Walter Trout @ l’Alhambra Paris, le 24 octobre 2026.
Live Report par : Olivier Carle
& images par : …


Soirée Blues à l’Alhambra avec Walter Trout que je m’apprête à revoir pour la 7ème fois. Je me rappelle très bien de mon tout premier concert de ce Bluesman légendaire qui vient de fêter ses trois quarts de siècle. C’était il y a 40 ans au Théâtre du Forum des Halles. A l’époque il était le guitariste de John Mayall et ses Bluesbreakers qui comptait également l’excellent Coco Montoya dans ses rangs. Il venait de quitter Canned Heat dont il faisait partie à l’aube des 80’s après avoir accompagné John Lee Hooker, Big Mama Thornton, Joe Tex, Percy Mayfield… Excusez du peu !

Il nous parlera longuement ce soir de ces années-là et de ses addictions et rendra un hommage appuyé à Mayall et à Santana qui l’on aidé à s’en sortir. Je l’ai revu en 1992 à la Biskuithalle de Bonn, au début de sa carrière solo, pour un festival dont Rory Gallagher était la tête d’affiche avec également Johnny Copeland, Nine Below Zero et bien d’autres illustres membres de la scène Blues. Une vingtaine d’années plus tard ce sera à l’Olympia en 1ère partie de Popa Chubby pour un Show très émouvant avec notre Walter en larmes devant le public parisien debout et qui l’acclame. 2 ans plus tard il connaîtra de graves problèmes de santé suite à ses années d’abus divers et variés qui aboutiront à sa greffe du foie. En 2019 ce sera La Cigale en compagnie de Jonny Lang et de Kris Barras pour un autre Set exceptionnel et une nouvelle fois bourré d’émotion. Il reviendra après le Covid, en 2023, pour un grand moment de Blues au Café De La Danse cette fois. Mon dernier rendez-vous avec lui c’était il y a 2 ans, déjà à l’Alhambra, et ce fut parfait comme à chaque fois ! Je retourne donc dans la salle près de la Place de la République tout à fait confiant quant à la qualité du Show qui nous attend mais non sans une certaine appréhension du fait des débordements des manifestations du Week-End précédent qui pourraient bien se renouveler. Le concert sera d’ailleurs avancé d’une heure pour permettre au public de repartir avant le couvre-feu local…

La première partie est assurée pas CJ Beth, une jeune chanteuse accompagnée par une camarade qui s’occupe des bandes préenregistrées et des percussions électroniques. Ce n’est pas du Blues mais un mélange de Soul et de ballades. Le public est un peu décontenancé mais je dois dire qu’à titre personnel j’ai trouvé ça plutôt pas mal d’autant que la demoiselle a un joli brin de voix qui sied parfaitement à son répertoire.

La troupe de Mr Trout monte ensuite sur scène. Je reconnais John Avila à la basse et Roland Bakker aux claviers qui étaient déjà présents dans cette même salle la dernière fois. Walter nous rappellera d’ailleurs en détail le C.V. de John : Oingo Boingo, Bob Dylan, Neil Young, Joe Satriani, Steve Vai, etc. A la seconde guitare c’est son fils Jon qui l’accompagne. Celui-ci a fait des études musicales poussées mais préfère partir en tournée avec son cher paternel, c’est visiblement ce qu’il a dit à ses parents, Walter et Marie… A la batterie c’est un petit nouveau qui ne joue avec Walter que depuis 2 petites semaines : Kev Hickman.

La Setlist sera comme toujours imparable. Ça attaque très fort avec « I Can Tell » de l’album du Walter Trout Band « Tellin’ Stories » de 1994. Le groupe est au taquet derrière son Leader qui délivre des soli incendiaires. On reste dans le Blues le plus authentique avec un superbe « Baby You Don’t Have To Go ». On vogue ensuite vers des rivages Classic Rock avec un plus récent « Wanna Dance » d’« Ordinary Madness » de 2020. Walter fait gémir sa guitare avec un plaisir non dissimulé. Retour aux débuts de ses années solo avec le très apprécié « Say Goodbye To The Blues » de son second album « Prisoner Of A Dream » de 1990. On sent l’influence déterminante qu’a eu B.B. King sur sa propre carrière. « On The Rise » fait monter la température d’un cran avant le très classique « We’re All In This Together » qu’il avait interprété avec Joe Bonamassa sur l’album du même nom de 2017. Un grand moment assurément ! Message de tendresse envers sa chère Marie avec la très touchante ballade « Mona Lisa Smile », de son dernier opus en date « Sign Of The Times », qui fait fondre toutes les femmes présentes dans la salle, n’est-ce pas Marie ! Il donnera l’occasion ensuite à chacun de ses musiciens de jouer un solo de son choix et ceux-ci s’en donneront à cœur joie pour des prestations plus époustouflantes les unes que les autres… Le final sera composé de la reprise d’anthologie du « Serve Me Right To Suffer » de son ancien « patron » John Lee Hooker suivi du dynamique et Groovy « The Best You Got » qui clôturera en beauté ce merveilleux moment de communion entre le Bluesman et son public… Reviens quand tu veux Walter !

Merci à Nicolas et à Matthieu…