Raisins De La Colère @ Paris
au Lucernaire, le 1 février 2026.
Live Report par : Olivier Carle
&
images par : Tomi Carle


C’est sur l’invitation de Mary Reynaud, qui participe à ce spectacle, que je me suis rendu au Lucernaire pour découvrir cette adaptation théâtrale des « Raisins De La Colère » de John Steinbeck


Mary je la connais depuis le concert de son compagnon Franck Carducci (& The Fantastic Squad) il y a 4 ans à Pierres. Je l’ai revue depuis, avec Laura Cox à La Cigale et au concert des 120 ans de Harley Davidson à l’Olympia aux côtés de Manu Lanvin en 2023 ainsi qu’une nouvelle fois avec Franck au Backstage Paris en 2024. Ce soir elle assure le chant et la guitare dans le trio musical qui accompagne le conteur et metteur en scène Xavier Simonin. Du fait qu’elle interprète et écrit elle-même de l’Americana, elle est comme un poisson dans l’eau pour interpréter les chansons du spectacle. Ces morceaux qui agrémentent le récit ont été composés par Glenn Arzel et sont parfois inspirés de classiques de la musique américaine, dans la lignée de Woody Guthrie. J’ai ainsi retrouvé le célèbre « Old Dan Tucker » (1843) dans une version très enjouée, pas très éloignée de celle, en français, de Hugues Aufray que j’avais découverte il y a peu sur la scène du Dôme de Paris. Le neveu du célèbre Gildas Arzel, que j’ai eu la chance de connaître dans une vie antérieure, est d’ailleurs présent ce soir à la guitare, au Dobro et au banjo ainsi qu’aux chœurs.


Le 3ème larron musicien est Sylvain Dubrez qui opère à la contrebasse, à la mandoline et aux chœurs. Il faudrait aussi mentionner Jean-Jacques Milteau, notre harmoniciste national, qui n’est pas présent mais s’est occupé brillamment de la direction musicale de la pièce…

« Les Raisins De La Colère » est un monument de la littérature et de l’histoire des États-Unis. C’est la première fois que le roman est adapté et joué sur une scène théâtrale. Cela a demandé un travail acharné pour parvenir à le présenter au public. Tout le monde se rappelle du film de John Ford en 1940 avec entre autres Henri Fonda et ce n’était pas simple de le mettre en scène pour un seul conteur qui joue successivement les rôles des différents membres de la famille Joad, à commencer par celui de Tom qui sort tout juste de prison au début du récit. On se retrouve au cœur de l’odyssée de ces fermiers de l’Oklahoma, expulsés de leurs terres pendant La Grande Dépression, qui décident de partir vers la Californie pour y vivre une vie meilleure. Ils vont rencontrer en chemin la maladie, la mort, l’injustice, le désespoir, le capitalisme inhumain mais avec un message d’espérance et de solidarité sur la fin. Le conteur, Xavier Simonin donc, est parfait dans ce rôle et il parvient à nous entraîner dans ce périple passionnant grâce à sa remarquable verve. Les 3 musiciens-chanteurs communiquent régulièrement avec ce narrateur et on ressent une grande complicité entre eux. Les intermèdes musicaux sont d’ailleurs une respiration bienvenue dans ce récit souvent dramatique, toujours captivant et parfois éprouvant.


On se retrouve projeté sur La Route 66 pendant 90 minutes et le temps passe très vite en compagnie de ces 4 artistes talentueux qui vivent pleinement ce moment d’émotion théâtrale et musicale… Chaudement recommandé !

Merci à Mary