène Terminal pour profiter un peu de l’ambiance Rave-Party. Elle est située assez loin des autres histoire de ne pas rentrer en conflit sonore avec elles. Ce sera d’ailleurs malheureusement parfois le cas en particulier avec la scène Découvertes située juste en face. Tout est dans la démesure à la Terminal : le son, les lumières, la scénographie, le nombre de Ravers… Je tombe sur Urumi qui officie derrière les platines et ça pulse sérieusement. Le décor d’une rame de métro fantomatique qui couvre tout le fond de l’espace, associé à des lasers et des effets lumineux stroboscopiques, est tout à fait impressionnant pour le néophyte que je suis en termes de Techno et Rave-Party.

Je poursuis ma découverte de l’Electro d’aujourd’hui avec Dimitri Vegas sur la scène principale. N’étant, vous l’aurez compris, pas un spécialiste de ce genre musical j’avoue humblement que je ne le connaissais pas. D’habitude il officie avec son frère Like Mike dans les plus prestigieux festivals comme Tomorrowland par exemple. Là il est tout seul mais le Set est d’une efficacité redoutable et le public se lâche à fond sur sa House de haut niveau. A découvrir, je recommande vivement…


Je reviens ensuite à mon genre de prédilection avec Violence sur la Craft. Ce groupe français mélange Indus’, Bass Music et Dubstep. Fondé par Frédéric Garcia (Niveau Zero) qui vient de l’Electro et s’occupe des machines, il compte également dans ses rangs le chanteur John Kasadi, le guitariste Fabio Meschini et le batteur Morgan Sansous. Le moins que l’on puisse dire c’est que ça déménage, peut-être même un peu trop au vu de l’heure tardive de la prestation. Néanmoins le public présent, malheureusement peu nombreux, se laisse emporter par ces rythmiques martiales et ce déchaînement de basses apocalyptiques. Pas forcément ce que j’écouterai tous les jours mais une belle découverte avant d’aller me reposer en vue de la seconde journée qui s’annonce tout aussi passionnante…


Vendredi :


La 1ère à jouer en cette journée de vendredi c’est Laura Cox sur la Craft. Ce sera mon 10ème concert de Laura en 10 ans. Depuis cette 1ère partie de Band Of Friends à la Batterie Guyancourt la belle Laura a réellement pris son envol et est devenue une vraie pro de la scène. Son groupe a pas mal changé puisque seul subsiste de l’époque son fidèle batteur Antonin. A celui-ci s’ajoutent l’excellent Adrien à la basse et un claviériste. Autant dire que Miss Cox doit s’acquitter seule de toutes les parties de guitares mais pas de souci car c’est son domaine depuis fort longtemps lorsqu’elle publiait des tutos sur ce sujet sur Youtube avec des millions de vues. Elle en est maintenant à son 4ème album studio et chacun sait tout le bien que je pense du dernier « Trouble Coming » qui marque un véritable tournant artistique dans sa carrière. Elle en jouera d’ailleurs pas mal d’extraits dont les excellents « Do I Have Your Attention » et « The Broken ». Les précédents ne seront pas pour autant négligés avec notamment le très attendu « Hard Blues Shot ». Dommage que ce 1er concert commence à peine 20 minutes après l’ouverture des portes du festival car Laura aurait mérité plus de monde pour son Set particulièrement réussi…

Je vais jeter un œil à la désormais bien connue Louane sur la Château. Mais je repars assez vite car je n’apprécie ni sa voix, ni les compos.

Changement d’ambiance avec Guit Trip sur la Craft. Le groupe venu de Manchester propose un Hardcore/Metalcore décoiffant dans la lignée de Machine Head avec un peu de Hatebreed dedans. Ça Shredde à tout va et la fosse s’en donne à cœur joie. Le seul reproche que je ferai c’est que les compos se ressemblent toutes et que le Set s’enfonce assez vite dans la monotonie…

Du fait du désistement tardif de Charlotte Cardin, c’est Adèle Castillon qui prend son Slot sur la grande scène et là c’est le coup de foudre immédiat pour moi. On ne peut que tomber sous le charme de son Electro-Pop rafraîchissante. Cette jeune fille de 24 ans avait déjà eu un gros succès lorsqu’elle faisait partie du duo Videoclub avec Matthieu Reynaud. C’était « Amour Plastique » qui a cartonné sur les plateformes. Elle nous en délivrera une excellente version au V & B. Sinon la Setlist s’appuie sur ses 2 albums solo parus en 2023 et 2025. Les compos sont variées et très bien troussées. Le public ne s’y trompe pas qui réserve un accueil chaleureux à l’Angevine qui ne boude pas son plaisir d’être au final sur la grande scène.

Le passage de Last Train sur la scène Craft est bien évidemment un incontournable. J’avais été fortement impressionné par leurs prestations à Guitare En Scène en 2022 et au Hellfest l’année passée. Il faut dire que la machine LT est bien huilée avec des musiciens très habités et un chanteur archi-charismatique. La Setlist s’appuie sur les 3 albums studio des Alsaciens qui vont bientôt fêter leurs 20 ans de carrière. Le point d’orgue reste toujours « The Big Picture » qui termine le concert comme un véritable orgasme libérateur et qui remporte un succès mérité. On ira bien volontiers revoir le quartet en tête d’affiche début octobre au Zénith parisien !

Tout comme pour l’Electro, je suis bien loin d’être un amateur éclairé de Rap. Mon fils m’a néanmoins convaincu d’aller voir Damso sur la Château, histoire de développer ma culture musicale dans ce domaine. Je dois dire qu’il avait raison car le spectacle était au rendez-vous. Ambiance un peu zombie dans une scénographie clinique lors d’une longue intro précédant l’arrivée du rappeur congolais/belge devant une foule immense. Musicalement c’est plutôt bien foutu et très honnêtement on ne s’ennuie pas à condition d’oublier ses à priori et de se laisser porter par le Flow. Bon il vaut mieux également éviter d’écouter les textes parce que c’est malheureusement comme souvent dans le Rap d’une vulgarité et d’un sexisme sans limites !

Pas de Speed sur la Craft pour moi car les Sex Pistols sont sur la Médiator au même horaire. Un peu dommage d’ailleurs d’avoir mis en concurrence temporelle ces 2 groupes ! Ce sera mon 3ème concert des Britanniques en un peu plus d’un an, après le Hellfest et Retro C Trop. Toujours un plaisir de retrouver Glen Matlock, Paul Cook, Steve Jones et le remplaçant de luxe de Johnny Rotten, Frank Carter. Les fans de la première heure sont là, j’ai d’ailleurs repéré quelques Iroquois. Pas mal de familles aussi, histoire de faire découvrir aux plus jeunes l’esprit Punk de 1977. Comme je l’ai déjà dit auparavant, pas grand chose à voir cependant avec les SP de l’époque. On est loin de la rébellion et des provocations scéniques d’il y a 50 ans ! Steve a eu une longue carrière en tant que guitariste et il joue parfaitement bien, en tout cas beaucoup mieux qu’en 1977. Paul et Glen ont eu largement le temps de perfectionner leur art et ça tourne comme une horloge. Frank ne manquera pas d’aller une fois de plus au contact avec le public mais toujours dans un esprit bon enfant et sans agressivité aucune. Il nous refera même le coup du Circle Pit entièrement féminin pour montrer son sens aiguë de l’inclusivité très dans l’air du temps. Les morceaux sont toujours grosso modo les mêmes et les Boomers reprennent en chœur les « God Save The Queen », « Anarchy In The U.K. », « No Fun » emprunté aux Stooges ou encore « Pretty Vacant » et « Bodies ». Nostalgie quand tu nous tiens !

Après cette excellente prestation difficile de rentrer dans celle de Vald + Vladimir Cauchemar + Todiefor qui mélange Rap, Electro et performance visuelle. Je dois avouer que le spectacle est au rendez-vous mais c’est un peu « Too Much » pour moi. Du coup je fais également l’impasse sur Gravekvlt qui passe tardivement sur la Craft


Samedi :



On commence fort la journée avec The Dislockers sur la Craft. Voilà encore un groupe qui combine Hardcore, Electro et Hip-Hop. Le quartet vient de Nantes pour nous présenter son EP « Iconify » sorti en début d’année. Incroyable la puissance et la maîtrise de ces musiciens après seulement 2 ans d’existence ! La fosse en est toute retournée et les Circle Pits s’enchaînent. Un groupe à suivre assurément…

Le contraste avec Lorie qui passe maintenant sur la grande scène est tout à fait saisissant. Je sais qu’il est de bon ton de critiquer cette chanteuse mais ce serait aller un peu vite en besogne. Je l’avais découverte sur la scène du Zénith parisien il y a près de 25 ans et sa performance de l’époque était déjà bluffante. Entre temps elle a sorti pas moins de 8 albums studio et a changé quelque peu de cible puisqu’à 44 ans elle ne s’adresse plus aux enfants et aux ados mais plutôt à un public plus mature. Cela ne l’empêchera pas de reprendre ses hits de l’époque comme « Je Serai (Ta Meilleure Amie) » ou encore « Près De Moi » et cela même à 2 reprises avec la version « normale » et l’acoustique. Et puis bien sûr « Sur Un Air Latino » ou encore le très attendu « J’ai besoin D’amour » que les fans de la première heure ne lui pardonnerait pas de zapper. Mais j’avoue avoir un faible pour les titres plus récents et plus Electro comme « Je Vais Vite », « Un Garçon » ou « Si Je Tombe ». Elle est un peu la Sheila des années 2000 selon moi et c’est vraiment un compliment de ma part… Surréaliste en tout cas de voir des métalleux, présents probablement pour Airbourne qui passera sur cette même scène juste après, assister au Show de Miss Pester en toute quiétude voire même avec une once de nostalgie…

Même si je l’avais déjà vu il y a quelques mois à Paul B. de Massy, j’avais décidé de retourner voir Groundation à la Médiator. Grosse déception car le groupe de Harrison Stafford adopte un tempo très ralenti dès le début et se lance dans une reprise de Bob Marley dès le second morceau, comme s’il n’avait pas suffisamment de cordes à son arc dans sa propre discographie depuis près de 30 ans. Et même si j’adore « Jah Jah Know » qui déboule ensuite, je décide d’aller à la Craft voir Revnoir qui joue au même moment.

Encore du Metalcore me direz-vous ! Oui mais c’est tellement bien fait qu’on en redemande. Il faut dire que le quartet parisien ajoute pas mal de Rock et de Dark Electro dans sa musique et cela donne une dimension supplémentaire tout à fait appréciable. Des morceaux comme « Bang Bang », « In Limbo » ou « 20 mg » passent redoutablement bien l’épreuve de la scène et vont devenir des classiques du genre. Une des révélations de cette journée de samedi sans aucun doute !

C’est maintenant Airbourne qui va s’emparer de la Mainstage. Le groupe australien fait partie de la sélection Craft mais il lui fallait une grosse scène du fait de sa renommée et de son succès grand public. Je retrouve donc les frères O’Keeffe à peine un mois après leur prestation à Guitare En Scène. J’avais adoré leur concert à Saint-Julien-en-Genevois et il en sera de même à Château-Gontier-sur-Mayenne même si la poussière s’invitera pendant leur Set du fait des mouvements de foule. Le Show est à peu près le même qu’à GES avec la descente de Joel dans la foule sur les épaules du costaud de service, la sirène d’alerte activée par Ryan, la canette explosée sur le front, les verres lancés dans la foule… La Setlist également car on ne change pas une équipe qui gagne. Bien sûr ça ressemble toujours à leurs compatriotes d’AC/DC ou de Rose Tattoo mais c’est joué avec une telle ferveur qu’on en oublie la comparaison avec ces illustres aînés ! Grosse ambiance dans le Pit avec des Slams à tout va. Airbourne aura marqué de son empreinte cette édition 2026 du V & B.

Atmosphère plus spirituelle pour le passage d’Alcest sur la Craft. Tout comme à l’Alcatraz quelques jours auparavant, le groupe de Blackgaze va encore me séduire avec ses mélodies célestes et délicates qui alternent avec des envolées plus brutales et saturées. Ces Parisiens ont vraiment créé leur propre univers musical et nous ont offert une nouvelle fois un voyage sensoriel unique et inoubliable… Un concert d’Alcest ça ne se raconte pas, ça se vit !

Autre O.V.N.I. mais dans un genre différent c’est The Bloody Beetroots qui leur succède sur la Craft. Bob Rifo, le fondateur du projet, nous propose un DJ Set de Dance-Punk et d’Electro-House. Il est donc seul et s’occupe des machines et du chant. Arborant toujours son masque de Venom il n’hésite pas à venir au devant de la scène pour haranguer la foule. Musicalement c’est incontestablement original mais vite lassant sur la durée. Il obtient un certain succès auprès des aficionados présents et de quelques curieux venus découvrir le phénomène…

Mon coup de cœur du jour ira à Charlotte De Witte que je ne connaissais absolument pas. Venant de Belgique, elle est visiblement l’une des Stars de la scène électronique mondiale et se produit régulièrement dans des festivals comme Tomorrowland ou à Ibiza. Au vu de la foule réunie devant la scène Château, je comprends vite que le Show va être à la hauteur. Et effectivement la scénographie est tout à fait impressionnante avec des effets lumineux proches de ceux de la scène Terminal et un son enveloppant et hypnotique. Avec elle, la Techno devient une expérience sensorielle totale dont on ne se lasse pas. La preuve en est que je suis resté jusqu’au bout de son Set puissant et totalement maîtrisé.

Malgré l’heure tardive je décide ensuite de finir en beauté la journée avec Septaria. Sage décision car le Set des Vauclusiens fut passionnant de bout en bout. Signé sur le Label Klonosphere, le quartet propose un mélange de Prog’, de Post-Metal, de Death et d’Ambient. Le résultat est tout à fait réussi même si la formation est encore jeune puisque Septaria s’est formé il y a 5 ans. A suivre donc…


Dimanche :


C’est Fragile qui a la lourde charge d’ouvrir le festival sur la Craft. Franchement je n’ai pas été bluffé par leur prestation de Hardcore mélodique d’un ennui abyssal.

Ça n’ira guère mieux sur la Château avec la chanteuse pour prépubères nommée Helena.


Heureusement Urne va largement relever le niveau sur la Craft. Ce quartet britannique fête ses 10 ans et mélange Stoner et Sludge avec une touche de Prog’. Il est le protégé de Joe Duplantier de Gojira qui a produit son second album de 2023. Il vient nous présenter son nouvel opus « Setting Fire To The Sky » sorti au début de l’année. J’ai été particulièrement impressionné par leurs 2 brûlots « Be Not Dismayed » et « Harken The Waves » même si le reste de la Setlist était du même acabit. Encore une heureuse découverte à ce V & B.

Après un petit détour par la Médiator pour voir Superbus qui délivre sa Pop vitaminée et notamment ses excellents et très attendus « Butterfly » et « Lola », je vais maintenant assister au meilleur concert des 5 jours de festival à savoir celui de Moby. J’avais découvert ce talentueux New-Yorkais à l’Élysée Montmartre en 2000 juste après la sortie de son album le plus populaire « Play ». Autant la musique était bonne, autant le Show de l’époque m’avait paru décevant. Il en sera tout autrement en ce dimanche soir sur la scène principale du fest et devant une foule innombrable. Moby est le maître de cérémonie de la performance et joue de la guitare, des claviers et des percussions. Il est accompagné de 2 formidables chanteuses qui vont nous montrer l’étendue de leurs capacités vocales notamment pour les extraits de « Play ». Il y a aussi une section de cordes (violon et violoncelle) composée de 2 ravissantes demoiselles au Look très sophistiqué. Et également un batteur et un responsable des machines/synthés. Des vidéos agrémenteront le spectacle avec notamment un hommage appuyé à son amie Jane Goodall, récemment décédée et qui comme lui a toujours défendu la cause animale. La Setlist va donner une large place aux tubes de « Play » comme les Groovy « Find My Baby » et « Why Does My Heart Feel So Bad ? », l’envoûtant « Honey », l’incontournable « Natural Blues » avec la présence exceptionnelle du fabuleux Jacob Lusk au chant et le mythique « Porcelain ». L’album suivant de 2002 « 18 » sera lui aussi bien représenté avec « Extreme Ways » chanté par Moby, le divin « In My Heart » et le poignant « In This World » qui donne l’occasion à l’une des 2 choristes de nous charmer avec sa voix angélique. Le concert se terminera par un « Feeling So Real » totalement House qui déclenchera la folie dans la foule… J’avoue que je n’aurais jamais pensé que les chansons de Moby pourraient passer aussi brillamment l’épreuve de la scène, franchement chapeau l’artiste !

Autre Set fort sympathique, celui de The Avener sur Métropolis. Le DJ français mixe Deep House et Electro et c’est un grand moment. Il reçoit d’ailleurs un accueil très chaleureux du public venu nombreux assister à sa prestation.

Et ça continue de plus belle avec le grand DJ allemand Paul Kalkbrenner qui s’est lui aussi fait un nom sur la scène internationale. Énormément de monde pour son Set et c’est amplement mérité. Avec des titres comme « Ninety-Two » ou celui avec Stromae « Que Ce Soit Clair » il m’a définitivement convaincu de me pencher sur sa discographie et en particulier sur son dernier album « The Essence » sorti l’année dernière.

Décidément ce V & B aura été l’occasion de me familiariser avec la scène Electro actuelle et c’est déjà beaucoup !

Je finis ce 4ème jour avec Aurore sur la Craft. Le groupe vient de Marseille et propose un Metalcore teinté de Punk et de Hardcore. C’est bourré d’énergie mais encore une fois l’heure tardive aura raison de mon souhait de rester jusqu’au bout du Set. Ce sera pour une autre fois…


Lundi :


A l’origine le V & B ne devait durer que 4 jours mais il se trouve que Jul a contacté l’équipe fin juin, très tardivement donc, pour voir s’il lui était possible de profiter de l’infrastructure du festival pour donner un méga-concert en Mayenne. La décision a été prise très rapidement et le lundi lui a été attribué avec l’accord des bénévoles, des prestataires, des forces de l’ordre, etc. Cette prestation ne faisait donc pas partie du pass 4 jours et il a fallu lancer une nouvelle billetterie. Gros succès d’ailleurs puisque près de 50.000 tickets ont trouvé preneurs en seulement quelques semaines. Il faut dire que le Marseillais fait partie des plus gros vendeurs en France. Je me devais donc de rester pour assister à ce concert même si je ne prise guère sa musique.

Les portes du fest ouvrent à midi et il y a déjà beaucoup de fans qui veulent squatter les premiers rangs devant la scène Château pour être au plus près de la « Star ». Le concert est annoncé pour 21h00 mais la journée ne va pas être un long fleuve tranquille. Un gros orage arrive dans l’après midi et on passe à deux doigts de l’évacuation du site. Je pensais naïvement, probablement comme beaucoup, que Jul était déjà sur place depuis au moins la veille du fait de l’ampleur de l’évènement. En fait pas du tout !

Son avion est parti le jour-même et le vol a été fortement perturbé par les intempéries qui traversaient La France. A 21h15 on apprend via les écrans de scène que le spectacle va avoir du retard pour les raisons invoquées à l’instant. La 1ère partie, DJ Bens, monte sur scène, histoire de réchauffer l’ambiance et de faire patienter les fans. C’est plutôt pas mal d’ailleurs d’autant que ce DJ est à l’origine du « For Sure » qui Sample Macron et qui a obtenu un franc succès il y a peu. Son Set s’arrête vers 22h30 et on s’imagine alors que Jul est en train d’arriver… Pas vraiment ! Il ne se pointera finalement qu’à 23h20, en s’excusant certes, mais tout cela fait très amateur quand on sait qu’il y a dans le public pas mal de très jeunes qui patientent depuis des heures et des gens qui sont censés travailler le lendemain. A titre personnel je suis resté une petite heure pour me faire une idée mais ayant près de 3 heures de route pour rentrer chez moi je ne pouvais me permettre d’aller au bout des 2h30 de Show soit 2 heures du mat’ ! D’autant que celui-ci s’est terminé par un gros feu d’artifice qui a réveillé tout le monde à des kilomètres à la ronde…

Concernant le spectacle en lui-même, on peut parler de catastrophe industrielle. Le Show annoncé XXL s’est transformé en Showcase à peine digne d’un passage dans une discothèque de Trifouilly-les-Oies. Des bandes préenregistrées qui n’arrêtent pas de Bugger, du Play-Back à peine dissimulé, une bande d’une dizaine de pingouins masqués qui remuent leur popotin autour de lui… j’en passe et des meilleures ! Bref une escroquerie totale de la part de cet « artiste » que je croyais beaucoup plus professionnel…

Dommage que cette 5ème journée ait un peu gâché la fête des 4 précédents. Pas sûr que l’organisation du festival renouvelle l’expérience de l’ajout de l’artiste de dernière minute de sitôt…

Au final ce premier V & B fut une expérience fort intéressante en ce qui me concerne avec plein de découvertes dans l’Electro, le DJing, le Hip-Hop, les révélations de la scène hexagonale et au-delà et même dans le Metal…

Rendez-vous du 19 au 22 août 2027 pour la 7ème édition !

Merci à Yasmine, Tanguy et aux 3500 bénévoles du Fest…